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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205099

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205099

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205099
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantMOUTEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 21 et 22 avril 2022, M. A B, représenté par Me Moutel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée maximale de 6 mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour travailleur temporaire ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce même jugement et, dans tous les cas, de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet a estimé qu'un défaut de traitement ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; sa compagne, ressortissante française, est enceinte de leur enfant commun ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; sa compagne est enceinte de leur enfant commun ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle sera annulée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la seule décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle sera annulée en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français;

- elle été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et présente un caractère disproportionné ; il se doit d'être présent pour sa compagne et leur enfant commun.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 juin 2021 sont irrecevables dès lors que cet arrêté a été notifié à l'intéressé le 22 juin 2021 comme l'établit l'avis de passage du courrier retourné à l'administration avec la mention " pli avisé non réclamé " ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une décision du 11 janvier 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baufumé, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant congolais né le 30 mars 1980, déclare être entré sur le territoire français le 8 février 2017 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités belges. Il y a sollicité l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 14 janvier 2020, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 15 octobre 2020. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales par courrier du 21 septembre 2020. Par la présente requête, il demande l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et, d'autre part, de l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée maximale de 6 mois.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Eric Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Le préfet de la Sarthe, par un arrêté du 1er mars 2021 régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture, lui a consenti une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Par ailleurs, cette délégation n'est pas conditionnée à l'absence ou l'empêchement du préfet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ".

4. Le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 cité au point précédent, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

5. Pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet de la Sarthe s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 20 avril 2021, lequel a estimé que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier que le requérant souffre d'une psychonévrose post-traumatique qu'il attribue à des évènements qu'il aurait vécus en République démocratique du Congo et qui s'accompagne d'un suivi psychiatrique régulier et d'un traitement psychotrope. Toutefois, en se bornant à soutenir que le défaut de ce traitement entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité au regard des répercussions psychologiques des sévices qu'il soutient avoir subis, et alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat médical du 10 août 2021 de son médecin psychiatre que son état psychique, sous traitement, est stabilisé et qu'il peut être suivi mensuellement, tous les deux mois ou une fois par trimestre, M. B n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B réside sur le territoire français depuis quatre ans et quatre mois à la date de la décision attaquée, après avoir vécu jusqu'à l'âge de 36 ans dans son pays d'origine et que ses deux enfants y résident. Par ailleurs, s'il produit une reconnaissance de paternité signée le 21 décembre 2021 concernant un enfant français à naitre, il ne justifie pas d'une vie commune avec la mère de cet enfant, qui n'était au demeurant pas encore né à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme portant au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux motifs du refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

8. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le préfet de la Sarthe n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. B.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 ci-dessus que, l'illégalité du refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par voie d'exception à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont la méconnaissance est invoquée par le requérant, ont été reprises, à compter du 1er mai 2021, à l'article L. 611-3 du même code. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

12. Pour les motifs exposés au point 5 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un défaut de prise en charge médicale entraînerait pour M. B des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il n'en ressort pas non plus que l'état de santé de ce dernier l'empêcherait de voyager. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit dès lors, en tout état de cause, être écarté.

13. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que la décision attaquée ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

15. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. M. B soutient qu'il a été contraint de fuir la République démocratique du Congo en 2017 en raison de persécutions qu'il aurait subies, liées à son statut d'opposant politique. Cependant, et alors que la situation politique dans son pays d'origine a évolué, il n'apporte aucun élément concret et probant permettant d'établir la réalité et l'actualité des craintes invoquées alors par ailleurs que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 14 janvier 2020, et ce rejet confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 octobre 2020. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que le préfet, en désignant la République démocratique du Congo comme pays de renvoi, aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par la défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 juin 2021 doivent être rejetées.

Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 17 ci-dessus que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

19. En dernier lieu, il ressort des termes de l'arrêté litigieux du 21 avril 2022 que M. B, qui a été interpelé le 20 avril 2020 pour des faits de faux et usage de faux, est assigné à résidence, à son domicile du Mans, qu'il ne peut quitter entre 13h et 16h, pour une durée maximale de six mois et qu'il doit se présenter à 9h tous les lundis, mercredis et vendredis au commissariat central du Mans. Si le requérant soutient qu'il doit être disponible pour sa compagne et son futur enfant, d'une part, comme cela a été dit aux points 7 et 13 ci-dessus, il ne justifie pas des liens qu'il entretiendrait avec sa compagne alléguée et leur enfant commun et, d'autre part, et en tout état de cause, il n'établit pas que ses obligations de présentation, trois jours par semaine, l'empêcheraient de se rendre ainsi disponible pour ses proches. Par suite, le requérant n'établit pas que l'arrêté portant assignation à résidence serait non adapté ou non nécessaire ou porterait à sa liberté d'aller et venir une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'acte litigieux a été pris. Il s'en suit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 avril 2022 portant assignation à résidence doivent être rejetées.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Sarthe et à Me Moutel.

Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.

La rapporteure,

A. BAUFUMÉLa présidente,

M. BÉRIA-GUILLAUMIE

La greffière,

B. GAUTIER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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