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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205585

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205585

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205585
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJACQUEZ DUBOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire d'Angers a, sur recours gracieux, refusé de faire droit à sa demande tendant au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI), ensemble la décision du 22 mars 2022 rejetant expressément ladite demande ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire d'Angers à lui verser la somme de 3 832,92 euros en réparation du préjudice financier subi du fait du non-versement de la NBI à hauteur de 13 points du 1er janvier 2017 au 31 mars 2022, somme à parfaire assortie des intérêts au taux légal ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire d'Angers de procéder à la régularisation du calcul de l'indemnité de résidence, du supplément familial de traitement et des différentes primes ou indemnités fixées en pourcentage du traitement indiciaire du 1er janvier 2017 au 31 mars 2022 ;

4°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire d'Angers de procéder à l'intégration de la NBI pour le calcul de la retraite ;

5°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire d'Angers de procéder à la liquidation des sommes sollicitées au titre de la période comprise du 1er janvier 2017 au 31 mars 2022, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Angers la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le centre hospitalier universitaire d'Angers, représenté par Me Jacquez Dubois, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-2 du même code dispose que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ". L'article R. 421-5 du code précité dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, soit dans sa notification si la décision est expresse, soit dans l'accusé de réception de la demande l'ayant fait naître si elle est implicite. Il en va ainsi, y compris lorsque la décision, prise à la suite de l'exercice d'un recours gracieux qui n'est pas un préalable obligatoire au recours contentieux, ne se substitue pas à la décision qui a fait l'objet de ce recours.

4. Une deuxième décision dont l'objet est le même que la première revêt un caractère confirmatif, dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige. Toutefois, la recevabilité d'un recours contre une nouvelle décision ne saurait être écartée en raison du caractère confirmatif de cette dernière que si la décision qu'elle confirme a acquis un caractère définitif. Une décision administrative devient définitive à l'expiration du délai de recours contentieux ou, si elle a fait l'objet d'un recours contentieux dans ce délai, à la date à laquelle la décision rejetant ce recours devient irrévocable. Par ailleurs, il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.

5. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 20 novembre 2020, le directeur du centre hospitalier universitaire d'Angers a refusé d'accorder à Mme A le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI). Par courrier du 19 janvier 2021, l'intéressée a saisi, dans les délais de recours contentieux, le directeur du centre hospitalier universitaire d'Angers d'un recours gracieux. Ce dernier a refusé, par une décision du 15 mars 2021 mentionnant les voies et délais de recours ouverts à son encontre, notifiée le 23 mars suivant, de faire droit à sa demande. Si par courrier du 20 décembre 2021, réceptionné le 5 janvier suivant, Mme A a présenté un second recours gracieux dont le rejet lui a été expressément notifié par une décision du 22 mars 2022, cette circonstance n'a pas eu pour effet de conserver à son profit le délai du recours contentieux à l'encontre de la décision du 15 mars 2021, alors même que la décision précitée du 22 mars 2022 mentionnait à tort les voies et délais de recours, cette décision n'ayant en l'espèce qu'un caractère purement confirmatif en l'absence de changement dans les circonstances de fait ou de droit. Dès lors, la requête de Mme A enregistrée au greffe du tribunal le 2 mai 2022, soit après l'expiration du délai du recours contentieux, est tardive et, par suite, manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que le centre hospitalier universitaire d'Angers demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire d'Angers tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au directeur du centre hospitalier universitaire d'Angers.

Fait à Nantes, le 29 septembre 2022.

La présidente de la 7ème chambre,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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