jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2205628 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
D une ordonnance du 2 mai 2022, n° 2201763, enregistrée le 2 mai 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Rouen a transmis au tribunal la requête présentée pour M. C A.
D une requête enregistrée le 29 avril 2022 au greffe du tribunal administratif de Rouen, M. A, représenté D Me Leroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022 D lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros D jour de retard.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée D une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le droit d'être entendu tel qu'il résulte de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été mis en œuvre avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'en qualité de conjoint d'un ressortissant de l'Union européenne, il ne peut pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement fondée sur les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais seulement d'une mesure fondée sur les dispositions de l'article L. 251-1 de ce code ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée D une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est admissible en Allemagne ;
Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il n'est pas établi que la décision ait été prise D une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée D une autorité compétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'illégalité des décisions fixant le pays de renvoi et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire prive de base légale la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la décision, assortie d'un signalement aux fins de non admission dans l'espace Schengen, emporte des conséquences disproportionnées sur sa vie privée et familiale ;
- l'annulation de la décision portant interdiction de retour entraînera en application de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'effacement du signalement aux fins de non-admission.
D un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés D le requérant n'est fondé.
D une décision du 30 juin 2022 du bureau d'Aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du 4 novembre 1950 ;
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Specht, vice-présidente pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Specht, magistrate désignée,
- et les observations de Me Leroy, représentant M. A qui reprend les conclusions de la requête ainsi que les moyens soulevés, à l'exception du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte qu'elle déclare abandonner ;
- en présence de Mme B, interprète.
Après avoir prononcé à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, né le 1er mars 1994, est entré irrégulièrement en France le 1er avril 2022 et n'a pas sollicité de titre de séjour. Il a été interpelé le 27 avril 2022 à Saumur (Maine-et-Loire) D les services de police dans le cadre de la constatation d'une infraction. D un arrêté du même jour, le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. D sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise avec une précision suffisante les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont elle fait application et comporte l'énoncé des considérations de fait, en particulier la situation de l'intéressé au regard des conditions de son maintien irrégulier en France, sa situation familiale et professionnelle, qui constituent le fondement de la décision. D suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable D les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Il suit de là que le moyen tiré de sa violation D une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective. En particulier, il n'implique pas l'obligation, pour le préfet, d'entendre l'étranger spécifiquement au sujet de l'obligation de quitter le territoire français qu'il envisage de prendre après avoir statué sur le droit au séjour à l'issue d'une procédure ayant respecté son droit d'être entendu.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et en particulier du procès-verbal d'audition de M. A D les services de police de Saumur le 27 avril 2022 que l'intéressé a été interrogé sur la perspective d'un éloignement et a indiqué qu'il refusait d'être éloigné vers la Tunisie, son pays d'origine, mais souhaitait aller en Allemagne. D suite, le moyen tiré du non-respect du droit d'être entendu doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / (). ".
6. D ailleurs, aux termes de l'article L. 251-1 du même code, applicable aux citoyens de l'Union européenne et des membres de leur famille : " L'autorité administrative compétente peut, D décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie D le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu D les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / () ". Aux termes de l'article L. 232-1 du même code : " Tant qu'ils ne deviennent pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale mentionné D la directive 2004/38 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres, les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille, tels que définis aux articles L. 200-4 et L. 200-5 et accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne, ont le droit de séjourner en France pour une durée maximale de trois mois, sans autre condition ou formalité que celles prévues pour l'entrée sur le territoire français. / Les dispositions du premier alinéa sont applicables aux ressortissants étrangers définis à l'article L. 200-5. / () ". Enfin, l'article L. 200-4 du même code dispose : " D membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes :/ 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne ; / (). ".
7. M. A soutient que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'un défaut de base légale et qu'il ne peut faire l'objet d'une telle décision sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 611-1 dès lors qu'il est le conjoint d'une ressortissante allemande, résidant en Allemagne. Toutefois, à l'appui de ces affirmations, M. A se borne à produire un certificat rédigé en langue allemande, non traduit, ainsi qu'une attestation de la personne se présentant comme son épouse. Ces éléments sont insuffisants pour établir la réalité du mariage allégué. D suite, M. A n'établit pas avoir la qualité de conjoint d'un citoyen de l'Union européenne. D ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, interrogé D les services de la préfecture sur la situation de M. A en Allemagne, le centre de coopération policière et douanière entre la France et l'Allemagne a précisé que l'intéressé était entré irrégulièrement sur le territoire allemand le 25 avril 2022 et a fait l'objet d'une mesure d'éloignement de ce territoire et d'une interdiction du territoire allemand jusqu'au 24 avril 2024. Ainsi, M. A n'établit disposer, ni de la qualité de membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne ni, à ce titre, d'un droit de circulation et de séjour n'excédant pas trois mois sur le territoire de l'Union européenne. D suite, le préfet de la Sarthe a pu, sans erreur de droit, prendre à l'égard de M. A une mesure portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'absence de justification D l'intéressé de l'existence d'une menace personnelle en cas de retour dans son pays d'origine et mentionne, contrairement à ce que soutient le requérant, qu'il a indiqué être marié avec une ressortissante allemande. Dès lors, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.
9. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré D voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
10. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté que le préfet de la Sarthe a décidé de reconduire M. A vers le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible. D suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste commise D le préfet en désignant la Tunisie comme pays de renvoi sans tenir compte de ce qu'il est admissible en Allemagne doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " D dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". En vertu de l'article L. 613-2 du code précité les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées.
12. L'arrêté litigieux vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement, dès lors qu'il ne justifie pas être entré régulièrement en France, et n'a pas sollicité de titre de séjour. D suite, la décision est suffisamment motivée.
13. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré D voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ (). ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. D suite, le risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement pouvait donc être présumé en application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si M. A soutient qu'il présente des garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il est en possession d'une copie de son passeport et justifie d'un hébergement chez une amie, ces circonstances ne suffisent pas à écarter la présomption de risque de fuite et à établir, contrairement à ce que soutient le requérant, des circonstances particulières justifiant qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé. D suite en refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. A.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée D l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
17. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. L'autorité compétente doit, pour fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
18. En premier lieu, la décision en litige vise les textes qui la fondent, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique les éléments de la situation personnelle de l'intéressé qui ont été pris en considération, notamment la durée de présence de M. A en France et la nature et l'ancienneté de ses liens sur le territoire, sans que le préfet soit tenu de mentionner de manière explicite que le requérant n'avait pas fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en l'absence d'une telle décision et qu'il ne représentait pas de menace pour l'ordre public. Cette motivation atteste de la prise en compte D le préfet de l'ensemble des critères prévus D les dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire doit être écarté.
19. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
20. En troisième lieu, l'illégalité des décisions fixant le pays de renvoi et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré D voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire, ne peut qu'être écarté.
21. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
22. M. A soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français, assortie d'un signalement aux fins de non-admission dans l'espace Schengen emporte des conséquences disproportionnées sur son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors que la mesure fait obstacle à l'obtention d'un visa pour rejoindre son épouse de nationalité allemande résidant en Allemagne. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 7, M. A n'établit pas, D les pièces produites, l'existence d'un droit au séjour en Allemagne en qualité de conjoint d'une ressortissante de ce pays et il ressort au demeurant des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire allemand du 25 avril 2022 et d'une interdiction de ce territoire jusqu'au 24 avril 2024. D suite, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire à douze mois, le préfet n'a pas fait une inexacte application des critères prévus D les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni commis une erreur d'appréciation au regard de la situation personnelle du requérant.
23. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré, D la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour en France, à l'encontre des effets juridiques de cette décision, dont le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen prévu D les dispositions de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation de l'arrêté du 27 avril 2022, ainsi que, D voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Leroy.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. SPECHT
La greffière
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de de Maine-et-Loire
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées,
de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026