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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205681

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205681

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205681
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantNGUIYAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. B C, représenté par Me Nguiyan, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 17 mars 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé la décision de l'autorité consulaire française à Lomé (Togo) lui refusant un visa d'entrée et de long séjour pour études ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il appartiendra au ministre de l'intérieur de démontrer que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui s'est réunie le 25 novembre 2021 était régulièrement composée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation du niveau de ses ressources et d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence d'un risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 4 décembre 2009 relatif aux modalités de fonctionnement de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique du 30 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant togolais né le 13 octobre 2000, demande l'annulation de la décision du 17 mars 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé la décision de l'autorité consulaire française à Lomé (Togo) lui refusant un visa d'entrée et de long séjour pour études.

2. En premier lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties. S'il ne saurait exiger de l'auteur du recours que ce dernier apporte la preuve des faits qu'il avance, il peut écarter des allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées. En soutenant qu'" Il appartiendra au ministre de l'intérieur de démontrer que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui s'est réunie le 25 novembre 2021 était régulièrement composée " le requérant n'apporte pas les précisions de nature à permettre au tribunal d'apprécier la teneur du moyen. Au demeurant, il ressort du procès-verbal de la réunion qui s'est tenue, non le 25 novembre 2021, mais le 17 mars 2022 que la commission était composée de trois membres outre son président et qu'elle a ainsi siégé conformément à la règle de quorum prévue l'article D. 312-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 1er de l'arrêté du 4 décembre 2009 relatif aux modalités de fonctionnement de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.

3. En second lieu, lorsque la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France est saisie d'un recours dirigé contre une décision consulaire refusant un visa de long séjour en qualité d'étudiant, elle peut fonder sa décision de refus sur l'insuffisance des ressources dont l'étranger dispose pour financer son séjour en France tout en poursuivant ses études et, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont elle dispose, fonder sa décision sur tout motif d'ordre public ou toute considération d'intérêt général, tirée notamment du défaut de caractère sérieux et cohérent des études envisagées ou du risque que l'intéressé entende, sous couvert de sa demande de visa, mener à bien un projet d'installation d'une autre nature sur le territoire national.

4. Pour rejeter la demande de visa de M. C la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur la circonstance qu'il ne disposait pas de ressources suffisantes pour couvrir les frais de son séjour en France et qu'il existait un risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires.

5. M. C, qui a obtenu son baccalauréat au Togo en 2021, entend s'inscrire dans un établissement d'enseignement supérieur privé pour y préparer un brevet de technicien supérieur (BTS), formation sélective non universitaire, en management commercial opérationnel. Il ressort des pièces du dossier que le service de coopération et d'action culturelle (SCAC) de l'ambassade de France a émis un avis défavorable sur le projet d'études en relevant que les résultats académiques étaient très insuffisants, en l'occurrence dans les matières fondamentales (français, anglais, philosophie) pour lesquelles l'intéressé avait obtenu des notes inférieures à la moyenne en 2020 et 2021, que la formation demandée était hors catalogue et que le demandeur n'avait pas été en mesure de défendre son projet d'études en France. M. C se borne à soutenir que les études en BTS envisagées sont cohérentes avec son projet professionnel. Dans ces conditions, la commission de recours n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de visa du requérant en l'absence de cohérence et de sérieux de son projet d'études en France, de nature à révéler un risque de détournement de l'objet du visa à des fins migratoires. Il résulte de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Roncière, première conseillère,

Mme Chatal, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.

La présidente-rapporteure,

H. A

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

M.-A. RONCIERE

La greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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