LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205820

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205820

lundi 16 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205820
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème chambre
Avocat requérantBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2022, M. A B A et Mme C E A G, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux des enfants D, B et F A B A, représentés par Me Blanc, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 mai 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française au Soudan du 28 septembre 2021 refusant de délivrer à Mme E A G et aux enfants D, B et F A B A des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités ou de procéder sans délai au réexamen des demandes de visa ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils doivent être regardés comme soutenant que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des documents fournis pour établir l'identité des demandeurs de visa et leur lien familial avec M. B A ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au respect de leur vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Des pièces produites par le ministre de l'intérieur et des outre-mer ont été enregistrées le 30 novembre 2022 et n'ont pas été communiquées.

La demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle présentée par M. B A a été rejetée par une décision du 10 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Guilloteau, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 15 décembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1986, s'est vu reconnaître en France la qualité de réfugié. Des demandes de visa de long séjour au titre de la réunification familiale ont été déposées pour Mme E A G, née le 1er janvier 1991, que M. B A présente comme sa conjointe, ainsi que pour leurs trois enfants déclarés, D, B et F A B A, respectivement nés les 7 mai 2011, 14 octobre 2013 et 14 décembre 2016. Ces demandes ont été rejetées par une décision de l'autorité consulaire française au Soudan du 28 septembre 2021. Le recours formé contre cette décision de refus devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été rejeté par une décision expresse du 4 mai 2022, laquelle s'est substituée à la décision implicite précédemment née au terme du délai de deux mois à compter de la date d'enregistrement du recours devant cette commission. Les requérants doivent donc être regardés comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 4 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

3. Il résulte de ces dispositions que lorsque la venue d'une personne en France a été sollicitée au titre de la réunification des membres de la famille d'un réfugié statutaire, l'autorité diplomatique ou consulaire n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs l'absence de caractère probant des actes d'état civil produits pour justifier de l'identité et, le cas échéant, du lien familial de l'intéressé avec la personne réfugiée.

4. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Il résulte des dispositions de cet article que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

5. La décision attaquée est fondée sur le motif tiré des divergences et anomalies que comportent les actes d'état civil produits pour les enfants D, B et F A B A par rapport aux déclarations de M. B A faites à l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) (dates et lieux de naissance), leur ôtant tout caractère authentique, et de l'absence d'éléments probants de possession d'état.

En ce qui concerne Mme E A G :

6. Les requérants produisent un acte de naissance soudanais établi le 11 mai 2018 ainsi que sa traduction. Ce document, qui ne fait l'objet d'aucune critique de la part de l'administration et dont les informations sont cohérentes avec le passeport de l'intéressée également produit, permet d'établir l'identité de la demandeuse. Par ailleurs, pour établir l'existence du lien matrimonial les unissant, les requérants produisent un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil délivré par l'OFPRA le 3 janvier 2017, faisant état du mariage des intéressés le 26 juin 2009. La seule circonstance que l'OFPRA ait retenu une date de mariage différente de celle déclarée par M. B A dans sa fiche familiale de référence (26 juin 2009 au lieu de 29 juillet 2009) ne saurait suffire à démontrer le caractère frauduleux de ce certificat, en l'absence, par ailleurs, de mise en œuvre de la procédure d'inscription de faux par l'administration. Le lien matrimonial unissant les requérants est ainsi établi par ce certificat.

En ce qui concerne les enfants D et B A B A :

7. Pour établir l'identité des demandeurs de visa, les requérants produisent pour chacun d'eux un acte de naissance soudanais établi le 1er avril 2021 accompagné de sa traduction, ainsi que leur passeport. Ces actes font état de la naissance respective des intéressés les 7 mai 2011 et 14 octobre 2013 ainsi que de leur lien de filiation avec M. A B A et Mme C E A. La seule circonstance qu'il existe une divergence concernant le lieu de naissance des enfants entre leur acte de naissance et leur passeport d'une part, et les déclarations de M. B A dans sa fiche de référence d'autre part, ne suffit pas à ôter leur valeur probante à ces documents, les divergences concernant au demeurant des villes voisines. Dans ces conditions, l'identité des demandeurs de visa et leur lien de filiation avec M. A B A doivent être tenus pour établis par ces documents.

En ce qui concerne l'enfant Maryam A B A :

8. Les requérants produisent un acte de naissance soudanais établi le 12 avril 2021 accompagné de sa traduction, faisant état du lien de filiation de l'enfant avec M. A B A et Mme C E A G. Si le ministre fait valoir que cet enfant est né trois ans après le départ de M. B A du Soudan, en 2013, la seule production d'une attestation de la caisse d'allocations familiales indiquant que ce dernier est séparé de fait de sa conjointe depuis 2013 ne suffit pas à établir que l'intéressé a effectivement quitté le Soudan dès 2013, le récit de demande d'asile sur lequel le ministre entend également se fonder n'étant pas produit, et l'intéressé étant arrivé en France en 2016. Dans ces conditions, l'identité de l'enfant et son lien de filiation avec M. B A et Mme E A G doit être tenu pour établi.

9. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation et, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, à en demander l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme E A G et aux enfants D, B et F A B A les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de sa notification.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 4 mai 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme E A G et aux enfants D A B A, B A B A et F A B A les visas de long séjour sollicités, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera aux requérants une somme globale de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B A, Mme C E A G et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Guilloteau, conseiller,

Mme Louazel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.

Le rapporteur,

T. GUILLOTEAU

La présidente,

S. RIMEU

La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions