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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205882

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205882

vendredi 31 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205882
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSEMLALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 mai 2022 et le 6 mars 2023, M. D B, représenté par Me Semlali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le préfet de la Mayenne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et l'a astreint à se présenter au commissariat de police de Laval (Mayenne) une fois par semaine afin de justifier des diligences accomplies en vue de son départ ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé et une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en ce que le préfet n'a pas visé la demande de levée d'acte à laquelle il a fait procéder en application du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015, que le délai de huit mois prévu par ce même décret n'était pas expiré à la date de la décision attaquée et qu'il n'a pas été informé de l'engagement de cette levée d'acte par le préfet ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 et de l'article 47 du code civil ;

- elle méconnaît la circulaire du 1er avril 2003 relative à la fraude en matière d'actes d'état civil étrangers produits aux autorités françaises ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle a été prise sans que le préfet de la Mayenne n'ait examiné sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision l'astreignant à se présenter au commissariat pour indiquer ses diligences dans la préparation de son départ :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, se disant ressortissant guinéen et né en 2002, déclare être entré en France le 23 décembre 2019. Il a été pris en charge par le conseil départemental de la Mayenne, dans le cadre d'un jugement d'ouverture d'une tutelle d'Etat prononcé le 18 juin 2020. Il a sollicité du préfet de la Mayenne la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté de ce préfet du 22 mars 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et l'astreignant à se présenter au commissariat de police de Laval (Mayenne) chaque mercredi à 14h30 afin de justifier des diligences accomplies en vue de son départ. M. B demande au tribunal d'annuler l'ensemble de ces décisions.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise les stipulations conventionnelles et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment l'article L. 435-3 de ce code. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B relatives, notamment, aux conditions d'entrée sur le territoire par l'intéressé et ses attaches en France. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil () fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. ".

5. Les dispositions précitées de l'article 47 du code civil posent une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Il résulte également de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Par ailleurs, à la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. En particulier, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, dont les évaluations des services départementaux et les mesures d'assistance éducative prononcées, le cas échéant, par le juge judiciaire, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité et de l'âge du demandeur.

6. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. B la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet de la Mayenne a considéré que l'intéressé ne justifiait pas de sa minorité lors de son placement à l'aide sociale à l'enfance.

7. Il ressort des pièces du dossier que le relevé des empreintes digitales du requérant a révélé, après consultation du fichier " Visabio ", que ses empreintes correspondaient à celles de M. C A, né le 14 mai 1984, de nationalité sénégalaise, ayant déposé un dossier de demande de visa auprès des autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) le 15 octobre 2018, et ayant obtenu la délivrance de ce visa le 29 octobre 2018. Ces constatations, confirmées par la production à l'instance de la fiche Visabio de l'intéressé qui comporte une photo correspondant à celle figurant sur la carte d'identité consulaire produite par le requérant et qui ne sont pas sérieusement contestées par ce dernier, suffisaient à permettre au préfet de la Mayenne de renverser la présomption de validité des actes d'état civil instituée par l'article 47 du code civil et à justifier le refus de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 précité, sans que l'administration ait été tenue de vérifier si les autres conditions prévues par ces dispositions étaient satisfaites. Par suite, M. B, qui ne peut utilement soutenir que le passeport en cause, dont l'existence même révèle l'intention d'une fraude relative à son identité, aurait été réalisé à son insu et n'aurait pas été utilisé pour entrer sur le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Mayenne aurait commis une erreur de droit en estimant que son état civil, impliquant la condition d'âge induite par les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'était pas établi, ce motif justifiant, à lui seul, le refus de délivrance d'un titre de séjour.

8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par courriel du 15 octobre 2021, le préfet de la Mayenne a adressé aux services de l'ambassade de France en République de Guinée et de l'ambassade de France au Sénégal une demande de levée d'acte concernant tant M. B que M. C A, au nom duquel le passeport précité a été émis, sans que l'arrêté attaqué ne vise cette demande de levée d'acte, que M. B n'ait été informé de cette mesure ni que le préfet de la Mayenne n'ait différé l'édiction des décisions attaquées jusqu'à l'expiration du délai de huit mois prévu par l'article 1er du décret du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger. Toutefois, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour dans la mesure où c'est à titre surabondant que le préfet de la Mayenne, qui ne s'est pas fondé sur le caractère frauduleux des actes d'état-civil produits par le requérant mais exclusivement sur la circonstance qu'il détient par ailleurs un passeport concernant un individu majeur et d'une autre nationalité que celle dont il fait état, a fait procéder à la levée d'acte en cause, de sorte que les vices affectant la procédure de cette levée d'acte et l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet de la Mayenne dans l'application du décret du 24 décembre 2015 précité ne peuvent être utilement invoqués contre la décision contestée.

9. En cinquième et dernier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des termes de la circulaire ministérielle du 1er avril 2003 relative à la fraude en matière d'actes d'état civil étrangers produits aux autorités françaises, qui sont dépourvus de caractère impératif et ne présentent pas le caractère de lignes directrices opposables à l'administration.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. B invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes mêmes de la décision litigieuse, que le préfet a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre la décision litigieuse.

12. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. B réside en France depuis trois ans à la date de la décision attaquée. En outre, il est célibataire et sans enfant, et n'établit ni même n'allègue avoir noué en France des liens suffisamment anciens, stables et intenses ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Si le requérant se prévaut de sa scolarisation en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) dans la filière " monteur d'installations thermiques " au sein de l'établissement Gaston Lesnard à Laval (Mayenne), et fait valoir ses très bons résultats ainsi qu'un contrat d'apprentissage au sein d'une entreprise signé le 3 août 2021, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle stable et durable. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs de fait, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

14. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par M. B à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions légales et réglementaires dont elle fait application, notamment l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est, ainsi, suffisamment motivée.

16. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet de la Mayenne n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. B.

17. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par M. B à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire, doit être écarté.

18. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation sur ses conséquences concernant la situation personnelle du requérant.

Sur la légalité de la décision astreignant le requérant à se présenter auprès des services de police pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ :

19. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".

20. Il ressort toutefois des termes de la décision attaquée que le préfet de la Mayenne n'a pas visé les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas motivé la décision astreignant M. B à se présenter auprès des services de police pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision litigieuse n'est pas motivée.

21. Il résulte de ce qui précède que la décision astreignant le requérant à se présenter une fois par semaine au commissariat de Laval doit être annulée.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision l'astreignant à se présenter chaque mercredi à 14h30 au commissariat de Laval pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ, et que le surplus de ses conclusions à fin d'annulation doit être rejeté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. L'exécution du présent jugement, compte tenu de ce qui est indiqué au point 22, implique uniquement que le préfet réexamine la situation de M. B en ce qui concerne l'astreinte à se présenter aux services de police une fois par semaine. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Mayenne de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, soit condamné à verser la somme que Me Semlali demande au titre des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La décision astreignant M. B à se présenter chaque mercredi à 14h30 au commissariat de Laval pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ, contenue dans l'arrêté du 22 mars 2022, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Mayenne de réexaminer la situation de M. B en ce qui concerne l'obligation qui lui est faite de se présenter tous les mercredis à 14h30 au commissariat de police de Laval pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à la préfète de la Mayenne et à Me Nawal Semlali.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

Mme Rosemberg, première conseillère,

M. Huin, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.

Le président-rapporteur,

Y. LIVENAISL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

V. ROSEMBERG

Le greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

ah/ell

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