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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2206345

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2206345

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2206345
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantPOULARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2022, M. D B, représenté par Me Poulard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 mars 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de l'admettre au séjour et lui a rappelé l'obligation de quitter le territoire français dont il faisait l'objet ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans ce même délai ;

3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de la décision attaquée n'était pas compétent pour ce faire ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée a été prise en violation de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

20 juin 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les observations de Me Poulard, avocate de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 4 février 1981, déclare être entré en France le

24 novembre 2016. En février 2017, il a déposé une demande d'asile. Sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mai 2017, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 3 novembre 2017. Par arrêté du 18 mars 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour pour raisons de santé et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français et a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 mars 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 31 août 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique le

1er septembre 2021, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions de refus de séjour, les obligations de quitter le territoire et les décisions fixant le pays de destination. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit dès lors être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'est entré en France qu'en 2016 et qu'il y séjourne irrégulièrement depuis le 3 novembre 2017, date du rejet définitif de sa demande d'asile. Si l'intéressé fait valoir s'être marié religieusement avec Mme B, ressortissante guinéenne avec laquelle il a eu trois enfants nés en 2010, 2012 et 2014, celle-ci n'est entrée en France qu'en juin 2021 et a vu sa demande d'asile rejetée définitivement le 20 janvier 2022. En outre, M. B a déclaré à plusieurs reprises être célibataire. Par ailleurs, les deux premiers enfants du couple allégué sont restés au Maroc. Si le plus jeune enfant est scolarisé en France, rien ne s'oppose à ce qu'il poursuive sa scolarité dans son pays d'origine. Le requérant n'apporte pas davantage d'élément de nature à établir que la cellule familiale alléguée ne pourrait se reconstruire en Guinée. Dans ces conditions, eu égard à la faible intensité des attaches du requérant sur le territoire français, le préfet a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que M. B ne peut être regardé comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant son admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre au séjour à ce titre.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B a fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Poulard et au préfet de de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

Le rapporteur,

P-E. A

La présidente,

C. LOIRATLa greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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