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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2206475

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2206475

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2206475
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Loïc Cabioch, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique pris le 4 mars 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour à compter du trentième jour suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre, à défaut, à cette même autorité de prendre, dans un délai de deux mois à compter de cette notification, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, sous astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de cette décision, dans un délai de sept jours suivant cette même notification, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Cabioch en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- le refus de séjour n'est pas motivé et cette absence de motivation révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il méconnaît des règles de procédures inscrites aux articles R. 425-11, R. 425-12 et

R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il a été opposé en méconnaissance de l'article L. 425-9 du même code ;

- le refus de séjour est entaché d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 423-23 de ce code, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3§1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée et elle méconnaît des règles de procédures inscrites aux articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'illégalité du refus de séjour prive de base légale l'obligation de quitter le territoire français ;

- cette mesure d'éloignement a des conséquences disproportionnées sur sa situation ;

- la décision fixant le pays de renvoi n'est pas suffisamment motivée et elle méconnaît des règles de procédures inscrites aux articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'illégalité du refus de séjour prive de base légale la décision fixant le pays de destination.

Par un "bordereau détaillé de pièces sans mémoire", enregistré le 27 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par

Mme A.

Il soutient que :

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant ;

- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme A par une décision du 16 mai 2022 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge des affaires portées devant le te tribunal administratif.

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 8 juin 2023 à partir de 9h20 :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Penny Power, substituant Me Cabioch, représentant

Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est une ressortissante albanaise qui est née le 26 janvier 1984. Elle est entrée en France le 11 juin 2018 en compagnie du jeune C A, né le 20 mai 2008 et dont le père est décédé le 5 février 2013. Mme A a présenté une demande d'asile qui a été rejetée le 26 septembre 2018 par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis le 2 mai 2019 par la Cour nationale du droit d'asile. Sa demande de réexamen de sa situation au titre de l'asile a été rejetée le 28 juin suivant. Elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 22 octobre 2019. Elle s'est maintenue en France et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Par un arrêté du 4 mars 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Mme A demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur les écritures produites par le préfet de la Loire-Atlantique :

2. Le 27 janvier 2023, ont été enregistrées des pièces produites par le préfet de la Loire-Atlantique. Ces pièces sont accompagnées d'un document qu'il présente comme étant un "bordereau détaillé de pièces sans mémoire". Cependant, la lecture de ce document montre que le préfet de la Loire-Atlantique intègre des développements répondant aux moyens soulevés par Mme A et qui se concluent par la demande de l'autorité préfectorale tendant à ce que les conclusions présentées par la requérante soient rejetées. Ainsi, contrairement à ce qu'estime le préfet de la Loire-Atlantique, ses productions doivent être regardées comme un mémoire en défense, accompagné de pièces.

Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

4. En premier lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé, non pas de l'ensemble des éléments soumis à l'examen de l'autorité ayant pris cette décision, mais uniquement des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

5. Il ressort de la lecture de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 4 mars 2022 qu'il vise les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précisant les conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire pour raisons de santé et qu'il indique celles de ces conditions, dont l'autorité préfectorale a estimé qu'elles n'étaient pas satisfaites en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'avis devant être émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 de ce code doit être établi au vu notamment d'un rapport médical établi par un médecin instructeur de l'OFII, lequel ne doit pas siéger au sein du collège. En revanche, il ne résulte d'aucune disposition que ce même avis devrait porter mention du nom du médecin qui a établi ce rapport médical.

7. Le collège ayant émis, le 17 septembre 2021, l'avis au regard duquel le préfet de la Loire-Atlantique s'est prononcé sur la demande de titre de séjour présentée par Mme A était composé de trois médecins et cet avis a été rendu au vu du rapport établi par un autre médecin de ce même établissement. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la composition du collège de médecins l'ayant délivré aurait été irrégulière.

8. En troisième lieu, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme A, le préfet de la Loire-Atlantique a estimé que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas avoir, pour elle, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et, au surplus, il n'est pas établi que l'intéressée ne puisse bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Au regard de cette motivation, le préfet de la Loire-Atlantique ne peut être regardé comme n'ayant pas procédé à l'examen requis de la situation de l'intéressée au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En quatrième lieu, selon l'article 4 de l'arrêté ministériel du 5 janvier 2017 : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale, mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 () ", dont les dispositions ont été reprises, à compter du 1er mai 2021, à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. ". Pour contester l'appréciation portée par le préfet de la Loire-Atlantique au regard essentiellement de l'avis du 17 septembre 2021 émis par le collège de médecins de l'OFII, quant à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité d'un défaut de prise en charge médicale de son état de santé, Mme A se borne à faire état des caractéristiques de ses pathologies mais ne produit aucun document médical la concernant décrivant, de manière précise, la nature des conséquences d'un défaut de la prise en charge dont elle fait l'objet. Dans ces conditions, le motif tiré du défaut de conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas d'absence de prise en charge médicale de l'état de santé de la requérante ne peut être regardé comme étant entaché d'erreur d'appréciation.

10. Il résulte de l'instruction, et en particulier des termes de l'arrêté attaqué, confirmés par ceux du mémoire en défense, que le préfet de la Loire-Atlantique aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur le motif évoqué au point précédent, lequel permet de justifier légalement, à lui seul, le refus de séjour en litige. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise cette autorité en estimant que Mme A peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine ne peut être utilement invoqué et doit, dès lors, être écarté.

11. Il ne ressort pas de la lecture de la demande de titre de séjour, dont le préfet de la Loire-Atlantique a joint une copie à son mémoire en défense, que Mme A aurait invoqué, outre l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le bénéfice de dispositions relatives à la délivrance de titres de séjour pour un motif familial ou bien, en cas de rejet de sa demande, l'existence d'une atteinte à sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le refus de séjour méconnaîtrait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatifs au droit au respect de la vie privée et familiale, ne peuvent être utilement invoqués pour contester la légalité de la décision relative au séjour. Eu égard au fondement de la demande de titre de séjour, qui n'était en relation qu'avec l'état de santé de Mme A, le préfet de la Loire-Atlantique pouvait légalement s'abstenir d'examiner sa situation au regard du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant relatif à l'intérêt supérieur de l'enfant.

Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas, lorsqu'elle est, comme en l'espèce, fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code, à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5, le refus de séjour opposé à Mme A est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être écarté.

13. En deuxième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé à la requérante ayant été écartés aux points 5 à 11, elle n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sans délai.

14. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date du 4 mars 2022, à laquelle a été opposée l'obligation de quitter le territoire français et s'apprécie la légalité de cette décision, Mme A, qui est entrée en France le 11 juin 2018, y séjournait certes depuis près de quatre années, mais elle n'a jamais bénéficié d'un titre de séjour et a fait l'objet, le 22 octobre 2019, d'une obligation de quitter le territoire français qu'elle n'a pas exécutée. Elle ne justifie d'aucune attache familiale en France en dehors de la présence de son fils, âgé de 14 ans, avec qui elle est entrée en France. Concernant son fils, Mme A soutient qu'il a été traumatisé par les menaces émanant de sa propre famille en Albanie, qu'elle a subies après le décès du père de l'enfant dans le but de le récupérer, menaces qu'elle présente comme ayant été la cause de sa fuite. Cependant, si des attestations produites, datées des mois d'octobre, novembre et décembre de l'année 2019 et du début de l'année 2020, font état de la nécessité de la mise en place d'un suivi psychologique pour cet enfant au regard de son vécu et évoque des premières consultations au sein d'un centre médico-psychologique, aucun document médical ne vient décrire les troubles, rapportés par les personnes ayant établi ces attestations, auxquels serait sujet le fils de Mme A. Seule une attestation, datée du 5 mai 2022, établie par l'orthophoniste suivant le jeune C depuis le mois de décembre de l'année 2021, est produite et elle ne fait état que de troubles du langage écrit. Même si cet adolescent est très impliqué dans sa scolarité, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas poursuivre celle-ci dans son pays d'origine. Au regard de l'ensemble de ces éléments que ne suffisent pas à contrebalancer les efforts d'intégration déployés par Mme A et son fils, au travers, notamment, d'une implication dans des activités artistiques et de l'apprentissage du français, l'obligation de quitter le territoire français en litige ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale et, par suite, comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la composition du collège de médecins de l'OFII, soulevé dans les mêmes termes que celui présenté à l'appui des conclusions à fin d'annulation du refus de séjour pour demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi doit, en tout état de cause, être écarté.

16. En deuxième lieu, l'arrêté du 4 mars 2022 pris à l'encontre de Mme A vise les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la décision fixant le pays de renvoi en cas d'exécution d'office d'une obligation de quitter le territoire français. Il indique par ailleurs que l'intéressée, qui n'a produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine, n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans ce pays ou qu'elle y est exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, l'arrêté du 4 mars 2022 énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi de Mme A de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

17. En troisième lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé à la requérante ayant été écartés aux points 5 à 11, la requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de la décision fixant son pays de renvoi.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de la Loire-Atlantique le 4 mars 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Loïc Cabioch.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

D. D

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

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