LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2206571

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2206571

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2206571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL GAUVIN-ROUBERT ET ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. E... demandant l’annulation du permis de construire délivré par le maire de L’Île-d’Olonne pour l’extension d’une habitation. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’absence d’avis du service d’incendie, estimant qu’aucune disposition législative ou réglementaire n’imposait cette consultation. Il a également jugé que le moyen fondé sur l’article 3 du règlement de la zone UC du plan local d’urbanisme communal n’était pas fondé. La solution retenue s’appuie sur les articles R. 423-50 du code de l’urbanisme et le règlement du PLU.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 20 mai 2022, 28 juin 2023, 3 octobre 2023, 25 février 2025, 17 mars 2025 et 22 avril 2025, M. B... E..., représenté par Me Roubert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler l’arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le maire de L’Île-d’Olonne a délivré à M. A... F... et à Mme C... D... un permis de construire une extension à une habitation existante, après réhabilitation, sur un terrain situé 12 impasse des cols verts sur le territoire de cette commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de L'Île-d'Olonne une somme de 4 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

3°) de mettre à la charge de la commune de L’Île-d’Olonne une somme de 2 500 euros à verser aux pétitionnaires, M. A... F... et Mme C... D..., au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l’avis du service d’incendie et de secours n’a pas été sollicité ;
- la décision attaquée méconnaît l’article 3 du règlement de la zone UC du plan local d’urbanisme communal ainsi que l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ;
- l’intérêt général justifie l’annulation de la décision attaquée ;
- les conditions requises par les dispositions de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme ne sont pas réunies.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 15 septembre 2022, 21 mai 2024 et 14 mars 2025, M. A... F... et Mme C... D..., représentés par Me Sarday, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- le requérant ne justifie pas d’un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. E... ne sont pas fondés.

Par quatre mémoires distincts enregistrés les 15 septembre 2022, 22 mai 2024, 17 mars 2025 et 11 avril 2025, M. A... F... et Mme C... D..., représentés par Me Sarday, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner le requérant, en application de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme, à leur verser la somme de 44 203,29 euros, somme assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.

Ils soutiennent que :
- le requérant a adopté un comportement abusif ;
- ce recours abusif leur a entraîné un préjudice important.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet 2023 et 17 mars 2025, la commune de L'Île-d'Olonne, représentée par Me de Baynast, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d’un intérêt à agir ;
- la requête est tardive dès lors que le délai de recours contentieux n’a pas été prorogé par le recours gracieux du requérant ;
- la requête est irrecevable à défaut d’avoir été notifiée conformément à l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. E... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme Chatal, rapporteure publique,
- les observations de Me David, substituant Me Roubert, représentant le requérant,
- et les observations de Me Lenfant, substituant Me de Baynast, représentant la commune de L’Île-d’Olonne.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... F... et Mme C... D... ont déposé le 30 septembre 2021 en mairie de L’Île-d’Olonne une demande de permis pour l’extension, après réhabilitation, de leur maison d’habitation située 12 impasse des Cols Verts sur le territoire de cette commune. Par arrêté du 1er décembre 2021, le maire a délivré l’autorisation ainsi sollicitée. M. B... E... demande l’annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l’article R. 423-50 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ».

3. Le requérant n’invoque aucune disposition législative ou réglementaire qui aurait imposé à la commune de L’Île-d’Olonne, dans le cadre de l’instruction de la demande de permis de construire de M. F... et de Mme D..., de recueillir l’avis du service départemental d’incendie et de secours, lequel reste dès lors facultatif. Par suite, ce moyen tiré du vice de procédure ne peut qu’être écarté.

4. En dernier lieu, aux termes de l’article 3 du règlement de la zone UC du plan local d’urbanisme de L’Ile-d’Olonne, relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d’accès aux voies ouvertes au public : « Accès / Les accès sur les voies publiques qui présenteraient une gêne ou un risque pour la circulation sont interdits. / Voirie / Les caractéristiques techniques et dimensionnelles des voies doivent être adaptées à l’importance et à la destination des constructions et des aménagements envisagés. Elles doivent permettre la circulation ou l’utilisation des engins de lutte contre l’incendie. / (…) ». L’article 8 des dispositions générales de ce document d’urbanisme, accessible en intégralité tant au juge qu’aux parties sur le site internet geoportail de l’urbanisme, définit l’accès comme « le point de passage aménagé en limite de terrain pour pénétrer sur celui-ci depuis la voie ouverte à la circulation générale ». Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales s’il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d’autres installations. ».

5. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l’acte authentique du 7 mars 2014 produit par les pétitionnaires et de son annexe, que le terrain d’assiette du projet en litige est desservi par une voie publique ouverte à la circulation, à savoir l’impasse des Cols Verts, par le biais d’un chemin d’accès, grevant les parcelles 130, 357 et 142, sur lequel les pétitionnaires ont un droit de passage. M. E... soutient que l’impasse des Cols Verts et le chemin d’accès, du fait de leur étroitesse et des deux virages qu’ils comportent, ne permettraient pas le passage des engins de secours, notamment en matière de lutte contre l’incendie, ainsi que la sécurité de la circulation des piétons et des cycles, en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, alors que l’extension projetée par les pétitionnaires vise seulement à améliorer le confort de leur habitation, notamment en y ajoutant un garage, les voies en cause comportent des caractéristiques adaptées à l’importance et à la destination de ce projet, et, en particulier, une largeur minimale de 3,40 mètres suffisante et des accotements dont la localisation et la configuration permettent le croisement des véhicules. Il ressort d’ailleurs des pièces du dossier que ces voies, d’une longueur réduite, sont déjà empruntées pour la desserte d’autres habitations. En outre, le risque allégué pour la sécurité des usagers de ces deux voies, dont le trafic apparaît particulièrement faible, n’est aucunement établi. Enfin, alors que les accotements situés à chaque extrémité du chemin d’accès favoriseront les manœuvres des engins de lutte contre l’incendie, il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration des lieux ne permettrait pas la circulation ou même l’utilisation des engins de lutte contre l’incendie, au sens des dispositions précitées du plan local d’urbanisme. A cet égard, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que les véhicules de lutte contre l'incendie puissent accéder directement à chaque construction. Par suite, M. E... n’est pas fondé à soutenir que l’arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l’article UC3 du règlement du plan local d’urbanisme de L’Île-d’Olonne ainsi que celles de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme. De même, pour les mêmes motifs, le requérant ne saurait soutenir que le permis de construire en litige méconnaît l’intérêt général poursuivi par les règles d’urbanisme applicables.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions aux fins d’annulation de la requête de M. E... doivent être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par les pétitionnaires :

7. Aux termes de l’article L. 600-7 du code de l’urbanisme : « Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts ».

8. Il ne résulte pas de l'instruction que la demande d'annulation du permis de construire en litige présentée par M. E..., en sa qualité de voisin immédiat du terrain d'assiette du projet, excédait la défense de ses intérêts légitimes. Par suite, les conclusions présentées par les pétitionnaires sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.

Sur les frais d’instance :

9. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de L’Île-d’Olonne, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse au requérant, ou même aux pétitionnaires, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

10. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du requérant le paiement d’une somme à verser à la commune de L’Île-d’Olonne et à Mme D... et M. F... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

11. Enfin, la présente instance n’ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par le requérant et par la commune de L’Île-d’Olonne au titre de l’article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu’être rejetées.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E... est rejetée.



Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... E..., à la commune de L'Île-d'Olonne et à Mme C... D... et M. A... F....



Délibéré après l'audience du 18 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Specht-Chazottes, présidente,
Mme Mounic, première conseillère,
M. Huet, conseiller.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.



Le rapporteur,

F. HUET
La présidente,





F. SPECHT-CHAZOTTES


Le greffier,





G. VIEL


La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,




Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions