mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 mai 2022 et le 14 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, en ce que la naissance, à venir, de son second enfant fait obstacle par principe à son éloignement ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Un mémoire présenté pour M. B a été enregistré le 13 mars 2023.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né en 2002, est entré en France, selon ses déclarations, au cours du mois d'octobre 2017 et a été pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un jugement en assistance éducative du 12 janvier 2018. L'intéressé a sollicité, à sa majorité, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande a été rejetée par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 21 avril 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ".
3. Pour refuser de délivrer au requérant un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé notamment sur la circonstance que M. B ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de la formation qui lui a été prescrite.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B, inscrit au titre de l'année scolaire 2018-2019 en première année de certificat d'aptitude professionnelle " constructeur de travaux de canalisations TP " au lycée professionnel de Narcé de Brain-sur-l'Authion (Maine-et-Loire) a été systématiquement absent des cours dispensés pendant cette année scolaire, ainsi qu'en attestent ses bulletins scolaires. Si M. B atteste avoir été inscrit, au titre de l'année 2020-2021, auprès de la Maison familiale rurale " les Sources " en troisième année d'apprentissage agricole où il a obtenu un certificat de formation générale, puis au titre de l'année 2021-2022 au centre de formation des apprentis de Bruz, il ressort toutefois du rapport d'évaluation socio-éducatif produit par le préfet que l'intéressé, d'une part, a été totalement déscolarisé pendant l'année scolaire 2019-2020 et qu'il s'est signalé, tant à la maison familiale rurale " les Sources " qu'au centre de formation des apprentis de Bruz, par des absences répétées qui, contrairement à ce qu'affirme M. B, ne sont pas toutes justifiées par son état de santé, et qu'il a été exclu de la maison familiale rurale pour les dernières semaines de l'année 2020-2021 en raison de manquements au règlement intérieur de cet établissement. Enfin, le requérant ne saurait utilement faire état de circonstances postérieures à la décision attaquée pour justifier de la poursuite et de la progression de son parcours de formation. Dans ces conditions, eu égard au manque d'implication récurrent de M. B dans les diverses formations qui lui ont été proposées, le préfet a pu, sans commettre d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B, estimer que l'investissement constaté de M. B dans son parcours de formation ne justifiait pas que lui soit délivré le titre de séjour sollicité.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. M. B, dont le séjour en France était d'une durée de près de cinq ans à la date de la décision attaquée, se prévaut de sa qualité de père de l'enfant mineure F B E, née le 5 novembre 2020 à Angers de sa relation avec Mme C E, ressortissante de la République du Congo née en 2001. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B n'entretient plus de relation avec Mme E. Par ailleurs, s'il soutient participer à l'entretien et à l'éducation de sa fille, M. B ne produit pas de pièces suffisamment précises pour caractériser la réalité et l'étendue de cette participation, le rapport socio-éducatif le concernant précisant d'ailleurs que cette participation prend la forme d'un prélèvement automatique de 30 euros par mois sur ses revenus, mis en place au profit de Mme E sans qu'il n'apparaisse que l'intéressé aurait été à l'initiative de ce prélèvement. M. B ne peut pas davantage se prévaloir de la circonstance, postérieure à la décision attaquée, qu'il a reconnu par anticipation la paternité d'un second enfant à naître de son union avec Mme D B, ressortissante ivoirienne résidant en France en qualité de réfugiée. Dans ces conditions, et quand bien même les parents de M. B seraient décédés, la décision portant refus de titre de séjour n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a pas, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, l'illégalité du refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré de cette illégalité, que M. B invoque à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, ne peut être qu'écarté.
8. En second lieu, ainsi qu'il a été exposé au point 6 du présent jugement, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas au droit de M. B une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
9. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité par voie de conséquence que M. B invoque à l'encontre de la décision fixant le pays de destination ne peut être qu'écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Denis Seguin.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAISL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERGLe greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
vb/ell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026