mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022, M. B C, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ; il aurait dû viser l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non le 9° de l'article L. 611-3 du même code ; il ne vise pas non plus l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il ne mentionne pas sa situation personnelle et familiale, en particulier ses attaches en France ;
- il appartiendra au préfet de démontrer que la procédure de consultation du collège de médecins de l'Office français d'immigration et d'intégration (OFII) a été régulièrement mise en œuvre ;
- le préfet a commis une erreur de base légale en se fondant sur le 9° de l'article L. 611-3 et non sur l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII ;
- il s'est vu diagnostiquer une hépatite B ; comme le collège de médecins l'avait estimé en 2018, le défaut de prise en charge médicale entrainerait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; en septembre 2021, il a bénéficié d'une échographie hépatique ;
- en cas de retour dans son pays d'origine, il lui serait impossible d'accéder à la prise en charge médicale nécessitée par son état de santé ; l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé guinéen n'ont connu aucune amélioration significative depuis 2018 ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'a pas procédé à un examen de sa situation à ce titre ;
- son insertion professionnelle est démontrée par les pièces qu'il produit ; le centre de ses intérêts se situe désormais en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er décembre 2022 :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Neraudau, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant guinéen né le 17 octobre 1993, est entré irrégulièrement en France, le 20 septembre 2017 selon ses déclarations. Il a déposé, le 24 novembre 2017, une demande d'asile auprès de la préfecture de Maine-et-Loire. Placé en "procédure Dublin", il a fait l'objet d'un arrêté ordonnant son transfert aux autorités espagnoles. Cet arrêté n'a toutefois pas été exécuté. Le 7 août 2018, M. C a demandé au préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Une carte de séjour temporaire, valable du 13 septembre 2018 au 12 juin 2019, a été délivrée à l'intéressé. Le 19 juin 2019, M. C a demandé le renouvellement de ce titre de séjour, en se prévalant à nouveau de son état de santé. Par un arrêté du 19 novembre 2019, le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par un jugement du 29 juin 2021, le tribunal a annulé l'arrêté du 19 novembre 2019, en tant qu'il portait obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi, et a enjoint au préfet de Maine-et-Loire de statuer à nouveau sur le cas de M. C. Le 1er décembre 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), saisi d'une demande d'avis sur l'état de santé de M. C, a estimé que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le préfet de Maine-et-Loire a fait sien cet avis et, par un arrêté du 14 décembre 2021, a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C. Par la présente requête, ce dernier demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D A, directrice de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de Maine-et-Loire. Par un arrêté du 30 août 2021, régulièrement publié, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation à Mme A à l'effet de signer, notamment, les refus de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, en particulier le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne qu'à la suite de l'injonction du tribunal du 29 juin 2021, M. C a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII, émis le 1er décembre 2021, que l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale, que le défaut de prise en charge ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité et que le collège a précisé que l'état de santé de M. C lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Le même arrêté indique en conclusion qu'après un examen attentif de l'ensemble de sa situation, M. C ne justifie pas des conditions fixées par le 9° de l'article L. 611-3 pour l'obtention du titre sollicité. Il ressort de ces motifs que la situation de l'intéressé a été précisément examinée au regard de son droit au séjour au titre de son état de santé. La décision comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait dès lors aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, alors même que la base légale mentionnée est erronée et que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas visé. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
7. Par ailleurs, l'article R. 425-11 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ".. L'article R. 425-12 du même code dispose que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ".
8. Selon l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
9. Comme il a été dit, la décision attaquée du 14 décembre 2021 a été prise sur le fondement des dispositions, citées au point 5, du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que M. C ne faisait plus l'objet d'aucune obligation de quitter le territoire français. Il ne pouvait ainsi solliciter une mesure de protection contre une telle obligation. Par suite, la décision attaquée ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
11. En l'espèce, ainsi que l'admet le préfet de Maine-et-Loire dans son mémoire en défense, la décision attaquée, qui rejette la demande de M. C tendant à l'obtention d'un titre de séjour pour raisons de santé, trouve son fondement légal dans les dispositions, citées au point 6, de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles peuvent être substituées à celles du 9° de l'article L. 611-3 du même code, sous réserve que le requérant ait bénéficié de la garantie, prévue par l'article R. 425-11 dudit code pour l'application de l'article L. 425-9, tenant à la rédaction d'un rapport par un médecin de l'OFII à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre.
12. Il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour présentée par M. C a fait l'objet d'un rapport médical établi le 15 novembre 2021 par un médecin de l'OFII ne faisant pas partie du collège de trois médecins ayant émis l'avis sur la demande de l'intéressé. Ce rapport a été transmis le 17 novembre suivant au collège. L'avis rendu le 1er décembre 2021 par les trois médecins membres de ce collège comporte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ". Cette mention fait foi jusqu'à preuve du contraire du caractère collégial de cet avis. En l'espèce, la preuve contraire n'est pas rapportée par M. C qui se borne à demander la communication par l'administration d'extraits du logiciel de traitement informatique Themis utilisé par l'OFII. Enfin, si l'arrêté du 27 décembre 2016 prescrit que l'avis du collège de médecins soit signé par chacun des trois médecins membres de ce collège et si cette signature constitue, pour l'étranger, une garantie, ni cet arrêté, ni une quelconque autre règle n'impose que cette signature revête une forme ou une modalité particulière. En l'espèce, l'avis du 1er décembre 2021 est assorti de la signature lisible de chacun des trois médecins dont il indique l'identité. Un tel avis, qui n'est pas une décision, ne relève pas du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du I de l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives est, en conséquence, inopérant. Il en va de même de celui tiré de la méconnaissance du troisième alinéa de l'article 1367 du code civil. Dès lors, d'une part, M. C ayant bénéficié de la garantie tenant à ce que l'avis émis par le collège le soit au vu d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII qui n'est pas membre du collège, la substitution de base légale demandée par le préfet de Maine-et-Loire n'a pas pour effet de priver l'intéressé de cette garantie. Par ailleurs, l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer le 9° de l'article L. 611-3 ou l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il y a lieu de procéder à la substitution de base légale sollicitée en défense. D'autre part, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé serait intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.
13. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
14. Pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé, notamment, sans s'estimer lié par celui-ci, sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 1er décembre 2021 selon lequel, comme il a été dit, si l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. L'avis a, en outre, précisé que l'intéressé pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine.
15. Il ressort des pièces du dossier que M. C souffre d'une hépatite B qui, selon les termes du certificat médical versé au dossier par l'intéressé, daté du 3 août 2018, ne nécessite qu'une surveillance médicale annuelle par échographie et bilan virologique. Si l'intéressé justifie avoir reçu une convocation du centre hospitalier universitaire d'Angers pour une échographie hépatique le 1er septembre 2021, cette circonstance ne fait que confirmer la mise en œuvre d'une simple surveillance. Ces documents ne sont ainsi pas de nature à remettre en cause la position du collège des médecins de l'OFII. La seule circonstance que le collège de l'OFII n'a pas retenu la même position que lors de son précédent avis du 13 septembre 2018 ne saurait davantage suffire, eu égard notamment à la date de cet avis, qui est antérieur de plus de trois ans à la décision attaquée, à étayer l'affirmation du requérant selon laquelle l'interruption de la surveillance annuelle dont il bénéficie pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, et sans que l'intéressé puisse utilement soutenir qu'il ne pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à M. C la délivrance d'un titre de séjour sur leur fondement.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
17. M. C, célibataire sans enfant, fait valoir qu'il a travaillé, quand il y a été autorisé, en 2019 et jusqu'à ce que sa demande d'asile ait été définitivement rejetée, comme opérateur de production dans des abattoirs de volailles et que ses compétences en matière de découpe ont été reconnues. Il produit un contrat de travail à durée indéterminée qui lui a été proposé en février 2022 par la société Leader Intérim 91 ainsi qu'une demande d'autorisation de travail remplie par cette même société en mai 2022. Si ces documents attestent de la capacité du requérant à s'insérer professionnellement en France, ils ne suffisent pas à établir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour pour raisons de santé, le préfet de Maine-et-Loire aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté. L'arrêté attaqué mentionne que la décision du préfet de ne pas renouveler le titre de séjour de M. C a été prise après un examen attentif de l'ensemble de sa situation. Aussi, s'il ressort des motifs de cet arrêté que le préfet s'est principalement fondé sur l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII, il en ressort également qu'il a bien procédé à un examen circonstancié de la situation personnelle du requérant, incluant son insertion professionnelle.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 14 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. C entraîne, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
20. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Emmanuelle Neraudau.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSELa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
N°2206746
od
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026