lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - M. LESIGNE |
| Avocat requérant | NDEKO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022, M. A J B, représenté par Me Ndeko, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans l'attente du réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en faveur de son avocat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'est pas l'accessoire d'une décision de refus de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- Elle est illégale, par la voie de l'exception, à raison de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour en France :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G, magistrat honoraire, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 19 septembre 2022 à 14 h 15 :
- le rapport de M. Lesigne, magistrat désigné ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A J B, ressortissant algérien né le 27 avril 1991 à Alger, irrégulièrement entré en France en mars 2020 suivant ses déclarations, a été interpellé le 24 mai 2022 et placé en garde à vue par les services de police pour une infraction de vol. Il a fait l'objet, le même jour, d'une part, d'un arrêté du préfet de la Loire-Atlantique portant obligation de quitter le territoire français sans délai sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code, lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an et fixant le pays de renvoi.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 28 juin 2022, M. B s'est vu accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte l'énoncé suffisant des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, et mentionne notamment les éléments biographiques et la situation personnelle du requérant.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme H C, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique, habilitée à exercer, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme F E, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. I D, son adjoint, la délégation de signature consentie par le préfet, selon arrêté du 6 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Dès lors qu'il n'est ni soutenu ni même allégué que Mme E et M. D n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de l'obliger à quitter le territoire français. Par suite le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de fonder une décision portant obligation de quitter le territoire français sur un refus de titre de séjour. Au contraire, les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisent le préfet à prendre une décision d'éloignement quand l'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (cas visé au 1°). Il suit de là que le moyen tiré de l'illégalité de cette décision du fait de l'inexistence d'une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué visant M. B, qui a été appréhendé à l'occasion d'une infraction pénale et s'est maintenu pendant plus de deux ans en situation irrégulière sur le territoire français, serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Il soutient qu'il a noué en France des liens personnels " réels ", sans toutefois donner de précisions sur ces liens et sans produire d'attestations. L'arrêté attaqué n'est que la stricte application des dispositions du 1° de l'article L.611-1 du code, ainsi que mentionné au point précédent. Le moyen doit être écarté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant interdiction de retour en France :
8. En premier, l'arrêté attaqué a été signé par Mme H C, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique, habilitée à exercer, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme F E, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. I D, son adjoint, la délégation de signature consentie par le préfet, selon arrêté du 6 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors qu'il n'est ni soutenu ni même allégué que Mme E et M. D n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.
9. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " et aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que l'interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée d'un an, a été prise au vu de sa situation analysée selon les quatre critères énoncés par le texte reproduit ci-dessus, et pas seulement au regard du critère de l'ordre public. Le requérant ne démontre donc aucune erreur d'appréciation. Le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 24 mai 2022. Par suite, sa requête, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A J B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Ndeko.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. GLa greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre
les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026