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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2207194

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2207194

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2207194
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantNERAUDAU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 3 juin 2022 sous le n°2207183, M. E A C, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé comme étant irrecevable ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- il n'est pas établi qu'il a été informé, dans une langue qu'il comprend, des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu, protégé par l'article 41 paragraphe 2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet ne justifie pas de la saisine, pour avis, du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il fait état d'éléments nouveaux s'agissant de l'état de santé de son enfant ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au prononcé d'un non-lieu.

Il fait valoir que M. A C a été convoqué le 9 juillet 2024 pour retirer le dossier médical nécessaire à l'instruction de sa demande de titre de séjour.

M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 avril 2022.

II. Par une requête, enregistrée le 3 juin 2022 sous le n°2207194, Mme B F D, représentée par Me Neraudau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé comme étant irrecevable ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- il n'est pas établi qu'elle ait été informée, dans une langue qu'elle comprend, des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendue, protégé par l'article 41 paragraphe 2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et en méconnaissance de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet ne justifie pas de la saisine, pour avis, du collège de médecins de l'OFII ;

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle fait état d'éléments nouveaux s'agissant de l'état de santé de son enfant ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au prononcé d'un non-lieu.

Il fait valoir que Mme D a été convoquée le 9 juillet 2024 pour retirer le dossier médical nécessaire à l'instruction de sa demande de titre de séjour.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Barès, premier conseiller ;

- et les observations de Me Neraudau, représentant M. A C et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C et Mme D, ressortissants congolais, demandent au tribunal, par les présentes requêtes qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, d'annuler les décisions du 26 janvier 2022 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevables leurs demandes de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé.

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, par une décision du 2 juillet 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a convoqué les intéressés à venir retirer le dossier médical nécessaire à l'instruction de leurs demandes de titre de séjour, ayant dès lors implicitement mais nécessairement rapporté les décisions attaquées. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction des requêtes de M. A C et Mme D sont devenues sans objet.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat, à ce titre, le versement de la somme globale de 1 500 euros à Me Neraudau, avocate de M. A C et Mme D, bénéficiaires de l'aide juridictionnelle totale, sous réserve de la renonciation de Me Neraudau à percevoir la somme correspondant à la part contributive.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction des requêtes de M. A C et Mme D.

Article 2 : L'Etat versera à Me Neraudau, avocate de M. A C et Mme D, la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A C, à Mme B F D, à Me Neraudau et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

M. BARÈSLe président,

C. CANTIÉ

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

Nos 2207183-2207194

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