mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2207209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ATHON-PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juin 2022 et 13 novembre 2024, Mme A B, représentée par le cabinet Athon-Perez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre du 25 janvier 2022 par laquelle le directeur de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) lui a demandé, d'une part, de se conformer à l'obligation vaccinale imposée par les autorités italiennes, et, d'autre part, a constaté l'absence de service fait pour la période du 10 au 12 janvier 2022 inclus, et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'AEFE de procéder à la régularisation de sa situation administrative et financière à compter du 10 janvier 2022 à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la même date, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'AEFE la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande tendant à ce qu'elle se conforme à l'obligation vaccinale lui fait grief ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'obligation vaccinale imposée par la législation italienne ne s'applique pas aux établissements d'enseignement étrangers ;
- l'absence de respect de la législation italienne relative à l'obligation vaccinale ne peut légalement justifier la rupture de son contrat de résident.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2024, l'AEFE conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la lettre du 25 janvier 2022 en tant qu'elle concerne la demande de se conformer à l'obligation vaccinale imposée par les autorités italiennes, cette demande ne constituant pas une décision faisant grief.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delohen,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Achard, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, professeure des écoles, a exercé au lycée Stendhal de Milan, en Italie, pour la période du 1er septembre 2019 au 31 août 2022, dans le cadre d'un détachement auprès de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). Elle demande l'annulation de la lettre du 25 janvier 2022 par laquelle le directeur de l'AEFE lui a demandé de se conformer à l'obligation vaccinale imposée par les autorités italiennes et a constaté l'absence de service fait à compter du 10 janvier 2022, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur le rappel de l'obligation de se conformer à l'obligation vaccinale :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été informée par son établissement d'affectation, au mois de décembre 2021, qu'elle serait soumise à l'obligation vaccinale exigée par les autorités italiennes pour les personnels enseignants. La notification écrite de cette obligation lui a été adressée par un courrier daté du 15 décembre 2021. Par la lettre du 25 janvier 2022 à l'origine du présent litige, le directeur de l'AEFE s'est borné à rappeler à Mme B qu'elle devait se conformer à l'obligation vaccinale lui ayant été notifiée précédemment, faute de quoi il serait mis fin à son contrat de résident. Un tel rappel ne constitue pas une décision faisant grief à l'intéressée. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ce rappel sont irrecevables.
Sur le constat de l'absence de service fait :
3. En premier lieu, la décision par laquelle l'administration notifie à un agent un constat d'absence de service fait n'entre dans aucune des catégories de décisions devant faire l'objet d'une motivation pour application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors et en tout état de cause, le moyen tiré du défaut de motivation ne saurait être accueilli.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961, dans sa version alors applicable : " Le traitement exigible après service fait, conformément à l'article 22 (premier alinéa) de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires est liquidé selon les modalités édictées par la réglementation sur la comptabilité publique. / L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : / 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de service fait, l'administration est tenue, selon le cas, de suspendre la rémunération jusqu'à la reprise du service, d'ordonner le reversement de la rémunération indûment perçue ou d'en retenir le montant sur les rémunérations ultérieures. Pour permettre une retenue sur la rémunération de l'agent ou son reversement, l'absence de service fait doit pouvoir être matériellement constatée, sans qu'il soit nécessaire de porter une appréciation sur le comportement de l'agent.
6. Il est constant que Mme B n'a pas effectué son service pour la période comprise entre les 10 et 12 janvier 2022 inclus. Dans ces conditions, quand bien même cette absence de service fait résulterait d'une application erronée de la législation italienne relative à l'obligation vaccinale, l'AEFE était tenue de constater l'absence de service fait par la requérante. Le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut ainsi qu'être écarté.
7. En dernier lieu, le constat d'absence de service fait n'a pas pour objet, ni même n'a eu pour effet, d'entraîner la résiliation du contrat de résident de Mme B. Par suite, le moyen tiré de ce que l'absence de respect de la législation italienne relative à l'obligation vaccinale ne peut légalement justifier la rupture de son contrat de résident est inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant constat d'absence de service fait. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026