vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2207340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC - ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 juin 2022, 5 juillet 2022, 5 août 2022 et 23 janvier 2023, non communiqué s'agissant de ce dernier mémoire, Mme A B et M. C D, représentés par Me Couderc, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité diplomatique française en Azerbaïdjan refusant de délivrer à Mme B un visa de long séjour en qualité d'épouse de réfugié ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer à Mme B épouse D le visa de long séjour sollicité dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chatal, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant afghan né en 1996, a obtenu le statut de réfugié par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 10 février 2017. Il soutient s'être marié en 2013 en Afghanistan avec Mme A B. Par leur requête, M. D et Mme B demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité diplomatique française en Azerbaïdjan refusant de délivrer à Mme B un visa de long séjour en qualité d'épouse de réfugié.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort de la lecture de la décision du 29 juin 2022 que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision refusant la délivrance d'un visa à Mme B au motif que son identité, et partant son lien matrimonial avec M. D, n'étaient pas établis. La commission relève plus particulièrement qu'il existerait des discordances entre le certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil établi par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et les actes d'état civil présentés par Mme B à l'appui de sa demande.
3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; () ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "
4. Il ressort du certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil délivré à M. D le 7 septembre 2017 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) à la suite de la reconnaissance du statut de réfugié, rectifié par décision du directeur de l'office du 23 février 2018, que M. D y apparaît comme étant, depuis l'année 2013, le conjoint de Mme " A B ", née le 3 avril 1994. Les requérants produisent un passeport délivré le 4 septembre 2019 par l'ambassade d'Afghanistan à Moscou à Mme A B, née le 21 mars 1995 à Herat (Afghanistan), ainsi que la carte de réfugiée protégée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, délivrée le 15 octobre 2020 à Mme A B. M. D et Mme B joignent également à leurs écritures un document intitulé " marriage certificate " émis par la République islamique d'Afghanistan le 11 novembre 2013 dont il ressort que les dénommés Arzu B et C D, nés respectivement le 21 mars 1995 à Herat et le 5 mai 1996 à Kundoz (Afghanistan), ont enregistré un contrat de mariage le 5 novembre 2013. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que M. D a sollicité la rectification de l'acte de mariage établi par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, en premier lieu au mois d'octobre 2017 afin de faire corriger le nom de son épouse de " Emani " en " B ", ce que l'office lui a accordé, puis en second lieu au mois de septembre 2019 afin de corriger le prénom de son épouse de " A " en " Arzu " et sa date de naissance, qui est selon lui le 21 mars 1995 et non le 3 avril 1994, ce que l'office lui a indiqué ne pouvoir effectuer. Le requérant justifie de la saisine du parquet du tribunal judiciaire de Paris au mois d'octobre 2021 d'une demande de rectification d'erreur matérielle dans l'état civil de Mme B, et de l'envoi en 2022 de plusieurs courriers de relance de cette procédure. Les requérants produisent en outre plusieurs photographies d'un couple, en tenue de mariage sur certaines photographies, dont la comparaison avec les photographies d'identité figurant sur la carte de résident de M. D et le passeport de Mme B, ne permet pas d'exclure qu'il s'agisse des mêmes personnes. Dans les circonstances particulières de l'espèce, et en dépit des différences d'orthographe de prénom et de la différence de date de naissance figurant sur les pièces du dossier et sur le certificat de mariage délivré par l'OFPRA, les requérants doivent être regardés comme justifiant de ce que Mme A B est bien l'épouse de M. D. Il y a donc lieu d'accueillir le moyen de la requête tiré de l'erreur d'appréciation entachant la décision de la commission.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision du 29 juin 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B le visa de long séjour sollicité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui faire délivrer ce visa dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante à la présente instance, une somme globale de 1 200 euros à verser à Mme B et M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 29 juin 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme B le visa de long séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B et M. D la somme globale de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
A. CHATALLa présidente,
H. DOUETLa greffière,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026