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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2207494

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2207494

mardi 18 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2207494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juin 2022 et 15 mai 2023, Mme D B, représentée par Me Pollono, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Degommier, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,

- et les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, avocate de Mme B.

Une note en délibéré présentée pour Mme B a été enregistrée le 7 juillet 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D B, ressortissante béninoise née en 1990, est entrée en France le 15 septembre 2012, munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ", valable du 1er septembre 2012 au 1er septembre 2013. Son titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 30 septembre 2020. Par un courrier du 24 juillet 2021, elle a sollicité du préfet de la Sarthe le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Sa demande a été rejetée par un arrêté du 18 février 2022 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

2. L'arrêté litigieux a été signé par M. C A, directeur de la légalité et de la citoyenneté de la préfecture de la Sarthe, qui bénéficie d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté du préfet de ce département en date du 5 novembre 2021, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs dudit département, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée énonce, avec une précision suffisante, les stipulations conventionnelles et les dispositions légales qui la fondent, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B. Ainsi, et dans la mesure où le préfet n'est pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments propres à la situation individuelle de l'intéressée, la décision contestée satisfait aux obligations mises à la charge de l'administration par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté comme manquant en fait. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de cette motivation, que le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen complet et sérieux de la situation personnelle de la requérante. Dès lors, ce moyen doit également être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ".

5. Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'elle a effectué des démarches afin de solliciter le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante, dont le dernier titre de séjour couvrait la période du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, a effectué un stage dans son pays d'origine, le Bénin, à partir du 25 février 2020 et qu'en raison de la fermeture des frontières due à la pandémie de Covid-19, elle est revenue en France le 15 septembre 2020, munie d'un récépissé de titre de séjour dont la validité a été prolongée jusqu'au 12 novembre 2020 en raison du contexte sanitaire. Il ressort également des pièces du dossier que la requérante s'est vue remettre un titre de séjour valable du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, en décembre 2020 selon elle. Puis, celle-ci a obtenu des rendez-vous en préfecture, fixés les 5 février et 25 mars 2021 mais annulés, indépendamment du fonctionnement des services de la préfecture, en raison du défaut pour la requérante de présenter un certificat d'inscription pour l'année en cours et en raison de son état de santé, du fait de sa grossesse. En revanche, c'est par un courrier daté du 24 juillet 2021 seulement qu'elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour, soit après de délai mentionné à l'article R. 431-5 précité. Ainsi, en dépit des difficultés dont fait part Mme B, c'est à bon droit que le préfet de la Sarthe, qui ne s'est pas fondé sur des faits inexacts, a instruit la demande de la requérante comme étant une première demande de titre de séjour nécessitant pour l'intéressée d'être munie d'un visa de long séjour.

6. D'autre part, Mme B soutient que le préfet aurait commis des erreurs de fait en indiquant, aux termes de la décision attaquée, que le père de sa fille n'a pas exécuté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, résidant irrégulièrement en France, et que sa mère réside au Bénin. Toutefois, si ces éléments sont matériellement inexacts, dès lors que le père de sa fille réside au Bénin et que sa mère est décédée, ils sont sans incidence sur la légalité de la décision. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision au vu de ces éléments de la situation familiale de Mme B. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Ainsi qu'il a été dit précédemment, c'est à bon droit que le préfet de la Sarthe a instruit la demande de la requérante comme étant une première demande de titre de séjour, nécessitant pour l'intéressée d'être munie d'un visa de long séjour. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de sa demande de titre de séjour Mme B n'était pas munie d'un visa de long séjour en cours de validité. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an.() "

9. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B, le préfet de la Sarthe, outre l'absence de visa de long séjour, a relevé que l'intéressée ne justifiait pas de moyens d'existence suffisants et que la formation en marketing communication et stratégie à laquelle elle est inscrite auprès de l'établissement Paris Executive Business School pour l'année 2021/2022 ne nécessite pas sa présence sur le territoire français dès lors qu'il s'agit d'une formation à distance.

10. Mme B soutient avoir produit des attestations de prise en charge établies par son père dans des termes identiques à celle produite dans le cadre de la présente instance à chacune de ses précédentes demandes de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiante, ce qui n'est pas contesté en défense. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de l'ancienneté et de la durée de cette prise en charge, Mme B doit être regardée comme disposant de moyens d'existences suffisants. Toutefois, concernant sa formation au sein de l'établissement Paris Executive Business School, il ressort des pièces du dossier que cette formation est dispensée via une plateforme pédagogique permettant un enseignement à distance, de sorte que le suivi de cette formation ne nécessite pas le séjour de l'intéressée sur le territoire français. Ainsi, et en dépit de témoignages faisant état d'une mauvaise connexion internet au Bénin, Mme B ne peut être regardée comme établissant qu'elle suit un enseignement ou qu'elle fait ses études en France. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le préfet de la Sarthe aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur le seul motif tiré de l'absence de visa de long séjour, qui justifie à lui seul le refus de titre de séjour en qualité d'étudiant opposé à Mme B.

12. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

13. Le moyen tiré d'une violation des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme est inopérant à l'encontre d'une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. En tout état de cause, si Mme B est entrée en France en 2012, elle n'a séjourné en France qu'au titre de son statut d'étudiante. Si elle se prévaut de ses nombreuses années d'études en France, produisant à ce titre des certificats de scolarité, des bulletins de notes ainsi que des attestations de proches, ces éléments ne suffisent toutefois pas à considérer qu'elle aurait noué en France des liens particulièrement intenses, durables et stables. En outre, si elle a une fille née le 5 mai 2021 sur le territoire français, ce seul élément ne permet d'établir qu'elle aurait fixé le centre de ses attaches personnelles et familiales en France, au regard des attaches qu'elle a conservé dans son pays d'origine où résident son père et sa sœur et où elle est retournée vivre plusieurs mois en 2020. Enfin, elle ne peut se prévaloir d'une insertion professionnelle durable et stable en France. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs de fait, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

15. Mme B se prévaut des mêmes éléments que ceux exposés au point 13. Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à caractériser un motif exceptionnel ou des considérations humanitaires au sens de l'article L. 435-1 précité. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. En dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit apporter une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

17. La décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer l'enfant de sa mère. La fille de la requérante, née le 5 mai 2021, peut accompagner sa mère au Bénin. Cette décision n'expose pas l'enfant à un risque particulier pour sa santé, sa sécurité, son éducation ou sa moralité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être également écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision portant refus de séjour est suffisamment motivée. La motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confondant avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement, elle n'implique pas, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, ce qui est le cas en l'espèce, de mention spécifique. Dès lors le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision portant obligation de quitter le territoire d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé. Dès lors, ce moyen doit également être écarté.

21. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 17 du président jugement, l'enfant de la requérante ayant vocation à la suivre au Bénin, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être également écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

22. En premier lieu, la décision attaquée vise notamment les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et énonce les motifs justifiant le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi la décision est suffisamment motivée.

23. En second lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, eu égard à ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au préfet de la Sarthe et à Me Pollono.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :

M. Degommier, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Heng, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.

Le président-rapporteur,

S DEGOMMIER L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMASLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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