vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2207664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 7ème chambre |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, Mme B A, représentée par Me Guérin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 2 juin 2022 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'intervalle, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est signée par une personne incompétente, la signataire ne justifiant pas d'une délégation de signature régulièrement consentie par le préfet ;
- la décision est entachée d'incompétence négative ; le préfet s'est estimé en compétence liée par le rejet d'asile qu'aurait opposé l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ;
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ont été méconnues ; la décision n'ayant pas été prise concomitamment à un refus de délivrance d'un titre de séjour, le préfet devait la mettre à même de présenter ses observations écrites ;
- la décision est entachée d'erreurs de droit et de fait et méconnait les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ; une obligation de quitter le territoire français ne peut lui être opposée avant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile en application de l'article R. 532-54 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ; le préfet ne justifiant pas du caractère définitif de sa demande d'asile ne pouvait fonder une obligation de quitter le territoire français sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière avant de prendre la décision ;
- la décision est entachée d'erreur de droit puisqu'elle entre dans le champ d'application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et pouvait se voir délivrer de plein droit un titre de séjour en raison de ses attaches privées et familiales en France ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est insuffisamment motivée et révèle qu'aucun examen de sa situation particulière n'a été effectué ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, en application de l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur de droit et méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et les stipulations des articles 2 et 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2022 :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, magistrate désignée,
- et les observations de Me Guérin représentant Mme A.
Considérant ce qui suit
1. Mme B A, ressortissante azerbaïdjanaise née en mars 2004, est entrée en France en février 2019 en compagnie de sa mère et de sa sœur. Sa mère a déposé une première demande d'asile rejetée en décembre 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et une demande de réexamen rejetée en septembre 2021. A sa majorité en mars 2022, Mme A a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a été enregistrée comme une seconde demande de réexamen. Le préfet de la Loire-Atlantique, ayant considéré que Mme A ne bénéficiait plus d'un droit au maintien du fait du rejet de la première demande d'asile et de la première demande de réexamen, a par un arrêté du 2 juin 2022, obligé Mme A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office à défaut de se conformer à cette obligation. Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions du 2 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
3. Il ressort des pièces du dossier et des déclarations de Mme A non contestées par le préfet de la Loire-Atlantique qui n'a ni produit d'écritures en défense ni présenté de défense au cours de l'audience publique du 14 septembre 2022 que l'intéressée a quitté son pays natal en 2015, à l'âge de onze ans en compagnie de sa mère et de sa jeune sœur et n'y est pas retournée depuis, ayant séjourné en Turquie jusqu'à son entrée en France. Il ressort également de ses mêmes déclarations que le père de Mme A est décédé en Azerbaïdjan en 2007. Mme A, sa mère et sa jeune sœur résident en France depuis le mois de février 2019. Le préfet, qui n'a pas produit, n'établit ni même n'allègue que la mère de Mme A ferait l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français. Par ailleurs, alors que la requérante réside en France depuis plus de trois ans, il ressort des pièces du dossier, et notamment de nombreuses attestations d'enseignants et de personnels administratifs du lycée, très détaillées, que malgré de grandes difficultés notamment d'hébergement, elle s'est montrée particulièrement investie et assidue dans son travail scolaire au sein du lycée La Colinière à Nantes jusqu'à intégrer une première générale et développer un projet d'intégration dans une école d'arts. Dans ces conditions, compte tenu de l'absence d'attaches familiales proches de Mme A en Azerbaïdjan, de son investissement dans sa scolarisation en France depuis trois ans et de la présence sur le territoire français de sa mère et de sa jeune sœur, scolarisée dans le même établissement qu'elle, Mme A est fondée à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, le préfet de la Loire-Atlantique a porté une atteinte excessive à son droit à une vie privée et familiale normale et a donc méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à demander, pour ce motif, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français du 2 juin 2022, ainsi par voie de conséquence que l'annulation de la décision du même jour fixant le pays d'éventuel éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme A, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois, en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour dans l'intervalle. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Guérin de la somme de 1000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 2 juin 2022 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a obligé Mme A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour dans l'intervalle.
Article 3 : L'Etat versera à Me Guérin la somme de 1000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Guérin et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 202La magistrate désignée,
M. C
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026