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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2207736

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2207736

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2207736
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 juin 2022, M. E A B et M. C D, représentés par Me Rodrigues Devesas, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 28 décembre 2021 de l'autorité consulaire française à Casablanca (Maroc) refusant de délivrer à M. E A B un visa de long séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer la demande de visa dans le même délai sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 février 2023 :

- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,

- et les observations de Me Rodrigues Devesas, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A B, ressortissant marocain né en 1956, soutient être le père de M. C D, de nationalité française, né en 1989. Par leur requête, M. A B et M. D demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 28 décembre 2021 de l'autorité consulaire française au Maroc refusant de délivrer à M. E A B un visa de long séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des écritures du ministre en défense que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est réputée avoir rejeté le recours formé contre la décision refusant la délivrance à M. E A B d'un visa de long séjour au motif que celui-ci ne justifiait pas de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français.

3. Aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. / Ce visa peut autoriser un séjour de plus de trois mois à caractère familial () ". L'article L. 411-1 du même code, auquel se réfère l'article L. 423-11 qui subordonne la délivrance de cartes de résidents aux ascendants à charge de ressortissants français et de leurs conjoints à la présentation d'un visa de long séjour, prévoit que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : / 1° Un visa de long séjour ; () ".

4. Lorsqu'elles sont saisies d'une demande tendant à la délivrance d'un visa de long séjour par un ressortissant étranger faisant état de sa qualité d'ascendant à charge de ressortissant français, les autorités consulaires peuvent légalement fonder leur décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.

5. M. A B soutient être sans revenu du fait de son âge l'empêchant de travailler et de l'absence de pension de retraite. Il verse au dossier une attestation du directeur général de la caisse nationale de sécurité sociale du Maroc, datée du 30 janvier 2023, soit postérieure à la décision attaquée, attestant que M. E A B n'a aucun droit à une pension de vieillesse, ainsi qu'un extrait de relevé de compte bancaire concernant la période du 1er octobre 2022 au 26 janvier 2023, également postérieure à la décision attaquée. Le requérant ne précise pas cependant s'il a exercé une activité professionnelle au cours des années passées, la date à laquelle il se serait arrêté de travailler et les circonstances expliquant l'absence de droit à une pension de retraite dans son pays. Il ne produit pas davantage son dernier avis d'imposition et ne peut donc être regardé comme justifiant effectivement du niveau de ses ressources. Dans ces conditions, M. A B ne démontrant pas être dépourvu de ressources propres, les requérants ne peuvent être regardés comme démontrant sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français.

6. Enfin, l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant la délivrance d'une carte de résident et non l'octroi d'un visa d'entrée en France, le moyen de la requête tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision de refus de visa opposée à M. E A B.

Sur les conclusions accessoires :

8. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions tendant au prononcé d'une mesure d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B et de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, à M. C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 10 février 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

M. Rosier, premier conseiller,

Mme Chatal, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLa greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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