mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2207906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | THOUMINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin 2022 et 10 juin 2024, M. D A, représenté par Me Thoumine, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer ou, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la requête n'est pas devenue sans objet ;
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il appartenait à l'autorité administrative de lui indiquer les pièces attendues au soutien de sa demande de titre de séjour en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en refusant d'enregistrer sa demande alors que celle-ci était complète au regard des articles R. 431-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, dès lors que la demande de titre de séjour a été enregistrée postérieurement au dépôt de la requête ;
- les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delohen a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 1er janvier 1985, déclare être entré en France au mois d'août 2017. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 15 mai 2018, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 31 mai 2019. Au mois d'août 2019, M. A s'est vu délivrer un titre de séjour pour raison de santé valable jusqu'au 26 février 2020. Par un arrêté du 24 août 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler ce titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, à laquelle M. A n'a pas déférée. Par une décision du 15 décembre 2021 dont il demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa nouvelle demande de titre pour raison de santé.
Sur les conclusions à fin de non-lieu :
2. Si le préfet de la Loire-Atlantique soutient que la demande de titre de séjour de M. A pour raison de santé aurait été enregistrée postérieurement à l'enregistrement de sa requête, il ne l'établit pas. En outre, M. A fait valoir, sans être contesté, que l'avis du collège des médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 19 décembre 2023 a été rendu non sur une demande de titre de séjour, mais dans le cadre d'une procédure d'éloignement diligentée à son encontre. Par suite, le préfet n'est pas fondé à soutenir que la requête de M. A serait devenue sans objet, en sorte que ses conclusions à fin de non-lieu doivent être rejetées.
Sur la légalité du refus contesté :
3. En premier lieu, la décision du 15 décembre 2021 a été signée par M. C B, adjoint à la cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 31 août 2021, publié le 1er septembre 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département, le préfet de la Loire-Atlantique a délégué à la directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture la signature notamment des décisions relatives au séjour des étrangers. L'article 3 de ce même arrêté prévoit qu'en cas d'absence ou d'empêchement simultané de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint, la délégation de signature est conférée à M. C B, adjoint à la cheffe du bureau du séjour. Dès lors et en l'absence de contestation de l'absence ou empêchement simultané de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint à la date de la décision en cause, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'indication des considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée.
5. En troisième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constituent des dispositions spéciales régissant le traitement par l'administration des demandes de titres de séjour, que le préfet peut refuser d'enregistrer. Par suite, la procédure prévue à l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration n'est pas applicable à ces demandes.
6. En quatrième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision, ni des pièces du dossier que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de refuser d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'entrée et du séjour des étranger : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11 ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".
8. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En revanche, lorsqu'un étranger a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, cette circonstance s'oppose à ce qu'un nouveau récépissé lui soit délivré, sauf si des éléments nouveaux conduisent l'autorité préfectorale à l'autoriser à former une nouvelle demande.
9. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 24 août 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé la délivrance, à M. A, d'un titre de séjour pour raisons de santé, et l'a obligé à quitter le territoire français. L'intéressé, n'ayant pas déféré à cette mesure, a présenté une nouvelle demande de titre de séjour pour raisons de santé le 4 mai 2021. Il n'a toutefois assorti sa demande d'aucun élément nouveau de nature à justifier l'enregistrement de cette demande. S'il fait valoir, à l'appui d'un certificat médical daté du 3 février 2022, que son état de santé se serait dégradé depuis le mois de juillet 2020, il n'établit pas en avoir informé le préfet, alors au demeurant qu'à cette date, sa première demande de titre de séjour était en cours d'instruction. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour, le préfet aurait méconnu les dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas plus fondé, pour les mêmes motifs, à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions à fin de non-lieu présentées par le préfet de la Loire-Atlantique sont rejetées.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Thoumine et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026