mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2207969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2022, Mme I B, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'au rétablissement des liaisons terrestres, maritimes ou aériennes vers son pays d'origine ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant du moyen commun :
- il n'est pas établi que l'acte attaqué ait été signé par une autorité habilitée ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ; en effet, il n'est pas établi que le médecin rapporteur qui aurait transmis son rapport au collège des médecins de l'Office français d'immigration et d'intégration (OFII) n'ait pas siégé au sein du collège qui a rendu l'avis ; il n'est pas établi que ce rapport ait été transmis en temps utile au collège des médecins de l'OFII ; enfin, il n'est pas établi que l'avis soit suffisamment motivé ;
- elle n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle méconnaît les articles L. 542-1 et R. 532-54 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions fixant le pays de destination et le délai de départ volontaire à trente jours :
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français privent de base légale les décisions fixant le pays de destination et le délai de départ volontaire ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Cantié a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 8 août 1986, déclarant être entrée en France le 1er octobre 2017, a été définitivement déboutée du droit d'asile le 23 juillet 2019. L'intéressée a sollicité, le 20 novembre 2020, la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Le 8 février 2021, elle a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, qui a été retirée par l'autorité préfectorale le 18 novembre 2021. Le 7 janvier 2021, elle a à nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 mars 2022, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé son admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
3. L'arrêté en litige a été signé par Mme F K, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 31 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n°106 du 1er septembre 2021, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, les mesures d'obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le délai de départ volontaire et celles fixant le pays de renvoi, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration, et de son adjoint, M. J C, dont il n'est pas établi qu'ils n'étaient, à la date de l'acte en cause, ni absents, ni empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait sollicité un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement des dispositions, alors en vigueur, de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors qu'il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Loire-Atlantique aurait examiné d'office si l'intéressée pouvait être admise au séjour sur ce fondement et eu égard par ailleurs aux motifs de cet arrêté relatifs à la situation personnelle et familiale de la requérante, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que sa situation n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier par le préfet.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
4. L'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis () au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées dispose : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. D'une part, le préfet de la Loire-Atlantique produit l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) relatif à l'état de santé de la requérante, ainsi que le bordereau de transmission signé pour le directeur général de l'OFII, daté du 27 octobre 2021. Il ressort de ces documents que l'avis du collège de trois médecins du service médical de l'OFII a été rendu le 27 octobre 2021 par les trois praticiens, docteurs en médecine, que mentionne cet avis et sur le rapport d'un autre médecin établi le 5 juillet 2021 et transmis au collège de médecins le 8 juillet 2021. Par ailleurs, cet avis, qui mentionne notamment que l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale et qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier d'un traitement approprié, est suffisamment motivé. Ainsi et alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer à l'étranger l'avis du collège de médecins émis dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
6. D'autre part, pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet de la Loire-Atlantique a notamment pris en compte l'avis précité du collège de médecins de l'OFII en date du 27 octobre 2021, selon lequel l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, et vers lequel elle peut voyager sans risque, elle peut y bénéficier d'un traitement approprié.
7. Si des possibilités de soins existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier s'il existe un traitement approprié dans le pays d'origine et s'il est disponible dans des conditions permettant d'y avoir accès.
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme B souffre d'une adénose sclérosante du sein gauche, d'un syndrome anxio-dépressif, de troubles cognitifs, d'une asthénie résultant de séquelles d'une hépatite B, ainsi que d'une thalassémie et d'une hypersomnie. Il ressort de ces mêmes pièces qu'elle suit un traitement médicamenteux composé de Paroxétine et d'acide folique et fait l'objet d'un suivi psychiatrique et d'un suivi psychologique eu égard à son syndrome dépressif, qu'elle fait l'objet d'un suivi gynécologique et d'un suivi radiologique dans le cadre de la surveillance mammaire de l'adénose sclérosante dont elle est atteinte et, qu'enfin, elle fait également l'objet d'un suivi neurologique pour le traitement de ses troubles cognitifs. Pour contester l'avis de l'OFII précité, Mme B produit, d'une part, un certificat médical du 5 juillet 2022, établi par le Dr A et indiquant qu'un retour en Côte d'Ivoire risquerait d'interrompre ses traitements, d'autre part, un courrier du 29 juin 2022 du Dr H, coordinatrice médicale pour Médecins du Monde France en Côte d'Ivoire, qui souligne le coût important de soins tels que des transfusions sanguines ou des greffes de moelle osseuse dont la requérante " pourrait avoir besoin " et qui indique que seuls deux hôpitaux publics sont susceptibles de prodiguer des soins en psychiatrie dans le pays et que, s'il existe bien une couverture maladie universelle en Côte d'Ivoire, celle-ci n'intègre par les maladies chroniques du type de celles dont est atteinte Mme B, et enfin, un courriel du 22 juin 2022 de Mme G, pharmacienne au sein de l'entreprise Biogaran, mentionnant que la Paroxétine n'est pas disponible en Côte d'Ivoire. Toutefois, le certificat du Dr A est rédigé dans des termes peu circonstanciés puisqu'il ne précise pas les raisons pour lesquelles le retour en Côte d'Ivoire de l'intéressée interromprait ses soins, tandis que le Dr H précise qu'il existe effectivement un système de sécurité sociale dans le pays dont la requérante n'établit pas ne pouvoir bénéficier au moins pour partie. Par ailleurs, l'intéressée ne fait pas valoir qu'elle ne pourrait bénéficier des soins psychiatriques dans les deux hôpitaux publics mentionnés dans le courrier du 29 juin 2022. Enfin, Mme B ne produit aucun élément suffisamment précis et probant permettant de relever que la Paroxétine ne serait pas disponible en Côte d'Ivoire, le courriel de Mme G indiquant que ce médicament n'est pas disponible en Côte d'Ivoire contredisant au demeurant le courrier du Dr H précisant au contraire qu'il est bien disponible dans le pays mais qu'il n'est toutefois pas remboursable. En tout état de cause, il n'est pas démontré que l'intéressée se trouverait dans l'impossibilité de substituer à son traitement des médicaments de même classe ou reposant sur le même principe actif. Dans ces conditions, ces documents ne sauraient suffire à contredire utilement l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de Mme B et la possibilité pour l'intéressée de suivre un traitement dans son pays d'origine. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il last statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article R. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ". Enfin, aux termes de l'article R. 532-54 de ce code : " Le secrétaire général de la Cour nationale du droit d'asile notifie la décision de la cour au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et l'informe dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend du caractère positif ou négatif de la décision prise. Il la notifie également au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ".
11. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande l'asile a le droit de séjourner sur le territoire national à ce titre jusqu'à ce que la décision rejetant sa demande lui ait été notifiée régulièrement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé devant elle, par la Cour nationale du droit d'asile. En l'absence d'une telle notification régulière, l'autorité administrative ne peut regarder l'étranger à qui l'asile a été refusé comme ne bénéficiant plus de son droit provisoire au séjour.
12. Il ressort du relevé de l'application Telemofpra, versé aux débats par le préfet et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la décision de rejet en date du 23 juillet 2019 prise par la Cour nationale du droit d'asile a été régulièrement notifiée le 26 juillet 2019 à l'adresse que la requérante a déclarée. Par ailleurs, Mme B ne produit pas le document qu'elle a reçu de la Cour nationale du droit d'asile. Ainsi, elle ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier si la formalité prévue par les dispositions citées au point 11, de l'article R. 532-54 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relative à l'information dans une langue qu'elle comprend, a été respectée. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions des articles L. 542-1 et R. 532-54 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
15. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui fait valoir qu'elle est entrée en France en 2017, sans l'établir, est célibataire et sans charges de famille. Elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, ni n'atteste, par les pièces produites à l'appui de son recours, de sa volonté d'insertion sociale en France. Dans ces conditions et eu égard à ce qui a été dit au point 8, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les autres décisions que comporte l'arrêté contesté :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire.
17. En second lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 15.
18. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme I B, à Me Philippon et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
C. CANTIÉ
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. MARTEL
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026