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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208025

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208025

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208025
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEARNAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juin 2022 Mme A B, représentée par Me Béarnais, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pendant le temps de l'instruction de sa demande et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pendant le temps de l'instruction de sa demande, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée l'empêche de voir sa demande de titre de séjour examinée par la préfecture alors qu'elle se trouve dans une grande détresse médicale, justifie de séquelles liées à des agressions physiques et sexuelles et d'un suivi pour des douleurs invalidantes au dos ainsi que d'un suivi psychologique pour un stress post-traumatique ; elle ne peut justifier d'une situation régulière lui permettant d'avoir un accès aux soins et à un hébergement et l'expose au risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente pour le faire ;

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors que la réserve prévue par l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas été examinée et que les " circonstances nouvelles " dont elle se prévaut n'ont pas été prises en compte ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux raisons de sa demande de titre de séjour dès lors que son suivi sur le plan médical est né postérieurement à l'enregistrement de sa demande d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la requérante ne justifie pas se trouver dans une quelconque situation de précarité, alors qu'elle dispose d'un hébergement et que l'arrêté litigieux n'a pas pour effet de mettre un terme à son accès aux soins ; la circonstance qu'elle puisse faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français suite au rejet définitif de sa demande d'asile est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux ou sur la nécessité de le suspendre de manière urgente ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 22 juin 2022 sous le numéro 2208013, par laquelle Mme B, demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2022 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,

- et les observations de Me Béarnais, avocate de Mme B, présente à l'audience, qui insiste à la barre, d'une part, sur l'urgence, caractérisée par la grossesse de l'intéressée, les soucis de santé dont elle souffre ainsi que le risque auquel elle est exposée de faire à tout moment l'objet d'une mesure d'éloignement et, d'autre part, sur la circonstance nouvelle que ses problèmes de santé ne sont apparus que plus de trois mois après le dépôt de sa demande d'asile de sorte qu'elle n'était pas en mesure de solliciter la délivrance d'un titre de séjour dans ce délai.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante angolaise née le 26 juin 1989, est entrée irrégulièrement en France le 16 septembre 2019 selon ses déclarations et y a sollicité l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 6 novembre 2020, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 15 juin 2021, puis le préfet lui a fait obligation de quitter le territoire français par une décision du 16 juin 2021. Mme B a alors présenté le 11 février 2022 une demande de titre de séjour pour raisons de santé et, par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 17 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a confirmé sa décision du 14 mars 2022 déclarant irrecevable sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par Mme B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 17 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et à Me Béarnais.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 11 juillet 2022.

La juge des référés,

M. C

La greffière,

C. NeuillyLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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