lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | REGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2022, M. E et Mme A C, représentés par Me Régent, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV), saisie d'une recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 17 février 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) a refusé de délivrer un visa d'entrée et de long séjour à Mme C, a à son tour implicitement refusé de délivrer le visa sollicité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de la demande de visa formulée par Mme C, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que Mme C, après s'être retrouvée seule en Afghanistan où elle risquait d'être mariée de force et violentée par les talibans, a fui en Iran le 17 novembre 2021 afin d'y solliciter un visa, et est aujourd'hui enfermée dans un hôtel de Téhéran pour des raisons de sécurité, alors que l'autorisation de séjour sur le sol iranien dont elle bénéficiait est arrivée à expiration et qu'elle risque à tout moment d'être renvoyée vers l'Afghanistan ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors que la CRRV n'a pas répondu à la demande de communication de motif qu'ils ont formulée, en application des dispositions des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que Mme C bénéficie d'un droit à la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale au regard de la protection internationale dont bénéficie M. B, son époux ; Mme C justifie du lien l'unissant à M. B dès lors, d'une part, qu'elle possède une taskera, un passeport et que M. B dispose du certificat remis par l'Office français des réfugiés et des apatrides (OFPRA) lors de sa demande d'asile, qui n'a pas fait l'objet d'une inscription en faux et constitue ainsi de manière authentique son acte de naissance et rend opposable en France son mariage à Mme C, et, d'autre part, que leur lien matrimonial est établi par la possession d'état en ce que M. B a toujours mentionné, depuis son entrée en France, son mariage avec Mme C ainsi que la naissance puis le décès de leur enfant, et est attesté par des photographies de leur mariage célébré le 1er février 2014, leurs échanges téléphoniques ainsi que l'envoi de mandats adressés par M. B à son épouse ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors que M. B ne peut retourner en Afghanistan pour voir son épouse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que Mme C ne fait pas état de menaces personnelles et imminentes sur sa personne et que la mesure contestée apparaît pleinement justifiée ;
- aucun des moyens soulevés par M. B et Mme C, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision litigieuse est suffisamment motivée ;
* les mesures prises par le juge judiciaire à l'encontre de M. B sont suffisamment graves et récentes pour que la menace à l'ordre public puisse être opposée à la demande et le visa sollicité par l'épouse de l'intéressé refusé sur ce seul motif, en application des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* pour les mêmes motifs, la décision litigieuse ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est entachée ni d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de fait.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2022.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 juin 2022 sous le numéro 2208315 par laquelle M. B et Mme C demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2022 à 11 heures :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- les observations de Me Régent, avocate de M. B et Mme C, qui soutient que le courrier de communication des motifs du 14 juin 2022 ne constitue pas une décision explicite et ne fait qu'expliciter les motifs de la décision implicite de rejet litigieuse et insiste à la barre, d'une part, sur l'urgence, caractérisée eu égard à la situation extrêmement critique dans laquelle se trouve Mme C en Afghanistan et, d'autre part, que l'atteinte à l'ordre public n'est pas caractérisée par un simple placement sous contrôle judiciaire dont le motif n'est pas connu, M. B bénéficiant de la présomption d'innocence ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur, qui reprend le bénéfice de ses écritures et fait de nouveau valoir que les faits à l'origine de la mise en place d'un contrôle judiciaire, qui concernent des mineurs, suffisent à caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 1er janvier 1996, s'est vu attribuer le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 16 mars 2017. Par leur requête, lui-même et son épouse alléguée Mme C, une compatriote née le 1er janvier 1998, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie d'une recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 17 février 2022 par laquelle l'autorité consulaire française à Téhéran (Iran) a refusé de délivrer un visa d'entrée et de long séjour à Mme C, a, à son tour, implicitement refusé de délivrer le visa sollicité.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B et Mme C, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement refusé de délivrer un visa de long séjour à Mme C.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de M. B et Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F B, à Mme A C, au ministre de l'intérieur et à Me Régent.
Fait à Nantes, le 11 juillet 2022.
La juge des référés,
M. D
La greffière,
C. NeuillyLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026