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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208063

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208063

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208063
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2022, M. D A, représenté par Me Guilbaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de prolongation de la durée de validité de son visa de court séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 28 janvier 1934, est entré en France le 7 avril 2022 sous couvert d'un visa de court séjour à entrées multiples valable du 1er mars au 27 mai 2022. Le 29 avril 2022, il a sollicité la prolongation de la durée de validité de son visa pour raisons médicales. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 20 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande.

2. En premier lieu, la décision du 20 mai 2022 a été signée par M. C B, adjoint à la cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 11 avril 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de ce département, le préfet de la Loire-Atlantique a délégué à la directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture la signature notamment des décisions portant prolongation des visas. L'article 3 de ce même arrêté prévoit qu'en cas d'absence ou d'empêchement simultané de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint, la délégation de signature est conférée à M. C B, adjoint à la cheffe du bureau du séjour. Dès lors et en l'absence de contestation de l'absence ou empêchement simultané de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint à la date de la décision en cause, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'indication des considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A avant d'adopter la décision attaquée.

5. En dernier lieu, si M. A soutient que ses problèmes de santé sont d'une gravité telle qu'ils constituaient un motif justifiant la prolongation de la durée de validité de son visa de court séjour, il ressort toutefois des pièces du dossier que le malaise cardiaque qu'il indique avoir fait au domicile de sa fille le 13 avril 2022 n'a donné lieu à aucune hospitalisation ni admission aux urgences. En outre, en se bornant à produire un certificat établi le 28 avril 2022 par le médecin généraliste de sa fille par lequel il lui est prescrit un traitement médicamenteux assorti d'un suivi médical pour six mois, des ordonnances ainsi que la preuve d'un rendez-vous chez un cardiologue le 5 août 2022, le requérant n'établit pas que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, il ne soutient ni même n'allègue que son traitement serait indisponible en Algérie ou qu'il aurait été dans l'incapacité physique de voyager. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique a entaché sa décision de refus de prolongation de son visa de court séjour d'une erreur manifeste dans l'appréciation de son état de santé ou de ses conséquences sur sa situation personnelle.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Guilbaud et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

M. BARÈSLe président,

C. CANTIÉLa greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme

La greffière

C. DUMONTEIL

No 2208063

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