mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208124 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2022, M. C A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui accorder le bénéfice du regroupement familial, ainsi que la décision du 22 décembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de faire droit à sa demande dans un délai de quinze jours suivant l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une indemnité de 2 000 euros.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : le refus de regroupement familial porte une atteinte grave à son droit à une vie privée et familiale eu égard à la durée de séparation de son couple et à la circonstance qu'il ne peut pas aller la retrouver sans se priver de sa rémunération en sa qualité de travailleur indépendant ;
- les moyens qu'il soulève sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée : la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ; le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché la décision d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation en ce que son activité de chauffeur pour la société Uber a bénéficié d'un report de charge en raison de la crise sanitaire et le préfet a refusé de tenir compte de ses déclarations rectificatives de revenus réels pour les mois de février à avril 2020, ce qui pourtant permet de démontrer qu'il a disposé au cours de cette période d'un revenu mensuel moyen supérieur aux 1 115 euros retenus par le préfet et quelle que soit la période retenue, ses revenus ont été supérieurs aux exigences légales ; il est porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que désormais un visa de court séjour sera refusé à son épouse pour risque de détournement de son objet et que sa profession d'infirmière ne lui permet pas, dans les circonstances actuelles, de venir en France.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête au fond par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision susvisée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité algérienne, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 9 février 2030, s'est marié le 17 décembre 2016 avec Mme B. M. A a présenté le 30 juin 2020 auprès de l'administration préfectorale, une demande d'introduction sur le territoire français de son épouse. Par une décision du 3 novembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande aux motifs que le requérant ne justifiait pas de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille, le revenu mensuel moyen s'élevant à 1 115 euros net, soit un revenu inférieur par rapport au montant minimum fixé pour la même période à 1 218 euros net, et que pouvant déposer une nouvelle demande si ses revenus avaient évolués, la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de ladite décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience la demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour établir l'existence d'une situation d'urgence, le requérant fait valoir devant le juge des référés que le couple qu'il a formé depuis son mariage le 17 décembre 2016 souffre de cette trop longue séparation au regard de leur droit de mener une vie privée et familiale normale. Toutefois, la décision contestée, qui statue sur une première demande de regroupement familial de l'intéressé, n'emporte, par elle-même, aucune modification dans la situation familiale du requérant présent sur le territoire français depuis au moins l'année 2016. Par ailleurs, le requérant qui n'allègue pas être dans l'impossibilité de retourner en Algérie, fût-ce pour une courte durée, pour voir son épouse, en suspendant ses activités de chauffeur, n'apporte aucun élément sur les conditions de vie de son épouse demeurée en Algérie à ce jour, qui exerce la profession d'infirmière, et dont le refus systématique de visa court séjour auquel elle serait désormais confrontée n'est, en l'état de l'instruction, pas établi. Enfin, alors qu'il entre dans les nécessités s'imposant à l'administration d'assurer le respect de la procédure du regroupement familial, dont l'objet est de garantir que les conditions d'accueil de la famille ne sont pas, compte tenu notamment des ressources et des conditions de logement du demandeur, contraires à son intérêt, le requérant dispose de la faculté de présenter une nouvelle demande s'il estime désormais remplir l'ensemble des conditions, notamment de ressources, ouvrant droit au regroupement familial. Ainsi, dans ces conditions d'espèce, le requérant, qui n'a fait enregistrer le présent recours que le 25 juin 2022 contre une décision de refus initiale notifiée le 10 novembre 2021, n'établit pas l'existence de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire prononcée par le juge des référés dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Par suite, la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, les conclusions de la requête présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées à titre indemnitaire, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A
Fait à Nantes, le 5 juillet 2022.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026