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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208447

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208447

jeudi 30 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208447
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation12eme chambre
Avocat requérantKADDOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur les moyens communs à l'arrêté attaqué :

- l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut de compétence de son signataire ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, pour les mêmes motifs, entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- la commission du titre de séjour aurait dû être consultée sur le fondement de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi qu'un médecin rapporteur a établi un rapport transmis au collège des médecins de l'Office français d'immigration et d'intégration (OFII) dans les formes prescrites ; il n'est pas davantage établi que les trois médecins signataires de l'avis du collège des médecins auraient été régulièrement nommés par le directeur général de l'OFII ; il n'est pas établi que l'avis du collège de médecins n'a pas été rendu par un avis donné individuellement par les trois médecins à des dates différentes ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de son admission exceptionnelle au séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision fixant le délai de départ ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité de la décision fixant le délai de départ ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, le préfet de de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une décision du 7 juillet 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien modifié du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante tunisienne née en 1970, est entrée en France dans le courant de l'année 2013, d'après ses déclarations. Elle a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement du territoire français le 24 décembre 2014. Le 2 mai 2016, la préfète de Maine-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour en qualité d'étrangère malade. Par un jugement n°1604839 du 6 décembre 2018, ce tribunal a rejeté la requête en annulation de la décision du 2 mai 2016 formée par Mme B. Par une ordonnance n°19NT00204, le président de la 1ère chambre de la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté la requête de Mme B tendant à l'annulation du jugement du 6 décembre 2018 et de la décision du 2 mai 2016. Par un jugement n°s 1905156 et 1907463 du 23 avril 2020, ce tribunal a rejeté la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré. Par une ordonnance n°20NT01460, le président de la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté la requête de l'intéressée tendant à l'annulation du jugement du 23 avril 2020 et de l'arrêté du 26 juin 2019. Le préfet de Maine-et-Loire a délivré à Mme B un titre de séjour en qualité d'étrangère malade valable du 11 janvier 2020 au 10 janvier 2021. L'intéressée a demandé le renouvellement de ce titre de séjour, ainsi que la délivrance d'un titre sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 24 juin 2022, le préfet a refusé de faire droit à la demande de titre de séjour de Mme B lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire, qui disposait, en application d'un arrêté du 7 septembre 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratif spécial de la préfecture de Maine-et-Loire d'une délégation pour signer " tous arrêtés, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent ni les décisions portant refus de titre de séjour, ni les obligations de quitter le territoire français, ni les décisions fixant le délai de départ volontaire, ni les décisions fixant le pays de destination. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision portant refus de délivrance de titre de séjour vise les textes dont elle fait application et précise les éléments déterminants qui ont conduit le préfet de Maine-et-Loire à refuser à Mme B la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, cette décision est motivée comme, en conséquence des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français qui l'accompagne. En outre, en ce qui concerne le délai de départ volontaire de trente jours accordé à Mme B, l'arrêté attaqué, après avoir rappelé les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que la requérante ne justifie d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Enfin, l'arrêté vise notamment les dispositions des articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation à la requérante de quitter le territoire français et qu'elle est de nationalité tunisienne, de sorte que la décision fixant le pays de renvoi est régulièrement motivée. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement Mme B en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée irrégulièrement en France dans le courant de l'année 2013. Si la requérante fait valoir sa durée de présence sur le territoire français, celle-ci est essentiellement liée à son maintien en situation irrégulière sur le territoire français, à la suite des obligations de quitter le territoire dont elle a fait l'objet, validées par les jugements et ordonnances du tribunal administratif et de la cour administrative d'appel de Nantes mentionnées au point 1, et auxquelles elle n'a pas déféré. Mme B est célibataire, sans enfant. Si ses parents et une de ses sœurs résident en France, ils s'y sont installés plusieurs années avant que la requérante n'est entrée dans ce pays, à l'âge de 43 ans. Contrairement à ce que soutient Mme B, celle-ci n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où résident ses trois autres sœurs et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 43 ans. A l'exception de ses parents et sa sœur, la requérante ne fait pas valoir d'autres attaches familiales, pas davantage que sociales ou professionnelles en France. Si Mme B produit un certificat médical selon lequel elle est l'aidante " principale " de sa mère, atteinte d'insuffisance respiratoire chronique sévère, il ressort des pièces du dossier que cette dernière n'est pas isolée dans la mesure où elle vit avec son époux, et où une de ses filles, sœur de la requérante, est de nationalité française et réside en France et qu'elle peut d'ailleurs, compte tenu de la reconnaissance de son handicap, bénéficier d'une assistance par tierce personne. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions de l'arrêté du 24 juin 2022 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet aurait entaché ces décisions d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision de refus de séjour :

6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée (). ".

7. Les articles L. 425-9, R. 425-11 à R. 412-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 5 et 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313 23 et R. 511-1 de ce code, issus de la loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 et de ses textes d'application, ont modifié l'état du droit antérieur pour instituer une procédure particulière aux termes de laquelle le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins et non plus un seul, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. Par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.

8. La décision en litige a été prise au regard d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII émis le 4 avril 2022. Ce collège était composé de trois médecins qui ont été régulièrement nommés par la décision du 14 mars 2022 du directeur général de cet établissement, modifiant la décision du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, publiée sur le site internet de l'OFII. Cet avis, transmis au préfet sous couvert de cette autorité, a été rendu au vu du rapport établi par un autre médecin de ce même établissement, transmis, dans les mêmes conditions, au collège. La circonstance, à la supposer avérée, que les réponses aux questions de l'avis, n'aient pas fait l'objet d'échanges, oraux ou écrits, entre les trois médecins du collège, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis. Par suite, les moyens par lesquels la requérante conteste la régularité de la procédure ayant conduit à l'émission de l'avis du 4 avril 2022 au regard duquel le préfet de Maine-et-Loire a pris la décision attaquée doivent être écartés.

9. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet de Maine-et-Loire a, faisant sienne la teneur de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 4 avril 2022, estimé que si l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B souffre de céphalées et d'acouphènes consécutifs à une intervention chirurgicale pratiquée en 1981. Elle a effectué depuis son arrivée en France divers examens exploratoires qui ont révélé la présence d'une cavité porencéphalique pariétale droite, qui ne présente pas de caractère de gravité, ni de caractère évolutif et ne fait pas l'objet d'une prise en charge particulière, à l'exception de la prescription d'un vasoconstricteur destiné à soigner les céphalées de la requérante. Celle-ci verse également à l'instance des documents médicaux qui font état d'une compression du nerf médian du canal carpien droit qui a été opérée dans le courant de l'année 2020. Les documents médicaux versés par la requérante aux débats ne permettent ainsi pas de caractériser des conséquences graves pour son état de santé qu'aurait l'arrêt de la prise en charge médicale dont elle bénéficie sur le territoire français, cette prise en charge présentant d'ailleurs un caractère limité. Par ailleurs, la décision n'étant pas fondée sur la disponibilité de la prise en charge médicale de Mme B dans son pays d'origine, les arguments de la requérante relatifs à cette disponibilité, et à son accessibilité financière, sont inopérants. Enfin, la circonstance que la requérante s'est vu délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé ne fait pas obstacle à ce que ce titre ne soit pas renouvelé, notamment dans le cas d'une évolution de cet état de santé. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce qu'en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité le préfet de Maine-et-Loire aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

12. Eu égard aux motifs développés aux points précédents, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait, dans l'exercice du large pouvoir qu'il tient de ces dispositions, commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission de l'intéressée au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires ni ne se justifie par des motifs exceptionnels. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

13. Il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles L. 425-9 et dans le cas prévu à l'article L. 435-1 et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Comme il a été dit précédemment, Mme B n'était pas en situation de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en France sur le fondement de l'article L.'425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne résidait pas habituellement en France depuis au moins 10 ans à la date à laquelle la décision de refus de séjour a été prise. Par conséquent, le préfet de Maine-et-Loire n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour et le moyen tiré d'un vice de procédure doit donc être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, l'illégalité du refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué à l'encontre des obligations de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

16. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions pour demander l'annulation des décisions fixant le délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

17. La décision faisant obligation à Mme B de quitter le territoire français n'étant pas annulée, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision désignant le pays de renvoi.

18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par conséquent, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées. Enfin, les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Kaddouri.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.

La rapporteure,

C. MILIN

La présidente,

V. GOURMELONLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2208447

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