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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208601

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208601

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 30 juin 2022, le 25 août 2022, le 30 août 2022 et le 23 février 2023, M. D K Q, agissant en son nom et au nom des enfants mineurs F K, L K, G K, H K et O A K, et P E B C, représentés par Me Pollono, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française en République démocratique du Congo refusant de délivrer à Mme B C et aux enfants F K, L K, G K, H K et O A K des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer les demandes de visas dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à leur verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la commission n'a pas communiqué les motifs de sa décision implicite en dépit d'une demande présentée en ce sens ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation quant à la qualité de concubine de Mme B C et au lien de filiation entre M. K Q et les enfants, au sens de l'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 mars 2023 :

- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,

- et les observations de Me Nève substituant Me Pollono, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. K Q, ressortissant de République démocratique du Congo né en 1982, a obtenu le statut de réfugié en France par décision de la Cour nationale du droit d'asile en 2017. Il soutient être uni par un mariage coutumier depuis 2015 à Mme B C et avoir eu avec elle quatre enfants, F K, L K, G K et H K, nés en 2004, 2007, 2009 et 2011. Il soutient être également le père de l'enfant Kiss My K issu d'une autre union, né en 2013. Par leur requête, M. K Q et Mme B C demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française en République démocratique du Congo refusant de délivrer à Mme B C et aux enfants F K, L K, G K, H K et O A K des visas de long séjour au titre de la réunification familiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Si les requérants soutiennent que la décision implicite née du silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur le recours formé contre les décisions de refus de visa est dépourvue de motivation en dépit de la présentation d'une demande de communication de ses motifs, la décision explicite du 29 juin 2022 s'est substituée à cette décision implicite de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.

3. Il ressort de la lecture de la décision du 29 juin 2022 que la commission a rejeté le recours formé contre la décision de refus de délivrance d'un visa à Mme B C et aux enfants F K, L K, G K, H K et O A K aux motifs, s'agissant de Mme B C, que le lien familial allégué avec M. K Q ne correspondait pas à l'un des cas lui permettant d'obtenir un visa dans le cadre de la procédure de réunification familiale, et s'agissant des enfants, que leurs actes de naissance n'étaient pas conformes aux articles 57 et 92 du code de la famille congolais et qu'il n'avait pas été produit d'autorisation de sortie du territoire pour l'enfant Kiss My K.

4. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "

5. Les articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, rendus applicables à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code, ajoutent respectivement que : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ", et que : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".

6. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

7. Il n'appartient pas aux autorités administratives françaises de mettre en doute le bien-fondé d'une décision rendue par une autorité juridictionnelle étrangère, hormis le cas où le jugement produit aurait un caractère frauduleux.

En ce qui concerne le lien de filiation des enfants mineurs F K, L K, G K, H K et O A K avec le requérant :

8. Les requérants joignent à leurs écritures un acte de notoriété supplétif à un acte de naissance et une ordonnance d'homologation de cet acte, datée du 18 mai 2021, d'après lesquels Mme E B C est née le 6 décembre 1984. Ils produisent également un jugement supplétif d'acte de naissance commun aux enfants F K, L K, G K et H K, rendu par le tribunal pour enfants de N I le 10 décembre 2019, un certificat de non-appel concernant ce jugement, ainsi que quatre actes de naissance établis en transcription de ce jugement supplétif le 24 mars 2020 et quatre copies intégrales d'actes de naissance d'après lesquels ces quatre enfants sont nés respectivement le 30 juillet 2004, le 6 janvier 2007, le 16 juillet 2009 et le 30 mai 2011 de l'union de M. K Q avec Mme B C. Sont également versés à l'instance les passeports des quatre enfants comportant des nom, prénoms et dates de naissance identiques à ceux figurant dans les autres pièces. S'agissant de l'enfant Kiss My K, les requérants versent au dossier un autre jugement supplétif d'acte de naissance daté du 10 décembre 2019, du tribunal pour enfants de N I, d'après lequel Kiss My K est né le 18 mai 2013 de l'union de M. K Q et de Mme M J. Les intéressés produisent en outre un certificat de non appel concernant ce jugement, l'acte de transcription du jugement, daté du 24 mars 2020, et le passeport de l'enfant Kiss My K.

9. D'après l'article 57 du code de la famille congolais, invoqué par la commission dans sa décision et dont les requérants citent le contenu : " Si les personnes d'une même famille ont le même nom, elles sont tenues de s'adjoindre des éléments complémentaires différents ". Les requérants citent également l'article 56 du même code, qui dispose : " Tout congolais est désigné par un nom composé d'un ou de plusieurs éléments qui servent à l'identifier. / Le prénom, le nom et le postnom constituent les éléments du nom. / L'ordre de déclaration des éléments du nom et leur orthographe sont immuables. ". Le ministre cite quant à lui dans ses écritures en défense les dispositions de l'article 61 du même code, d'après lesquelles : " Dans le cas où l'un des parents transmet son nom à l'enfant, il est tenu, selon le cas, de lui adjoindre, au moins, un élément complémentaire différent du sien ". Si le ministre considère qu'en donnant à l'ensemble de ses enfants allégués le nom K, le requérant a méconnu ces dispositions, il résulte des dispositions précitées que la loi congolaise inclut dans le " nom " les prénom, nom et postnom, et se borne à exiger que les membres d'une même famille n'aient pas à la fois les mêmes prénom, nom et postnom. En l'espèce, les enfants allégués du requérant ayant le même nom mais des prénoms différents, les requérants sont bien fondés à soutenir que leurs documents d'état civil ne méconnaissent pas les articles 57 et 61 du code de la famille congolais. La commission et le ministre ne soulevant pas d'autres irrégularités à l'encontre des documents produits par les requérants, les jugements produits ne peuvent être regardés comme étant entachés de fraude, ni les actes dressés en transcription comme étant dépourvus de caractère probant. M. K Q et Mme B C sont bien fondés à soutenir qu'en écartant le caractère probant de ces actes pour en déduire que l'identité des cinq enfants et leur lien de filiation avec M. K Q n'étaient pas établis, la commission a commis une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne le lien de concubinage allégué :

10. S'il ressort de la fiche familiale de référence complétée par M. K Q en 2017 que l'intéressé a déclaré être en situation de concubinage avec Mme B C avec laquelle il a eu quatre enfants nés entre 2004 et 2011, il ressort des pièces du dossier que M. K Q s'est déclaré célibataire et a présenté Mme B C comme une ex-concubine lors de son entretien de demandeur d'asile du 18 octobre 2016 et que l'enfant Kiss My K est né en 2013 de sa relation avec Mme J. Au surplus, que M. K a eu un enfant d'une autre union né en France le 31 décembre 2020. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme démontrant l'existence, avant l'introduction de sa demande d'asile en 2016, d'une vie commune suffisamment stable et continue avec Mme B C au sens du 2° de l'article L. 561-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir qu'en confirmant le refus de visa opposé à Mme B C au motif de son inéligibilité à la réunification familiale, la commission aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de cet article.

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

12. En l'absence de justification du lien de concubinage entre M. K Q et Mme B C, cette dernière ne disposant d'aucun droit à la réunification familiale justifiant qu'un visa d'entrée en France lui soit délivré, les requérants ne démontrent pas qu'il serait dans l'intérêt des enfants F K, L K, G K et H K, nés respectivement en 2004, 2007, 2009 et 2011, et vivant en République démocratique du Congo avec leur mère, de quitter leur pays sans elle pour retrouver leur père en France. Le moyen de la requête tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, s'agissant de ces quatre enfants, doit dès lors être écarté.

13. Pour les mêmes motifs, le moyen de la requête tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par la décision attaquée, en tant qu'elle concerne Mme B C et ses quatre enfants, doit être écarté.

14. Il résulte de l'instruction que le motif tiré de l'absence de preuve du concubinage entre M. K Q et Mme B C justifiait, à lui seul, le rejet par la commission du recours formé contre la décision refusant à Mme B C la délivrance d'un visa de long séjour.

En ce qui concerne la situation de l'enfant Kiss My K :

15. En ce qui concerne l'enfant Kiss My K, M. K Q produit un jugement du tribunal pour enfants de N I du 18 septembre 2019 rendu sur requête de Mme M J, prononçant la délégation de l'exercice de l'autorité parentale sur l'enfant Kiss My K à M. K Q. Si la commission relève l'absence d'un acte autorisant l'enfant à sortir du territoire, les requérants joignent à leur mémoire en réplique du 25 août 2022 un document signé par Mme J le 20 mai 2022, dont la signature apparaît légalisée par acte notarié, d'après lequel l'intéressée a autorisé son fils O A K à rejoindre M. K Q dans le cadre de la procédure de réunification familiale. Par suite, compte tenu de ces pièces, les requérants sont bien fondés à soutenir qu'en rejetant leur recours, en tant que celui-ci concernait le refus de visa opposé à l'enfant Kiss My K, la commission a porté une atteinte excessive à l'intérêt supérieur de l'enfant Kiss My K.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision du 29 juin 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en tant que celle-ci rejette le recours formé contre la décision refusant la délivrance d'un visa aux enfants F K, L K, G K, H K et O A K.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à l'enfant Kiss My K le visa de long séjour sollicité et de faire réexaminer les demandes de visa des enfants F K, L K, G K et H K. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer le visa et de faire procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 200 euros à verser aux requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 29 juin 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à l'enfant Kiss My K les visas de long séjour sollicités et de faire réexaminer les demandes de visas des enfants F K, L K, G K et H K dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera aux requérants une somme globale de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B C, à M. D K Q et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 mars 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Roncière, première conseillère,

Mme Chatal, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLa greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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