LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208611

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208611

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSEGUIN & KONRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 juin 2022 et le 9 février 2023, M. F D et Mme C G, agissant en leur nom et au nom de l'enfant mineur B F D, Mme A F D et M. E F D, représentés par Me Seguin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours, réceptionné le 4 avril 2022, contre les décisions de l'autorité diplomatique française en Ethiopie refusant de délivrer à Mme C G, à Mme A F D, à M. E F D et à l'enfant Saron F D des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer les visas de long séjour sollicités dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative une expertise à fin d'examen comparatif des empreintes génétiques de M. D et des trois enfants ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à leur avocat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'une erreur d'interprétation de la règle de droit en tant qu'elle se fonde sur le fait que M. D constituerait une menace pour l'ordre public ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public ;

- la décision porte une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît les articles 3-1 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par décision du 24 août 2022, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a admis M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chatal, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. F D, ressortissant érythréen né en 1981, titulaire du statut de réfugié reconnu par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 septembre 2015, soutient être marié avec Mme C G et être le père de leurs enfants A F D, E F D et B F D, nés respectivement en 2001, 2004 et 2006. Par leur requête, M. D, Mme G, Mme F D et M. F D demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française en Ethiopie refusant de délivrer à Mme G et aux trois enfants allégués du couple des visas de long séjour au titre de la réunification familiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des écritures en défense du ministre de l'intérieur que la commission est réputée avoir rejeté le recours formé devant elle au motif que la présence en France de M. D représente une menace pour l'ordre public et que l'identité des demandeurs de visa n'est pas suffisamment établie.

3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial d'un conjoint ou des enfants d'une personne admise à la qualité de réfugié ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public.

4. Il ressort de la lecture des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu permettre à l'autorité administrative de refuser la délivrance d'un visa au membre de la famille d'un ressortissant étranger bénéficiant du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire au motif que, malgré la protection accordée et le titre de séjour délivré à l'étranger, la présence en France de ce dernier constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen de la requête tiré de l'erreur d'interprétation de la règle de droit entachant la décision attaquée, en tant qu'elle se fonde sur la menace à l'ordre public que constituerait la présence en France de M. D, doit être écarté.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été condamné le 9 janvier 2018 par le tribunal de grande instance de Paris à une peine de deux ans d'emprisonnement et à une amende de 10 000 euros pour des faits d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France et dans un Etat partie à la convention Schengen, commis en 2014, 2015 et jusqu'au 3 novembre 2015. Après émission d'un mandat d'arrêt le 9 janvier 2018, l'intéressé a été écroué le 26 juillet 2018 et libéré le 11 septembre 2019 avec placement sous surveillance électronique. Eu égard à la gravité des faits pour lesquels M. D a été condamné, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en opposant l'existence d'une menace à l'ordre public constituée par la présence en France de M. D, la commission aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

7. L'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. " L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

8. Les requérants produisent quatre certificats de naissance rédigés en anglais, et leur traduction en français, tous émis le 14 mars 2017, par le bureau d'état civil de " Mendefera Sub Zone " pour celui concernant Mme C G qui est déclarée née à Areza en 1983, et par le bureau d'état civil de la municipalité d'Asmara pour ceux concernant les enfants A, E et B F D qui sont déclarés nés à Azen en 2001, 2004 et 2006. Il ressort de ces pièces que les déclarations ont été enregistrées plusieurs années après les naissances et que les localités d'enregistrement des naissances ne sont pas désignées de façon identique aux lieux de naissance. Il ressort par ailleurs des pièces jointes au mémoire en défense du ministre que d'autres exemplaires de certificats de naissance ont été produits dans le cadre des demandes de visa, portant également la date du 14 mars 2017 mais revêtus d'un emblème différent et émis par une autre municipalité. Les certificats de naissance produits par les requérants ne peuvent donc être regardés comme étant revêtus d'un caractère suffisamment probant. Le certificat de mariage, les documents émis par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations Unies et le billet d'avion de M. D pour l'Ethiopie daté du mois de janvier 2021 ne suffisent pas à établir l'identité des demandeurs de visa. Faute de démontrer l'identité des demandeurs de visas, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en rejetant le recours formé contre les décisions de refus de visa, la commission aurait porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale au sens des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. Pour les mêmes motifs, le moyen de la requête tiré de la méconnaissance par la décision litigieuse de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des stipulations de l'article 10 de cette convention qui ne sont relatives qu'au droit de quitter son pays d'origine et d'y retourner.

10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'ordonner la mesure d'expertise avant-dire-droit sollicitée à titre subsidiaire par les requérants, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions de refus de visa opposées à Mme C G, à Mme A F D, à M. E F D et à l'enfant Saron F D doivent être rejetées.

Sur les conclusions accessoires :

11. Le présent jugement rejetant les conclusions principales de la requête, il y a lieu de rejeter par voie de conséquence celles tendant au prononcé d'une mesure d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D, de Mme G, de Mme F D et de M. F D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D, à Mme C G, à Mme A F D, à M. E F D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 mars 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Roncière, première conseillère,

Mme Chatal, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLa greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions