vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208638 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, M. E C, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2022 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce qu'il soit de nouveau statué sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
- les décisions n'ont pas été signées par une autorité compétente ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- le préfet de Maine-et-Loire n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- les décisions méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le délai de départ volontaire ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 août 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rosemberg,
- et les observations de Me Haji, substituant Me Kaddouri, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C, ressortissant ivoirien né le 15 janvier 1988, est entré en France le 11 août 2017 sous couvert d'un visa de court séjour à entrées multiples valable jusqu'au 5 septembre 2017. Il a sollicité auprès du préfet de Maine-et-Loire, le 28 octobre 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 juin 2022, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui résidait en France depuis près de cinq ans à la date de la décision attaquée, a noué une relation avec Mme D B, ressortissante camerounaise titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à résider sur le territoire et occupant un emploi de vendeuse dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, qui aurait débuté au mois de février 2020. Le préfet se prévaut du caractère contradictoire des explications de M. C avec les informations obtenues auprès de la caisse d'allocations familiales, Mme B s'étant, à plusieurs reprises et jusqu'au 4 mars 2022, déclarée célibataire, tandis que son ancienne compagne a déclaré résider avec lui jusqu'au mois de juillet 2020. Toutefois, alors que M. C soutient que ces déclarations résultent d'une incompréhension ou d'une omission de la part des intéressées, les documents qu'il produit, à savoir notamment les factures d'énergie, documents médicaux et courriers de l'assurance maladie envoyés à une adresse commune, permettent d'établir la réalité de la vie commune du couple depuis le mois de septembre 2020. M. C et Mme B sont en outre parents du jeune A F C, né le 6 février 2022. Le requérant, qui produit en particulier des factures d'achat d'articles de puériculture correspondant à la période de février à juin 2022, des certificats établis par le médecin gynécologue de Mme B et le médecin généraliste chargé du suivi de l'enfant ainsi qu'un relevé du livret d'épargne ouvert pour ce dernier attestant des virements réalisés avant l'intervention de la décision attaquée, justifie ainsi suffisamment de sa participation à l'éducation et à l'entretien du jeune A. Si M. C, qui n'a jamais bénéficié d'un titre de séjour l'autorisant à travailler en France, ne justifie pas, malgré la production d'une promesse d'embauche en tant que serveur et le projet d'acquisition d'un restaurant dont il fait état, d'une intégration professionnelle réalisée sur le territoire, il établit par ailleurs, par la production d'attestations circonstanciées, s'investir activement, à titre bénévole, au sein de l'association Les Restaurants du cœur depuis le mois d'avril 2020, et avoir développé un ensemble de relations personnelles et amicales. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, M. C est ainsi fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de Maine-et-Loire a porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle fixant son pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement, implique nécessairement, eu égard au motif sur lequel il se fonde pour prononcer l'annulation de l'arrêté contesté, qu'un titre de séjour soit délivré à M. C. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder à la délivrance de ce titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Kaddouri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de celui-ci la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 22 juin 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Maine-et-Loire de délivrer à M. C un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Kaddouri, avocat de M. C, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Kaddouri renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 juin 2023.
La rapporteure,
V. ROSEMBERG
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026