mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208727 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP RENNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 juillet 2022, le 26 août 2022, le 30 mai 2023 et le 25 avril 2024, Mme K B née C, Mme D I née C, Mme J F née E et M. H A, représentés par Me Eveno, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 mai 2022 par laquelle la maire d'Herbignac a refusé de faire droit à la demande des requérants tendant au respect de ses obligations contractuelles ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Herbignac de prendre une nouvelle décision en exécution et conformément aux actes d'échanges signés par elle le 28 décembre 2012, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Herbignac le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la juridiction administrative est compétente pour en connaître ;
- par des actes notariés du 28 décembre 2012, ils ont échangé des parcelles leur appartenant avec des parcelles appartenant à la commune d'Herbignac ;
- ces actes d'échange ont prévu en conditions particulières que la commune devait procéder à la création d'une voie publique pour desservir les parcelles XS 469, 471, 482 et 484 ;
- il a été demandé à la commune d'Herbignac de créer cette voie, de procéder à son aménagement en réalisant un empierrement et un revêtement et de mettre en place les réseaux d'adduction d'eau, de distribution d'électricité et de téléphone au droit du terrain, au moyen d'une tranchée sur la nouvelle voie ;
- par une décision du 5 mai 2022, la maire d'Herbignac a refusé de faire droit à cette demande ;
- la créance n'est pas prescrite ;
- la commune est obligée d'exécuter ses obligations contractuelles et rien ne justifie qu'elle puisse désormais porter atteinte aux stipulations des actes d'échanges du 28 décembre 2012 en renonçant à exécuter les conditions particulières inscrites aux actes ;
- la méconnaissance par la commune de ses obligations contractuelles a des conséquences pour les propriétaires des parcelles riveraines du secteur et conduit à la délivrance de certificats d'urbanisme négatifs en zone UB du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, la commune d'Herbignac, représentée par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour en connaître ;
- les prétentions des requérants sont tardives ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour en connaître, dès lors que les actes authentiques d'échange du 28 décembre 2012 ne sont pas des contrats administratifs, et un délai leur a été fixé pour présenter leurs observations sur le moyen ainsi communiqué.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Krawczyk, substituant Me Eveno, avocat des requérants,
- les observations de Me Bardoul, substituant Me Lahalle, avocat de la commune d'Herbignac.
Considérant ce qui suit :
1. Par des actes authentiques de mutation immobilière du 28 décembre 2012, Mme B, née C, Mme I, née C, Mme F née E et M. A ont, avec la commune d'Herbignac, procédé aux échanges entre la parcelle cadastrée section XS n° 480 et celle cadastrée section XS n° 474, les parcelles cadastrées section XS n° 470 et n° 483 et celle cadastrée section XS n° 473, la parcelle cadastrée section XS n° 467 et celle cadastrée section XS n° 298, ainsi que la parcelle cadastrée section XS n° 477 et celle cadastrée section XS n° 472.
2. Ces actes authentiques de mutation immobilière comportent, au titre de l'exposé de leurs conditions particulières, des stipulations selon lesquelles " Le Notaire soussigné rappelle aux parties que préalablement aux présentes, Monsieur G L, Maire de la commune d'Herbignac, s'était engagé pour le compte de sa commune, afin d'assurer la constructibilité " de parcelles restant appartenir à Mesdames I et B, à Monsieur et Madame A/Sédillot ou à Mme F née E " : / à créer une voie pour desservir ces parcelles. Cette future voie sera aménagée par la Commune (empierrement et revêtement). / - à mettre en place les réseaux d'adduction d'eau, de distribution d'électricité et de téléphone au droit des terrains, au moyen d'une tranchée qui sera réalisée sur l'emprise de la nouvelle voie, / () ".
3. Le 25 avril 2022, Mme C épouse I a fait sommation à la commune d'Herbignac d'avoir à créer la voie mentionnée par les stipulations citées au point 2 ci-dessus, à procéder à son aménagement en réalisant un empierrement et un revêtement, ainsi qu'à mettre en place les réseaux d'adduction d'eau, de distribution d'électricité et de téléphone au droit des terrains, au moyen d'une tranchée sur la nouvelle voie. Par une décision du 5 mai 2022, la maire d'Herbignac a rejeté de cette demande.
4. Les consorts B demandent au tribunal d'annuler cette décision du 5 mai 2022 et d'enjoindre à la commune d'Herbignac de prendre une nouvelle décision, conforme aux actes d'échange du 28 décembre 2012.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
5. Les requérants, qui demandent au tribunal d'annuler une décision de la maire d'Herbignac rejetant une demande tendant, selon eux, au respect des obligations contractuelles stipulées par les actes d'échange du 28 décembre 2012 et d'enjoindre à cette commune de prendre une nouvelle décision en exécution de ces actes d'échange et conformes à ces derniers, saisissent par conséquent le tribunal d'une action relative à l'exécution de ces contrats.
6. Les actes d'échange du 28 décembre 2012 n'emportent aucune occupation du domaine public de la commune d'Herbignac. Ils ne sauraient être regardés, en eux-mêmes, comme des contrats relatifs à des travaux publics. Ils n'ont pas pour objet l'exécution d'un service public, ni la participation des parties privées à ces contrats à une telle exécution. Ils ne comportent aucune clause qui implique, dans l'intérêt général, qu'ils relèvent du régime exorbitant des contrats administratifs. A cet égard, la clause dont les requérants recherchent l'exécution ne présente pas un tel caractère, dès lors qu'elle a été stipulée dans l'intérêt et au bénéfice de propriétaires privés, afin d'assurer la constructibilité de terrains restant leur appartenir. Dès lors, ces quatre contrats de mutation immobilière sont des contrats de droit privé, mais non des contrats administratifs. La délibération du conseil municipal d'Herbignac du 14 octobre 2011, qui n'a d'autre objet que d'autoriser la signature de ces actes d'échange de parcelles, est sans influence sur la nature civile de ces contrats. Il en résulte qu'il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître des demandes relatives à leur exécution. Par conséquent, les conclusions de la requête relatives à l'exécution de ces actes d'échange échappent à la compétence de la juridiction administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Herbignac, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par cette commune au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B et autres aux fins d'annulation et d'injonction sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Herbignac au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme K B, née C, représentante unique des requérants et à la commune d'Herbignac.
Délibéré après l'audience du 14 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
Le président-rapporteur,
A. DURUP DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. THOMAS
La greffière,
S. LE DUFF
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026