LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208759

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208759

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPICARDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Picarda, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 mai 2022 par laquelle la directrice du centre pénitentiaire de Nantes a retiré de manière définitive à Mme A le permis de visite qui lui avait été délivré le 10 décembre 2021 pour rendre visite à M. B, écroué au Quartier Centre de détention à Nantes, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond ;

2°) d'enjoindre à la directrice du centre pénitentiaire de Nantes de réexaminer la demande de permis de visite de Mme A, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision attaquée fait obstacle au maintien des liens affectifs avec son compagnon, avec lequel elle entretient une relation amoureuse depuis le mois de septembre 2020 et auquel elle rend régulièrement visite, à raison de deux fois par semaine, depuis le mois de décembre 2021 ; en outre, la décision l'empêche de lui apporter le soutien indispensable dont il a besoin, notamment pour lui apporter du linge propre et pour faire le relais avec son conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation ;

- plusieurs moyens sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

* la directrice du centre pénitentiaire n'avait pas de compétence en vertu de l'article R. 341-14 du code pénitentiaire pour lui retirer le permis de visite qu'elle lui avait accordé, dès lors que le retrait n'est pas intervenu à la suite d'un incident ;

* la directrice de l'établissement n'était pas davantage compétente pour retirer le permis de visite dont elle bénéficiait en vertu de l'article L. 341-5 du code pénitentiaire, puisqu'en sa qualité de prévenu, seul le juge judiciaire pouvait procéder à ce retrait ;

* la signataire de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature à l'effet de signer la décision attaquée ;

* la décision attaquée est insuffisamment motivée ; cette motivation révèle un défaut d'examen sérieux de la situation ;

* la procédure contradictoire n'a pas été respectée, dès lors qu'elle n'a pas été mise en mesure de faire valoir oralement ses observations avant l'intervention de la décision ;

* la procédure contradictoire a également été méconnue au motif qu'aucun élément de procédure n'a été communiqué malgré la demande qu'elle a présenté en ce sens, et que les éléments de sécurité sur lesquels est fondée la décision attaquée n'ont pas été portés à sa connaissance ;

* les faits qui ont fondé la décision, de trafic d'héroïne au sein de l'établissement, ne sont pas suffisamment établis ;

* la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard de l'article D. 221-1 du code pénitentiaire dès lors que les faits de trafic d'héroïne ne se sont pas déroulés au sein de l'établissement pénitentiaire ; en outre, l'article D. 403 du code de procédure pénale n'est pas applicable, dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'entrer en relation avec son compagnon dans le cadre de l'affaire dont il est fait état ;

* la décision est disproportionnée au regard des faits reprochés ;

* elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard aux liens qui l'unit à son compagnon et au soutien qu'elle apporte à ce dernier, indispensable à sa réinsertion, et compte tenu de ses problèmes de santé ;

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence, qui doit s'apprécier concrètement, objectivement et globalement, n'est pas satisfaite, dans la mesure où elle ne préjudicie pas de manière suffisamment grave à la situation de Mme A, qui n'établit pas la relation amoureuse dont elle se prévaut avec M. B, et qui a toujours la possibilité de lui communiquer avec lui par correspondance, alors que si elle ne communique pas avec lui par téléphone, c'est uniquement parce que M. B n'a pas demandé que son numéro soit enregistré ; en outre, l'exécution du retrait de permis de visite répond à une nécessité de maintien de l'ordre public, et donc à un intérêt public, dès lors que Mme A est renvoyée le 10 octobre 2022 devant le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants, en l'espèce d'héroïne, dans laquelle est également impliqué M. B, soupçonné d'être à la tête de ce trafic depuis le centre de détention de Nantes, depuis que de l'héroïne a été retrouvée dans sa cellule en avril dernier ;

- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée et sollicite du juge des référés qu'il substitue aux articles D. 265, alinéa 1er, D. 403 et R. 57-8-10 du code de procédure pénale et à l'article 35 de a loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 alors applicables, les dispositions des articles D. 221-1, R. 341-1 et suivants ainsi que l'article L. 341-7 du code pénitentiaire, en vigueur depuis le 1er mai 2022 :

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée le 8 juillet 2022 sous le numéro 2209370 par laquelle Mme A demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code pénitentiaire ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lellouch, première conseillère, pour statuer sur le demandes en référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juillet 2022 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Lellouch, juge des référés ;

- les observations de Me Picarda, avocate de la requérante, et celles de Mme A, elle-même, qui fait valoir qu'elle fait tout pour préparer sa réinsertion, qu'ils ont besoin de se voir, qu'elle a des problèmes de santé et qu'elle est pour l'instant présumée innocente.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Par note en délibéré, enregistrée le 22 juillet 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, informe le tribunal que M. B a été convoqué devant le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon dans le cadre de la même affaire de trafic de stupéfiants que celle impliquant la requérante.

Par note en délibéré, enregistrée le 25 juillet 2022, Mme A, représentée par Me Picarda qui informe le tribunal que la perquisition de la cellule de M. B le 12 avril 2022 a donné lieu à la découverte non d'héroïne, mais d'un téléphone portable.

La clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2022 à 17 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision notifiée par courrier du 13 mai 2022, la directrice du centre pénitentiaire de Nantes a retiré de manière définitive le permis de visite accordé à Mme A afin de rendre visite à son compagnon écroué au Quartier Centre de détention de Nantes. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".

L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée. L'urgence doit être appréciée objectivement et globalement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire et des divers intérêts en présence, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Un retrait de permis de visite d'un détenu constitue une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire ou, le cas échéant, la prévention des infractions. Eu égard à l'objet de cette mesure, ce retrait ne saurait, par lui-même, créer une situation d'urgence et dispenser le juge des référés d'apprécier concrètement ses effets sur la situation du requérant, pour vérifier qu'est satisfaite la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Afin de justifier de la condition d'urgence, Mme A fait valoir la relation sentimentale qu'elle entretient avec M. B, le soutien qu'ils s'apportent mutuellement grâce aux visites régulières qu'elle lui rend, et le fait qu'elle est à ce jour présumée innocente. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme A est convoquée le 10 octobre 2022 devant le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon pour des faits d'acquisition, transport, détention, offre ou cession de produits stupéfiants, en l'espèce de l'héroïne, d'août 2021 au 11 avril 2022, en Vendée et en Loire-Atlantique, dans une affaire impliquant également M. B convoquée le même jour devant le tribunal correctionnel, alors que ce dernier est écroué depuis le 31 mars 2021 à la suite de sa condamnation à cinq ans d'emprisonnement pour des faits de même nature. En outre, si Mme A a effectivement rendu visite toutes les fins de semaine à M. B entre décembre 2021 et avril 2022, il résulte de l'instruction que la fiche pénale du détenu mentionne la mère de ses enfants comme étant la seule personne à prévenir, que cette dernière rend visite chaque mois à M. B avec leur fils depuis avril 2021, et qu'elle est la seule personne dont le numéro de téléphone figure dans la liste des contacts téléphoniques du détenu. Au terme d'une appréciation concrète, objective et globale des différents intérêts en présence, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie à la date de la présente ordonnance.

5. L'une des conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas satisfaite, les conclusions à fin de suspension présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, ainsi que la demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Picarda.

Copie sera, en outre, adressée au centre pénitentiaire de Nantes.

Fait à Nantes, le 27 juillet 202La juge des référés,

J. LELLOUCH La greffière,

M.-C. MINARD

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions