vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MEIER-BOURDEAU LECUYER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, complétée de pièces, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 6, 18 et 20 juillet 2022, le syndicat CGT des Cheminots actifs et retraités de Nantes, représenté par son secrétaire général, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de la société SNCF Réseau de fermer la section de la ligne ferroviaire n° 514300 dite ligne de raccordement des deux gares Nantes-Etat et Nantes-Orléans comprise entre les points kilométriques 4.825 et 5.236 à compter du 1er juillet 2022 ; d'enjoindre, en conséquence, à la société SNCF Réseau l'arrêt des travaux de dépose de cette section de ligne, sous astreinte ;
3°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la société SNCF Réseau l'arrêt des travaux de dépose sur la ligne ferroviaire n° 514300 entre les points kilométriques 4.805 et 4.825 ;
4°) de prononcer, sur le fondement des articles L. 911-3 et L. 911-6 du code de justice administrative, une astreinte définitive en cas de non-exécution de la décision du tribunal.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir pour demander la suspension des travaux sur la section de ligne considérée eu égard à son objet social, dès lors notamment que la fermeture de la section de ligne en litige porte atteinte à l'intérêt collectif des cheminots de Nantes compte tenu de la situation actuelle de ligne officiellement surchargée, de la saturation à venir de la gare de Nantes et de l'impossibilité d'augmenter suffisamment l'offre ferroviaire pour satisfaire les besoins ;
- la requête en référé suspension a bien été accompagnée d'une requête au principal jointe au présent recours ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux sont engagés ; l'intérêt général devrait être de permettre la mise en œuvre des projets de Nantes Métropole et donc de permettre la réalisation du projet de halte ferroviaire ; l'exécution de la décision attaquée porte atteinte aux intérêts généraux des habitants ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la portion de ligne n'a fait l'objet d'aucune fermeture de ligne, contrairement à ce que prévoit l'article 22 du décret 97-444 du 5 mai 1997 relatif aux missions de SCNF Réseau ;
* le dossier de fermeture de la section de ligne considérée, établi en décembre 2020, est totalement muet sur l'objectif de création de la halte ferroviaire et la consultation ignore totalement ce point ;
* la motivation de la décision de fermeture de la section de ligne considérée en date du 13 juillet 2022 n'est pas conforme au plan de déplacement en urbain de Nantes métropole en vigueur ;
- les travaux sur la section de ligne comprise entre les points kilométriques 4.805 et 4.825 ne peuvent avoir lieu en l'absence de décision de fermeture sur cette section de la ligne considérée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 et 21 juillet 2022, la société SNCF Réseau, représentée par Me Lecuyer, conclut au rejet de la requête et demande au juge des référés de mettre à la charge du syndicat requérant une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le syndicat ne justifie pas d'un intérêt pour agir pour solliciter la suspension des travaux et pour contester la décision de fermeture eu égard à son objet social ;
- la requête doit être analysée en un référé mesures-utiles dont le régime est régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dès lors qu'il a été introduit avant l'intervention de la décision de fermeture de la section de ligne, et qu'il tend à la suspension ou à l'arrêt des travaux :
* l'existence de la décision de fermeture de la section de ligne, intervenue en cours d'instance, fait obstacle à la mesure sollicitée de suspension des travaux ;
* la condition d'urgence n'est pas satisfaite puisque le syndicat ne justifie pas que les travaux ayant pour objet la dépose des voies aient débuté, les travaux entrepris sur la ligne en cause n'étant que des travaux préparatoires et de sécurisation des installations existantes, dans la perspective du transfert de la gare, mais n'ont pas pour objet le démantèlement de la voie ferrée ; il n'y a en conséquence aucune urgence à interrompre des travaux qui n'ont pas pour objet la dépose de la voie ;
* il existe une contestation sérieuse faisant obstacle à une mesure générale d'interdiction des travaux, dès lors que les travaux menés en amont du point kilométrique 4.805 ne concernent pas la demande d'arrêt des travaux sollicitée par le syndicat requérant et que les travaux concernant en partie la section de ligne en litige sont des travaux de sécurisation des travaux à venir mais non des travaux de dépose portant atteinte à la structure de la voie ;
- à supposer que la requête puisse s'analyser en un référé-suspension fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
* la requête serait irrecevable dès lors qu'il n'existe pas de décision de fermeture de ligne sur le linéaire considéré entre les points kilométriques 4.805 et 5.236 ;
* la requête serait irrecevable, à défaut de dépôt d'un recours au principal et de sa production exigés par l'article R. 522-1 du code de justice administrative ;
* la requête serait irrecevable pour défaut d'intérêt à agir du syndicat requérant ;
* en tout état de cause, la condition d'urgence n'est pas satisfaite, dès lors qu'il n'est pas établi que les travaux ayant pour objet la dépose des voies seraient en cours, le requérant se bornant à produire une consigne de service ayant pour objet de préciser les mesures à prendre pour les travaux de mise hors service de la ligne Nantes-Etat ainsi que des photographies non explicites ; il s'agit seulement de travaux préparatoires d'intervention sur les installations électriques et de signalisation, dans la perspective de transfert de la gare qui n'ont pas pour objet le démantèlement de la voie ; l'exécution de la décision de fermeture ne porte pas d'atteinte grave et immédiate à des intérêts particuliers ou généraux alors qu'il apparaît au contraire urgent de libérer l'emprise en vue de sa cession à Nantes Métropole pour permettre la réalisation d'un projet d'intérêt général ;
* il n'est fait état d'aucun moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de fermeture en ce qu'il ne prendrait pas en compte le projet de réalisation d'une gare terminus à l'ouest de l'île de Nantes, outre qu'il est inopérant, manque en fait ; en tout état de cause, ce projet demeure réalisable.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 6 juillet 2022 sous le numéro 2208729.
Vu :
- le code des transports ;
- le décret n° 97-444 du 5 mai 1997 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lellouch, première conseillère, pour statuer sur le demandes en référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juillet 2022 à 14 heures 00 :
- le rapport de Mme Lellouch, juge des référés, qui a informé à l'audience les parties qu'elle était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions présentées simultanément sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dès lors qu'il résulte des dispositions du titre II du livre V que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 ;
- les observations de MM. Pleyber et Boumier, représentant le syndicat requérant, font valoir que l'objet social du syndicat, qui est notamment d'agir dans la vie sociale et économique, lui confère un intérêt suffisant pour agir contre la fermeture de la portion de ligne et porte également atteinte aux intérêts des cheminots à raison de la surcharge de circulation dans le futur et du transfert des infrastructures et sur le fond, ils insistent sur le moyen tiré de ce que le dossier de fermeture ne fait pas apparaître le projet de Nantes Métropole de création d'un terminus à l'ouest de la ville de Nantes alors que la fermeture de la portion de ligne en litige ne permet pas sa création ; la consultation est incomplète puisqu'elle n'aborde pas ce point ;
Le syndicat requérant indique maintenir ses conclusions présentées simultanément sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de justice administrative malgré le moyen d'ordre public soulevé d'office par la juge des référés à l'audience ;
- et les observations de Me Lecuyer, représentant la société SNCF Réseau, qui maintient les fins de non-recevoir opposées dans les mémoires en défense notamment celle tirée du défaut d'intérêt à agir du syndicat à l'encontre d'une décision de gestion qui appartient à SNCF Réseau, et soutient à titre subsidiaire sur le fond que le syndicat n'apporte pas la preuve que la réalisation de la halte ferroviaire serait matériellement impossible et fait valoir que le plan de développement urbain ne peut être utilement invoqué pour contester la légalité de la décision de fermeture ; Me Lecuyer réaffirme que les travaux réalisés ne portent aucunement atteinte à la structure de la voie.
La clôture de l'instruction a été différée le 22 juillet 2022 à 8 heures.
Des pièces, enregistrées le 21 juillet 2022, ont été présentées pour le syndicat requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat CGT des cheminots actifs et retraités de Nantes demande au juge des référés, d'une part, d'ordonner sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 juillet 2022 portant fermeture de la section de ligne n° 514300 entre les points kilométriques 4.825 et 5.236, intervenue en cours d'instance, et d'enjoindre à la société SNCF Réseau d'arrêter les travaux de dépose de cette section de ligne, et d'autre part, d'enjoindre à la société SNCF Réseau, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'arrêt des travaux sur la portion de ligne non couverte par la décision de fermeture comprise entre les points kilométriques 4.805 et 4.825.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tel que récapitulés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraissent propres à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense et sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par le syndicat requérant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction y afférentes.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
5. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et en particulier des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 521-3, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 ou sur celui de l'article L. 521-3. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de ces dernières dispositions, qui ne peuvent pas être présentées simultanément dans une même requête, doivent être rejetées pour irrecevabilité.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme réclamée par la société SNCF Réseau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête du syndicat CGT des cheminots actifs et retraités de Nantes est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la société SNCF Réseau tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat CGT des cheminots actifs et retraités de Nantes, à la société SNCF Réseau et à Me Lecuyer.
Fait à Nantes, le 29 juillet 2022.
La juge des référés,
J. Lellouch La greffière,
M.-C. Minard
La République mande et ordonne au ministre chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026