mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208831 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MAILLANCOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2022, Mme F E et M. A C, représentés par Me Maillancourt, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner les mesures nécessaires pour mettre fin aux conséquences de la décision implicite, née le 27 juin 2022, par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Annaba et Constantine refusant de délivrer un visa de long séjour " kafala " à l'enfant Youssouf D B ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer à l'enfant un visa de long séjour ;
3°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard s'il n'est pas justifié de l'exécution de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'autorité parentale sur l'enfant D, âgé de près de six mois, leur a été confiée par un jugement de kafala ; du fait du refus opposé à leur demande de visa pour cet enfant, celui-ci a été confié à une nourrice contre une rémunération de 1 000 euros par mois ; l'isolement total de l'enfant démontre que la condition d'urgence est remplie ;
- le refus de délivrer un visa à l'enfant D porte une atteinte manifestement illégale à leur droit fondamental au respect de leur vie privée et familiale ; la kafala est directement applicable en France, sans qu'il soit nécessaire d'en demander l'exequatur ; les autorités algériennes ont délivré à D une autorisation de quitter le territoire algérien en leur compagnie ; cet enfant, né sous X, n'a aucune famille en Algérie ; l'intérêt supérieur de l'enfant commande qu'il puisse vivre avec eux, qui sont délégataires de l'autorité parentale sur lui et les seules personnes à pouvoir veiller sur lui ; ainsi, le refus de visa attaqué apparaît contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, et son épouse, Mme E, de nationalité française, qui résident en Savoie, se sont vu confier, par un acte de kafala signé le 23 mars 2022 par le chef de la section des affaires familiales du tribunal de Ferdijoua, le recueil légal de l'enfant mineur G D B, né le 11 décembre 2021, de nationalité algérienne. Une demande de visa d'entrée et de long séjour a été présentée sur ce fondement au profit de l'enfant auprès de l'autorité consulaire française à Annaba et Constantine le 2 avril 2022, laquelle a refusé de faire droit à cette demande par décision du 5 avril 2022 au motif que les conditions d'accueil de l'enfant en France étaient contraires à son intérêt supérieur. M. C et Mme E ont formé le 25 avril 2022, par l'intermédiaire de leur avocate, contre cette décision, un recours préalable auprès de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, laquelle, en s'abstenant de statuer sur ce recours, l'a implicitement rejeté le 27 juin 2022. Par la présente requête, M. C et Mme E demandent au tribunal d'annuler cette dernière décision de la commission de recours.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
4. Sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d'entrée en France ne constitue pas une situation d'urgence caractérisée rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.
5. M. C et Mme E, pour démontrer l'existence d'une situation d'urgence caractérisée, font valoir qu'alors qu'ils sont dépositaires de l'autorité parentale sur le jeune D, en vertu d'une décision judiciaire applicable de plein droit en France, l'enfant, âgé de six mois, né sous X, se trouve complètement isolé, sans famille, en Algérie. Toutefois, ils précisent que l'enfant est confié à une nourrice, dans l'attente de sa venue en France autorisée par les autorités algériennes. Ainsi, les circonstances que les requérants relatent et les documents qu'ils produisent ne suffisent pas à établir l'existence d'une situation d'extrême urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F E et M. A C.
Fait à Nantes, le 13 juillet 2022.
Le juge des référés,
L. MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2208831
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026