lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 juillet et 4 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'ambassade de France en République démocratique du Congo refusant de lui délivrer un visa dit " de retour " en France ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à titre principal, de faire délivrer le visa sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire procéder au réexamen de la demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Bourgeois en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa demande ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne son droit au séjour ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne, d'une part, la menace à l'ordre public ou à la sécurité publique qu'il représenterait et, d'autre part, son identité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convent ion internationale relative au droit de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique du 6 mars 2023.
- le rapport de Mme D, rapporteuse,
- les conclusions de M. Barès, rapporteur public,
- les observations de Me Thullier, substituant Me Bourgeois, avocat du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) résidait régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 20 février 2020. Il est retourné en République démocratique du Congo au mois d'octobre 2019 et a demandé à l'autorité consulaire de l'ambassade de France, le 3 décembre 2020, la délivrance d'un visa dit " de retour " afin de rentrer en France. Cette autorité a rejeté sa demande. Par une décision du 4 août 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cette décision du 4 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour rejeter le recours préalable formé à l'encontre de la décision consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a relevé que : " - M. A C B produit un passeport délivré le 02/03/2020 par les autorités congolaises, indiquant qu'il est né à Kinshasa le 04/04/1962, alors que M. B A C, dont la carte de séjour temporaire a expiré le 20/02/2020, s'est depuis son arrivée en France en 2002, constamment déclaré comme étant un ressortissant angolais, né à Luanda. L'identité du demandeur n'est par conséquent pas établie. Il ne justifie pas d'un droit au séjour en France et ne peut utilement solliciter un visa dit " de retour " () ".
3. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. D'une part, les discordances relevées par l'administration ne suffisent pas à remettre en cause l'identité du demandeur se présentant comme M. B A C. Le requérant explique, en effet, être né à Luanda (Angola), d'un père angolais et d'une mère congolaise, ce qu'il a toujours déclaré auprès de l'administration française. Il ajoute avoir fui le pays pendant son enfance alors qu'il ne possédait aucun document d'état civil, de sorte qu'il a pu prétendre à la nationalité congolaise, laquelle est exclusive, lors des démarches effectuées en vue d'établir son état-civil. M. C soutient, à cet égard, avoir déclaré être né à Kinshasa auprès de l'administration congolaise par crainte de se voir refuser la délivrance des documents sollicités, compte tenu de la difficulté de se voir désormais reconnaître la nationalité angolaise. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que les discordances orthographiques des prénom et nom du demandeur résultent de leur francisation. Enfin, la seule circonstance que le requérant se soit déclaré marié auprès du commissariat de Kalamu (République démocratique du Congo) au cours de ses démarches administratives, faute de pouvoir se déclarer " concubin ", ne suffit pas à remettre en cause l'identité alléguée. Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme justifiant de ce qu'il est bien M. B A C.
5. D'autre part, il est constant que M. C est entré en France en 2002 et qu'il y réside, désormais, régulièrement aux côtés de sa compagne, réfugiée congolaise, et de leurs deux enfants mineures, nées respectivement en 2007 et 2010, dont l'une a demandé sa naturalisation. Dans ces conditions, et alors que la cellule familiale ne peut se reconstituer en République Démocratique du Congo, le requérant est fondé à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. C le visa de long séjour sollicité. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de faire délivrer à l'intéressé ce visa dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Mme E, concubine du requérant, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 décembre 2022. Toutefois, elle n'est pas partie à la présente instance. Par suite, le conseil du requérant ne peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Les conclusions présentées sur ce fondement doivent donc être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 4 août 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à M. C le visa de long séjour sollicité, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Bourgeois.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Guilloteau, conseiller,
Mme Louazel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
La rapporteuse,
M. D
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026