jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BERTHET-LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2022, et un mémoire, enregistré le 23 février 2023, M. E B, représenté par Me Flora Berthet-Le Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, opposées par un arrêté du préfet de la Mayenne pris le 29 juin 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale en Mayenne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" sur le fondement, à titre principal, de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à titre subsidiaire, de l'article L. 423-23 du même code, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre, dans le même délai, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente de cette décision, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Berthet-Le Floch en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté formalisant le refus de séjour a été signé par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- il procède d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il méconnaît les articles L. 423-22 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité du refus de séjour prive de base légale l'obligation de quitter le territoire français ;
- cette mesure méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, lesquelles n'ont pas été appréciées ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de la Mayenne demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. B.
Il soutient que
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B par une décision du 30 août 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 13 avril 2023 à partir de 14h20.
Considérant ce qui suit :
1. Le requérant se présente sous l'identité de M. E B. Il indique être un ressortissant de nationalité malienne et être né le 3 mars 2003. Il est entré en France au cours du mois de juillet de l'année 2018. À compter de ce même mois, il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Mayenne. Le 3 mars 2021, il a conclu un contrat jeune majeur. Le 1er mars 2022, soit pendant la période d'exécution de ce contrat, il a saisi le préfet de la Mayenne d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale". Par un arrêté du 29 juin 2022, cette autorité a rejeté cette demande, a assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de l'intéressé en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. M. B demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation du refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".
3. L'arrêté du 29 juin 2022 formalisant le refus de séjour opposé à M. B a été signé, non par le préfet de la Mayenne, mais "pour le préfet" par M. A C en qualité de directeur de la citoyenneté à la préfecture de la Mayenne. Ce dernier bénéficiait, par arrêté de ce préfet, pris le 3 mai 2022 et publié le lendemain au recueil des actes administratifs de ce département, d'une délégation à l'effet de signer les décisions statuant sur les demandes de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation du signataire de l'arrêté à prendre une telle mesure doit être écarté.
4. En deuxième lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé, non pas de l'ensemble des éléments soumis à l'examen de l'autorité ayant pris cette décision, mais uniquement des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
5. Il ressort de la lecture de l'arrêté pris par le préfet de la Mayenne le 29 juin 2022 à l'encontre de M. B qu'il cite les dispositions citées ci-dessous de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il expose les raisons pour lesquelles il a estimé que l'intéressé ne pouvait se voir délivrer la carte de séjour temporaire sollicitée. L'arrêté énonce les éléments issus de son parcours scolaire démontrant, selon le préfet, l'absence de caractère réel et sérieux du suivi de sa formation et ceux ressortant de l'avis de la structure d'accueil concernant son insertion, de même que des données concernant la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine. Il ressort également de cet arrêté que l'autorité préfectorale a entendu remettre en cause la satisfaction, par M. B, de la condition d'âge énoncée à l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par une critique de la force probante des documents d'état civil produits. Certes, l'arrêté n'indique pas les raisons pour lesquelles le préfet de la Mayenne a retenu que ces documents n'étaient pas recevables en vertu de l'article 47 du code civil, mais cette imprécision, compte tenu notamment de la motivation globale de l'arrêté, ne suffit pas pour considérer que le refus de séjour en litige méconnaît l'obligation de motivation rappelée au point 4. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas de la motivation du refus de séjour, qui fait état des divers éléments concernant l'intéressé que le préfet de la Mayenne a retenus pour porter son appréciation sur le droit au séjour revendiqué par M. B, qu'il n'aurait pas été procédé à un examen de sa situation pour déterminer s'il pouvait se voir délivrer un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que sa situation n'aurait pas été examinée doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire (), l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance () au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an () / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil () sur son insertion dans la société française ".
8. Il ressort des termes de l'arrêté du préfet de la Mayenne du 29 juin 2022 que, pour rejeter la demande tendant à la délivrance de la carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette autorité a estimé que M. B "ne suit aucune formation et ne présente donc aucune perspective d'intégration" et qu'il "ne justifie pas également de son état civil".
9. Lorsqu'il examine une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" sur le fondement des dispositions citées au point 7, l'autorité préfectorale vérifie tout d'abord que la personne de nationalité étrangère est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire et qu'elle a été confiée, depuis qu'elle a atteint au plus l'âge de seize ans, à un service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, l'autorité préfectorale ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de la personne de nationalité étrangère, laquelle doit être appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un entier contrôle sur les motifs de refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Pour justifier qu'il remplissait la double condition d'âge inscrite au sein de cet article, M. B a notamment produit, devant les services de la préfecture de la Mayenne, un extrait d'acte de naissance délivré le 28 juin 2018 à Kalaban (Mali) faisant état de la naissance le 3 mars 2003 du jeune E B à Bamako.
11. Il résulte de l'article 47 du code civil, auquel renvoie l'article L. 811-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un tel acte, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
12. Le préfet de la Mayenne, à qui l'original du document mentionné au point 10 a été remis par M. B pour l'instruction de sa demande de titre de séjour, ne l'a pas joint à son mémoire en défense. En revanche, le requérant produit devant le tribunal le volet n° 3, qui correspond à celui remis au déclarant, de l'acte de naissance qui a été enregistré, sous le n° 287, dans les registres de l'état civil du centre principal de Sogoniko du district de Bamako le 14 mars 2003. Selon cet acte d'état civil, le jeune E B, dont l'identité des parents, leur domicile et leur profession figurent sur ce document, est né le 3 mars 2003 à Bamako. Le préfet de la Mayenne ne conteste pas la force probante de cet acte d'état civil. Dans ces conditions, le requérant, qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance à partir du mois de juillet de l'année 2018, et qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 1er mars 2022, satisfait à la double condition d'âge énoncée à l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Comme cela a été rappelé au point 9, il appartient au préfet d'apprécier de façon globale la situation de l'intéressé au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française. L'appréciation du caractère réel et sérieux du suivi d'une formation n'a d'autre but que d'identifier les perspectives d'intégration professionnelle de l'intéressé dans le cadre d'une appréciation plus globale concernant le degré d'insertion dans la société. Ainsi, en déduisant, en l'espèce, de l'absence de suivi par M. B d'une formation, que ce dernier ne présentait aucune perspective d'intégration, le préfet de la Mayenne ne lui a pas opposé le défaut de respect d'une condition ne figurant pas dans la loi et n'a dès lors pas commis l'erreur de droit, invoquée par le requérant.
14. Au titre de l'appréciation globale qui doit être portée par l'autorité préfectorale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de la formation, de la nature des liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion dans la société française, il ressort de la motivation de l'arrêté pris à l'encontre de M. B que le préfet de la Mayenne a souligné ses absences répétées et son manque d'implication et d'investissement dans sa scolarité lors des années 2018-2019 et 2019-2020, a relevé que l'intéressé est désormais déscolarisé après avoir intégré un parcours de préparation à une formation en apprentissage du 22 mars au 2 juillet 2021, qu'il n'avait aucune proposition de formation, qu'il est célibataire et sans enfant, qu'il ne démontre pas ne plus avoir de liens avec les membres de sa famille, en particulier ses parents, et ses amis restés au Mali, que la relation invoquée avec une ressortissante française est récente et que, selon le rapport des services de l'aide sociale à l'enfance du 28 février 2022, il n'a pas été en mesure de résister aux jeunes de son entourage, ce qui lui a valu plusieurs convocations au commissariat de police.
15. S'il ressort de la lecture de l'avis, établi le 28 février 2022 par le service éducatif spécialisé dans l'accompagnement de mineurs étrangers de la direction de la protection de l'enfance au sein des services du département de la Mayenne, que, bien que l'intéressé a connu des difficultés, ce service estime qu'il s'est recentré, depuis le mois de décembre de l'année 2020, sur son parcours d'insertion et qu'il l'accompagne et le soutient dans ses démarches en vue de la délivrance d'un titre de séjour sans laquelle il ne peut intégrer une formation en alternance, il ressort plus globalement des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, M. B ne justifiait d'aucune perspective sérieuse d'intégration d'une formation, après avoir mis fin, à l'issue de l'année scolaire 2019-2020, à sa scolarité en classe de seconde en vue de la préparation d'un baccalauréat professionnel dans le domaine des "métiers de l'électricité et de ses environnements connectés". Ni les stages de courte durée qu'il a pu effectuer au cours des mois de septembre à novembre de l'année 2020, ni le parcours de préparation à une formation en apprentissage au sein de la maison familiale rurale de Saint-Berthevin, au sein de laquelle il a été inscrit du 22 mars au 2 juillet 2021, ne lui ont pas davantage permis d'intégrer une formation. Certes, depuis le 16 mai 2022, M. B a intégré un dispositif de formation auprès de la Mission locale de la Mayenne, mais, à la date de la décision attaquée, qui n'est postérieure que d'un mois et demi par rapport à son entrée au sein de ce dispositif, le plan d'action, qui devait être conçu avec le conseiller référent au sein de la Mission locale de la Mayenne et qui doit avoir pour objet de mobiliser M. B pendant 15 à 20 heures par semaine autour de différentes activités utiles pour son projet d'insertion, n'avait même pas encore été défini. Dans ces conditions, quand bien même l'intéressé, qui n'a jamais connu sa mère et a été élevé par sa grand-mère désormais décédée, n'a plus de contacts avec son père resté dans son pays d'origine, le préfet de la Mayenne n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en estimant, au regard du parcours de l'intéressé qui l'a conduit à ne pas être inscrit au sein d'une formation précise à la date de la décision attaquée, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française, qu'il ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. En cinquième lieu, le préfet de la Mayenne n'était tenu d'examiner la demande de titre de séjour présentée par M. B qu'au regard du texte invoqué par l'intéressé, c'est à dire l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas de la lecture de l'arrêté pris à son encontre que cette autorité aurait décidé, comme elle avait le pouvoir de le faire, d'apprécier s'il y avait lieu d'accueillir la demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code, relatif à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" à un ressortissant étranger lorsqu'un refus de séjour porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Mayenne en ne mettant pas en œuvre cet article au bénéfice du requérant ne peut être utilement invoqué.
17. En dernier lieu, au regard de l'ensemble des éléments mentionnés au point 15 et alors que la relation que M. B a nouée avec une ressortissante française ne remonte qu'au mois de janvier de l'année 2021, le refus de séjour qui lui a été opposé ne peut être regardé comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et, par suite, comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi :
18. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 15 et 17, l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. B ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et comme méconnaissant, par suite, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa situation.
19. En dernier lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé au requérant ayant été précédemment écartés, il n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de cette décision au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français. De même, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui de ces conclusions ayant été écartés, il n'est pas davantage fondé à soutenir que l'illégalité de cette mesure d'éloignement priverait de base légale la décision fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions qui lui ont été opposées par le préfet de la Mayenne le 29 juin 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à la préfète de la Mayenne et à Me Flora Berthet-Le Floch.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
D. D
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne à la préfète de la Mayenne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026