mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 12 juillet 2022 et 22 février 2023, M. C A, représenté par Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet, en indiquant qu'il ne subvient pas aux besoins de sa famille et en lui reprochant de ne pas justifier d'une activité professionnelle, a commis une erreur de fait ; les revenus qu'il tire de son activité professionnelle lui permettent seulement de se nourrir et de se loger ; il ne peut donc contribuer à l'éducation de ses filles qui, en tout état de cause, s'assument financièrement ;
- le préfet, en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour, a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'a privé d'une garantie ; il démontre être entré en France en 2007 et il justifie, par les pièces qu'il produit, d'une présence continue en France depuis dix ans ; sa demande n'est pas abusive ; dès lors qu'il a perdu ou n'a pas conservé certains documents, il a eu recours à des attestations de personnes qui le connaissent depuis son arrivée en France ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; eu égard à sa présence en France depuis 2007 et à la qualité de son insertion, il est en droit de se voir délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ; il n'a plus de lien avec la Côte d'Ivoire et les membres de sa famille restés dans ce pays ; les filles de sa cousine qu'il a reconnues ne sont pas ses enfants biologiques ; elles sont majeures et ne sont plus à sa charge ; lui-même, eu égard à sa situation irrégulière, ne peut exercer une activité professionnelle déclarée ; de 2010 à 2016, il a participé aux activités de l'association " Christ pour Tous " ; depuis 2016, il donne des messes tous les dimanches à l'église Foi et Amour pour l'Evangile ; il baptise des fidèles ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui appliquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa demande répond à des considérations humanitaires et se justifie au regard de motifs exceptionnels ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu le 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a manifestement mal apprécié les conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- son annulation sera prononcée par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a manifestement mal apprécié les conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 septembre 2023 :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Bearnais, représentant M. A, lui-même présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 2 décembre 1977, déclare être entré en France en 2007. Il a sollicité, le 12 mai 2015, un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 8 septembre 2015, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français. L'intéressé s'est toutefois maintenu irrégulièrement sur ledit territoire et a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 26 juin 2018, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande et prononcé de nouveau une obligation de quitter le territoire français, à laquelle l'intéressé n'a pas déféré. Enfin, le 19 novembre 2021, M. A a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique, par l'intermédiaire de son avocate, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 mars 2022, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné la Côte d'Ivoire comme pays de destination. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 22 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. L'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Il vise les articles de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Il retrace le parcours de M. A sur le territoire français en rappelant les deux refus de séjour qui lui ont été opposés en 2015 et 2018. Il mentionne également que l'intéressé a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en précisant notamment résider sur le territoire depuis plus de dix ans. Il expose de façon suffisamment détaillée les raisons pour lesquelles le préfet a estimé, d'une part, que M. A ne justifiait pas d'une résidence habituelle et continue de dix ans en France, d'autre part, qu'il ne pouvait se prévaloir de liens personnels et familiaux en France tels qu'au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, le rejet de sa demande de titre de séjour porterait une atteinte manifestement excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale, enfin, qu'il ne pouvait se prévaloir d'un motif exceptionnel ou d'une considération humanitaire lui ouvrant droit à s'installer sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de titre de séjour attaqué doit être écarté. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen précis et approfondi de la situation personnelle du requérant, préalablement au rejet de sa demande de titre de séjour.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. A, le préfet n'a commis aucune erreur de fait en relevant dans les motifs de son arrêté que le requérant est père de deux enfants majeurs qui résident au Royaume Uni avec leur mère et que les justificatifs de son insertion socio-professionnelle sont extrêmement ténus.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
6. D'une part, M. A se prévaut de sa présence en France depuis près de quinze ans à la date de la décision attaquée. Il expose que s'il travaille afin de pouvoir subvenir à ses besoins, il ne peut en justifier, sa situation irrégulière ne lui permettant pas de disposer de contrats de travail et de fiches de paye. Il indique également avoir perdu ou ne pas avoir conservé certains documents susceptibles de justifier de sa présence sur le territoire français. Il ajoute cependant que son activité bénévole de pasteur, qui l'amène à animer des messes chaque dimanche et à célébrer des baptêmes, lui a permis de nouer des liens avec de nombreux fidèles, lesquels ont établi des attestations justifiant de sa présence ancienne sur le sol français. Toutefois, les nombreux témoignages qu'il produit, rédigés pour les besoins de la cause, sont pour la plupart peu circonstanciés et soit ne font référence qu'à un seul évènement passé, tel que la présence du requérant à un mariage, à un réveillon ou à un déménagement, soit se bornent à énoncer une année de rencontre sans plus de précision. Par ailleurs, M. A déclarant exercer son activité de pasteur à titre indépendant, en dehors de toute organisation administrative, il ne produit aucune pièce probante sur le contenu, la durée, l'effectivité et la régularité de cette activité. Ainsi, les affirmations de l'intéressé selon lesquelles il n'a pas quitté le territoire français depuis 2007, il a travaillé en tant qu'agent de sécurité dans un magasin de la marque Boulanger de 2008 à 2009, en tant que vendeur dans un magasin situé rue de la Paix à Nantes, participé aux activités de l'association Christ pour Tous de 2010 à 2016 et donné des messes tous les dimanches depuis 2016 dans une église située rue de Hongrie à Nantes ne sont pas suffisamment étayées pour pouvoir être retenues comme des preuves de résidence habituelle sur le territoire français depuis au moins dix ans à la date de la décision attaquée. Les documents administratifs épars produits par le requérant ne permettent pas davantage de rapporter cette preuve. Dès lors, le préfet de la Loire-Atlantique n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur la demande de M. A. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. D'autre part, comme il vient d'être dit, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, le requérant ne justifiait pas d'une présence régulière depuis plus de dix ans sur le territoire français. La circonstance que sa situation irrégulière le maintienne dans une situation précaire et le contraigne à travailler sans être déclaré ne suffit pas à établir que des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifieraient son admission au séjour à titre discrétionnaire. Dans ces conditions, l'autorité administrative a pu légalement rejeter la demande de titre de séjour sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commettre une erreur manifeste d'appréciation.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. M. A fait valoir que s'il a reconnu les deux filles de sa cousine comme étant ses enfants, elles n'ont pas de lien biologique avec lui, sont majeures, s'assument financièrement et vivent au Royaume Uni avec leur mère. S'il soutient ne plus entretenir de relations avec les membres de sa famille restés en Côte d'Ivoire, il est constant qu'il a vécu dans ce pays au moins jusqu'à l'âge de trente ans et y a nécessairement conservé des liens. S'il justifie s'être créé un réseau de connaissances étendu en raison de son activité de pasteur, les témoignages peu circonstanciés qu'il produit ne sont pas de nature à justifier de l'intensité et de la stabilité des liens personnels qu'il aurait noués en France. Enfin, il est constant que M. A, célibataire et sans personne à charge, a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement en 2015 et 2018 auxquelles il n'a pas déféré. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait, en lui refusant le séjour, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour, opposée à M. A, ayant été écartés, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de l'annulation de cette décision pour demander, par voie de conséquence, celle de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; () ".
12. Pour les motifs indiqués au point 6, M. A n'est pas fondé à soutenir que les dispositions, citées au point précédent, du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile feraient obstacle à ce qu'il lui soit fait obligation de quitter le territoire français.
13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré par M. A de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, l'ensemble des moyens soulevés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, opposées à M. A, ayant été écartés, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de l'annulation de cette décision pour demander, par voie de conséquence, celle des décisions portant fixation du pays de destination.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré par M. A de ce que la décision fixant le pays de destination porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour ces mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en désignant la Côte d'Ivoire comme pays de renvoi.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 22 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
18. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Magali Bearnais.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSE
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
cnd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026