lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209094 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 1ère chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés le 12 juillet 2022, le 15 novembre 2022 et le 23 novembre 2022, Mme B E, représentée par Me Béarnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a abrogé son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans le délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir, et à défaut, de réexaminer sa situation et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de cet examen, dans le délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît le droit d'être entendu et est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- l'arrêté est entaché d'une méconnaissance de l'article L542-2 du CESEDA dès lors que la convention de Genève n'est pas visée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 28 octobre 2022 et le 18 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme E par une décision du 25 août 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale des droits de l'enfant
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, magistrat honoraire, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lesigne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 24 novembre 2022 à 14h 30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4o La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3o ".
2. Mme E, ressortissante arménienne, née le 7 août 1981 à Erevan (Arménie), est entrée irrégulièrement en France avec ses deux enfants le 11 septembre 2018 et a déposé une demande d'asile auprès de la préfecture de Loire-Atlantique le 8 octobre 2018. Cette demande a été rejetée définitivement par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 27 novembre 2020. Par l'arrêté attaqué, le préfet de la Loire-Atlantique a abrogé son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France accompagnée de ses deux enfants D, né en 2003 et Ruzanna née en 2005, lesquels sont scolarisés dans l'enseignement secondaire (en lycée) et qu'au surplus, à la date de la décision attaquée, D avait effectué une demande de réexamen de la demande d'asile de sa mère. L'audience a du reste été inscrite à un rôle d'une audience d'avril. Il ressort toutefois de la décision attaquée que cette dernière mentionne que les enfants de la requérante résident dans leur pays d'origine, cette mention ne pouvant être regardée comme une simple erreur matérielle n'ayant pas d'incidence sur l'appréciation du dossier ainsi que le préfet le soutient en défense. Mme E est par suite fondée à soutenir que l'erreur de fait ainsi commise entache la légalité de l'arrêté attaqué, lequel doit être par suite être annulé.
4. Aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. ". Il ressort des pièces du dossier que D, fils de A E a saisi l'OFPRA d'une demande de réexamen de sa demande d'asile ainsi qu'indiqué au point précédent, et qu'ainsi la décision attaquée fait échec aux stipulations de l'article 33 de la convention de Genève par l'arrêté attaqué. Le moyen peut être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté en date du 30 juin 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui annule l'arrêté attaqué, implique nécessairement que le préfet de la Loire-Atlantique réexamine la situation de la requérante et la munisse d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Mme E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 août 2022. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Béarnais, sous réserve de la renonciation par cette dernière à la perception de la part contributive de l'Etat dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté susvisé en date du 30 juin 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme E et de la munir d'une autorisation provisoire de séjour le temps de cet examen, dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Béarnais, sous réserve de la renonciation par cette dernière à la part contributive de l'Etat dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Béarnais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. C La greffière,
L. LECUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2209094
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026