vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juillet 2022 et le 21 octobre 2022, Mme C B et M. A F, représentés par Me Bourgeois, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 17 août 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France confirmant la décision du 15 décembre 2021 du consulat général de France à Alger (Algérie) refusant de délivrer à M. F un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au ministre de l'intérieur de lui délivrer le visa sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la sincérité du mariage ;
- la décision de la commission méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 13 janvier 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu à l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F, de nationalité algérienne, est entré irrégulièrement en France en 2003. Le 6 janvier 2009, il se voit refuser un certificat de résidence. Le 7 novembre 2009, il épouse Mme C B, ressortissante française. Le 23 novembre 2010 puis le 23 février 2011, il obtient des récépissés de carte de séjour puis le 13 juillet 2011 un certificat de résident algérien qui n'est pas renouvelé le 30 décembre 2016. Suite à son départ en Algérie en 2019, M. F a présenté, le 25 novembre 2021, une demande de visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française auprès des autorités consulaires françaises à Alger qui lui est refusé le 15 décembre 2021. Le recours formé contre ce refus consulaire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, enregistré le 5 janvier 2022, a été rejeté par une décision implicite, à laquelle s'est substituée une décision explicite de la commission du 17 août 2022, intervenue en cours d'instance, dont M. F et Mme B demandent, dans le dernier état de leurs écritures, l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public. ". S'il appartient, en principe, aux autorités consulaires de délivrer au conjoint d'une ressortissante française le visa nécessaire pour que les époux puissent mener en France une vie familiale normale, des motifs tirés de la nécessité de préserver l'ordre public peuvent justifier légalement un refus de visa.
3. Pour refuser à M. F le visa sollicité, la commission s'est fondée sur les motifs tirés, d'une part, de ce que ce que sa présence en France présente encore un risque de menace à l'ordre public et, d'autre part, de ce qu'il existe un faisceau d'indices suffisamment précis et concordants attestant du caractère complaisant du mariage à des fins étrangères à l'institution matrimoniale.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné, le 11 septembre 2009 par le tribunal correctionnel de Lille à une peine de 18 mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion et d'escroquerie commis au cours des années 2006 et 2007, le 6 mai 2010 par le tribunal correctionnel de Paris à 3 mois d'emprisonnement pour des faits d'usage et de détention de faux documents administratifs ainsi que pour des faits d'entrée et de séjour irrégulier en France et de soustraction à l'exécution d'une mesure de reconduite à la frontière commis le 4 mai 2010, le 22 novembre 2017 par le tribunal correctionnel de Lille à une peine de 70 heures de travail d'intérêt général pour des faits de rébellion commis le 22 septembre 2016 mis à exécution par le juge d'application des peines à hauteur d'un mois d'emprisonnement pour non-respect de la peine prononcée, le 21 novembre 2018 par le tribunal correctionnel de Lille à une peine de 6 mois d'emprisonnement pour des faits de vol et d'escroquerie en récidive commis les 24 mars et 2 juin 2018, et à une peine de 3 mois d'emprisonnement pour des faits de rébellion et d'usage illicite de stupéfiants commis le 21 mars 2019. Si M. F fait valoir que ces infractions pénales sont anciennes, les faits matériellement établis par le juge pénal ainsi que les infractions pénales commises, qui ne sont pas contestées, étaient très récentes à la date de la décision en litige, commise pour l'une d'elle en état de récidive légale, et non dénuées de gravité. Par arrêté du 6 mars 2019, le préfet du Nord lui a notifié une obligation de quitter le territoire français avec une interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans. Si M. F soutient être rentré en Algérie " en 2019 ", il ne l'établit pas. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette mesure d'interdiction de retour n'était plus exécutoire à la date de la décision attaquée. En tout état de cause, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, en refusant de délivrer ce visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française au motif tiré de ce que la présence en France de M. F représente une menace à l'ordre public, n'a entaché sa décision ni d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation. Il résulte de l'instruction que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait pris la même décision en se fondant sur ce motif, qui suffisait à lui seul à justifier la décision attaquée.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. En se bornant à produire quelques extraits d'échanges non datés et quelques attestations, les requérants n'exposent pas d'éléments permettant d'apprécier concrètement les conditions de la vie privée et familiale de M. F. Dans ces conditions, eu égard à la menace que la présence de l'intéressé sur le territoire français ferait peser sur l'ordre public, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ne serait pas en mesure de rendre visite à M.F en Algérie, la décision contestée n'a pas porté au droit des requérants au respect de leur vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise malgré l'ancienneté de son mariage. Dès lors, elle ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B et M. F doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. A F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
M. Rosier, premier conseiller,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
Le rapporteur,
P. D
La présidente,
H. DOUET
Le greffier,
A.-L. LEGOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026