LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2209484

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2209484

mardi 15 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2209484
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationOQTF 6 semaines - 7ème chambre
Avocat requérantSCP BARBARY MORICE L'HELIAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me L'Helias, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet de la Mayenne l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office et l'a obligée à se présenter chaque vendredi à 15 heures au commissariat de police de Laval ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocat ou subsidiairement à son profit, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté était compétent ;

- elle n'a pas fait l'objet d'une audition préalable avant le prononcé de la décision en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- le préfet de la Mayenne n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle ; le préfet n'a notamment pas pris en compte la demande d'asile présentée au nom de sa fille, en cours d'instruction devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle aurait vocation à obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-3 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile si sa fille obtenait le statut de réfugié ; elle a vocation à obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'article L. 435-1 du même code ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; sa fille, née en février 2022 à Laval, dans l'attente de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur sa demande d'asile, risque d'être séparée de ses parents ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; le préfet n'a pas tenu compte de la demande d'asile en cours présentée au nom de sa fille ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière notamment des risques encourus en Guinée ;

- le préfet n'établit pas qu'elle serait légalement admissible dans un autre pays ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; sa fille est exposée à un risque d'excision en Guinée ;

En ce qui concerne l'obligation de présentation hebdomadaire au commissariat de police de Laval :

- la décision prise en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Un mémoire en défense présenté par le préfet de la Mayenne a été enregistré le 3 novembre 2022 postérieurement à l'audience et n'a pas été communiqué.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante guinéenne née en octobre 1995, est entrée en France en août 2020 et a déposé une demande d'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) du 30 juin 2021. Son recours contre la décision de l'Ofpra a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (Cnda) du 1er juillet 2022. Par des décisions du 12 juillet 2022, dont Mme A demande l'annulation au tribunal, le préfet de la Mayenne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office et l'a obligée à se présenter une fois par semaine auprès du commissariat de police de Laval.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a accouché de son troisième enfant, une petite fille, le 28 février 2022 à Laval. Il ressort également des pièces du dossier que le 7 avril 2022, soit avant l'obligation de quitter le territoire français litigieuse, et sans qu'ait d'incidence la circonstance que le préfet de la Mayenne n'était pas informé de ces faits, une demande d'asile a été déposée au nom de la fille de Mme A, ladite demande étant fondée, selon les déclarations de la requérante, sur les risques d'excision encourus par sa fille en Guinée. Dès lors à la date de l'obligation de quitter le territoire français du 12 juillet 2022 prononcée à l'encontre de Mme A, la demande d'asile présentée au nom de sa fille était en cours d'examen de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Dès lors l'exécution de la décision contestée est susceptible d'avoir pour conséquence la séparation entre Mme A et sa dernière née âgée de cinq mois. Mme A est donc fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français du 12 juillet 2022 méconnait l'intérêt supérieur de sa fille et les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et à en demander, pour ce motif, l'annulation.

4. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français du 12 juillet 2022 entraine par voie de conséquence l'annulation des décisions du même jour portant fixation du pays d'éloignement et obligation de présentation hebdomadaire auprès du commissariat de Laval.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. L'exécution du présent jugement, eu égard au motif d'annulation qui le fonde, implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Mayenne, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois, de réexaminer la situation de Mme A. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me L'Helias de la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 12 juillet 2022 par lesquelles le préfet de la Mayenne a obligé Mme A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite d'office et l'a obligée à se présenter une fois par semaine auprès du commissariat de police de Laval sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Mayenne de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me L'Helias la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Mayenne et à Me L'Helias.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.

La magistrate désignée,

M. C La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions