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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2209551

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2209551

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2209551
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantNDEKO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juillet 2022, M. E A, représenté par Me Ndeko, demande au tribunal :

1°) d'annuler en toutes ses décisions l'arrêté du 6 avril 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation administrative dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la signataire de l'arrêté attaqué ne justifie pas de sa compétence ;

- la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen ;

- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation du caractère sérieux de ses études ;

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas motivée ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination sont illégales à raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire enregistré le 7 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une décision du 9 février 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant vietnamien né en 2000, est entré régulièrement en France le 2 mars 2019 sous le couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant. Ce titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 30 septembre 2021. Par l'arrêté attaqué du 6 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné.

2. L'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet de la Loire-Atlantique, par Mme D, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 11 avril 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique du même jour, le préfet lui a accordé délégation à l'effet de signer notamment les décisions relatives au séjour, les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. L'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons tant de droit que de fait constituant le fondement de la décision de son auteur de refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. A. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, le refus de séjour opposé à M. A est suffisamment motivé. En outre, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque l'obligation de quitter le territoire français est fondée, comme c'est le cas en l'espèce, sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 de ce même code, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être écarté.

4. Il ne ressort pas de pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A.

5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle.". Le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il déclare accomplir.

6. Pour refuser de renouveler le titre de séjour " étudiant " de M. A, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur le défaut de réalité et de sérieux des études suivies par l'intéressé.

7. Il ressort des pièces du dossier que, inscrit en diplôme universitaire d'études françaises de niveau A2 pour le second semestre de l'année 2018/2019, M. A a échoué à valider son diplôme et qu'il s'est réinscrit en cours de langue française pour l'année 2019/2020, il ne produit aucun relevé de notes ou diplôme relatif à cette universitaire. M. A n'a, au terme de l'année 2020/2021, pas davantage validé la première année de licence mathématiques - informatique - physique à laquelle il était inscrit, ayant été refusé aux examens du premier semestre et ne s'étant pas réinscrit au second semestre. Réinscrit en 2021/2022 dans cette même première année de licence, en changeant toutefois de matière principale, M. A a de nouveau été refusé aux examens de premier semestre, avec une moyenne de 7,39/20 et a d'ailleurs échoué aux examens du second semestre, au cours duquel la décision attaquée a été prise, avec une moyenne de 4,08/20. Si le requérant attribue ses mauvais résultats aux conséquences de la crise sanitaire, il ne justifie pas de conditions d'apprentissage particulièrement dégradées par rapport à ses condisciples, qui ont également eu à supporter les conséquences de cette situation, lesquelles n'ont d'ailleurs concerné que le second semestre 2019/2020 et le premier semestre 2020/2021, et dont il n'est pas allégué qu'ils auraient massivement échoué aux mêmes examens. Dans ces conditions, compte tenu non seulement de l'absence de réussite de M. A à ses examens mais également de son absence de suivi d'études durant au moins deux semestres, le préfet de la Loire-Atlantique a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, ni en tout état de cause porter atteinte à la vie privée et familiale de l'intéressé, refuser de renouveler le titre de séjour du requérant en estimant que ses études n'étaient ni réelles ni sérieuses.

8. Compte tenu de ce qui a été dit, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français serait illégale à raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour, pas davantage, partant, que la décision fixant le délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination seraient illégales à raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Ndeko et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. B de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

La rapporteure,

C. CLe président,

A. B DE BALEINE

La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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