LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2209764

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2209764

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2209764
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP BERTHILIER & TAVERDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2022, et le 13 mars 2023, M. H B et Mme A B épouse B, agissant en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux des enfants mineurs, D et E B, et de leurs enfants devenus majeurs, I, C et G B, représentés par Me Berthilier, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours, réceptionné le 22 mars 2022, contre le refus opposé par les autorités consulaires françaises à Nouakchott (Mauritanie) le 10 mai 2021 à la demande de visas de long séjour pour Mme B et leurs cinq enfants, présentée au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision consulaire est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'ils ont produit des documents d'état civil établissant le lien matrimonial de Mme B et le lien de filiation des enfants avec le regroupant ;

- la décision viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.

M. et Mme B ont produit un mémoire, enregistré le 16 mars 2023, qui n'a pas été communiqué.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- code des relations entre le public et l'administration

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Rosier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. H B, de nationalité mauritanienne, qui a obtenu le bénéfice du statut de réfugié en 2016, aurait épousé le 7 février 1997 Mme A B avec laquelle il aurait eu six enfants dont les cinq demandeurs de visas, I, C, G, D et E B. Une première demande de visas déposée le 4 juillet 2018 puis une seconde déposée le 10 mai 2021 auprès des autorités consulaires françaises à Nouakchott au titre de la réunification familiale pour Mme B et cinq enfants, sont refusées. Saisie d'un recours administratif préalable, réceptionné le 22 mars 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France l'a rejeté par une décision implicite, dont les requérants demandent l'annulation, et confirmé la décision consulaire refusant de délivrer aux intéressés des visas d'entrée et de long séjour en France au titre de la réunification familiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2.En premier lieu, compte tenu des mentions indiquées sur l'accusé de réception transmis par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France au requérant, la commission, dont la décision se substitue à celle des autorités consulaires, doit être regardée comme s'étant approprié le motif retenu par ces autorités soit, en l'espèce, la circonstance que le lien familial avec le réfugié ne correspond pas à un cas permettant d'obtenir un visa au titre de la réunification familiale. Une telle motivation, qui se réfère par ailleurs aux articles L. 752-1 et R. 752-1, désormais repris aux articles L. 561-2 et R. 561-2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est suffisante.

3.En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". Les articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, rendus applicables à la procédure de réunification familiale par l'article L. 561-4 de ce code, ajoutent respectivement que : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ", et que : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ". L'article L. 561-5 de ce code dispose que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

4.D'autre part, l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

5.Le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient que les actes de naissance des demandeurs de visa sont entachés d'irrégularités au regard du droit mauritanien et que les documents produits ne suffisent pas à attester de la filiation par possession d'état. Pour justifier de leur identité et de leur lien familial avec M. B, les requérants ont produit des copies d'extraits d'acte de naissance dressés par le chef de centre de Ryad. Le ministre soutient que les déclarations de naissance sont irrégulières car non conformes aux dispositions des articles 44 et 79 de la loi du 19 juin 1996 du code de l'état-civil mauritanien alors en vigueur pour I, C, G, D, et de l'article 34 de la loi n° 2011 - 003 abrogeant et remplaçant la loi n°96.019 du 19 Juin 1996 portant Code de l'état civil pour E. D'après l'article 44 de la loi mauritanienne n° 019-96 du 19 juin 1996 citée par le ministre en défense : " La déclaration de naissance est faite dans les trois mois qui suivent l'événement devant l'officier d'état civil territorialement compétent. ". L'article 79 de cette loi prévoit que : " Lorsqu'une naissance, un décès, un mariage ou une répudiation définitive n'aura pas été déclaré dans le délai visé à l'article 44 ci-dessus, l'officier de l'état civil ne peut relater cet événement sur ses registres qu'en vertu d'une décision judiciaire. ". Selon l'article 34 de la loi n° 2011 - 003 : " La déclaration de naissance est faite, dans les soixante (60) jours francs qui suivent la naissance, auprès du Centre d'Accueil des Citoyens (CAC) du lieu de naissance de l'enfant ou du lieu de résidence de ses parents. () ". Et selon l'article 37 de cette même loi : " () Le Procureur de la République procède à la déclaration de naissance de l'enfant, si soixante (60) jours après sa découverte, l'identité de l'un de ses parents n'a pas été déterminée. () ". Les requérants versent au dossier des " extraits d'acte de naissance " datés du 7 janvier 2019 indiquant que Mme A B est née le 16 août 1976 de M. F B et de Mme J, que I est né le 12 juillet 1999, qu'Oumar est né le 28 mars 2003, qu'Ousmane est né le 26 mars 2005, que D est née le 14 décembre 2007, et qu'Aïssata est née le 11 novembre 2011, tous les cinq ayant pour père M. H B et pour mère Mme A B. Le document porte en en-tête le nom et le sceau de la République islamique de Mauritanie ainsi que la mention " Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés " et en pied de page la précision " ceci est un extrait du RNP, sa validité est d'un an, aucune copie conforme ou photocopie ne fait foi ". Toutefois, aucune indication n'est portée sur les documents pour expliquer les conditions de délivrance de cet acte le 7 janvier 2019 pour Mme B et les enfants I, C, G, D, en méconnaissance du délai de trois mois prévu à l'article 44 précité, en vigueur à la date de la naissance alléguée. Concernant E, s'il est constant que l'article 79 précité de cette loi n'a pas été repris dans le contenu de la loi n° 2011-003 du 12 janvier 2011 remplaçant et abrogeant la loi de 1996, la loi du 12 janvier 2011, en vigueur à la date d'édiction supposée le 24 octobre 2018 de " l'extrait d'acte de naissance " prévoit toujours, à son article 34, que la déclaration de naissance doit se faire dans un délai restreint, à savoir de soixante jours. Faute pour les requérants d'expliquer les conditions dans lesquelles des actes de naissance ont pu être délivrés au-delà de ce délai par les autorités mauritaniennes et en l'absence de décision judiciaire, le caractère probant de ces documents ne peut qu'être écarté. La circonstance que la loi de 2011 disposerait que, désormais, ne sont plus considérés comme ayant valeur légale que les actes enregistrés au Registre National des Populations et des Titres Sécurisés est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée faute pour les requérants d'établir les dates de déclaration de naissance des intéressés. Enfin, si les requérants versent aux débats quatre photographies non datées et huit bordereaux de transferts d'argent adressés à Mme B, ces éléments ne suffisent pas à établir le lien de filiation allégué par la voie de la possession d'état. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de délivrer les visas sollicités au motif que l'identité des demandeurs de visa et leur lien de filiation avec le réunifiant ne sont pas établis.

6. En dernier lieu, faute d'établissement de l'identité des demandeurs de visa et leur lien de filiation avec M. B, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B, à Mme A B épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

M. Rosier, premier conseiller,

Mme Roncière, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

Le rapporteur,

P. ROSIER

La présidente,

H. DOUET

Le greffier,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions