LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2209921

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2209921

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2209921
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSEGUIN & KONRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I une requête et deux mémoires, enregistrés le 27 juillet 2022, le 1er septembre 2022 et le 8 février 2023, M. C F H, agissant en son nom propre et en qualité de représentant légal de l'enfant Hassan C F, et Mme A C F, représentés I Me Seguin, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2022 I laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a confirmé le refus de visa de long séjour au titre de la réunification familiale qui a été opposé à l'enfant Hassan C F et à Mme A C F I les services consulaires français à Djibouti ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision de la commission méconnaît l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il réunit les conditions en sa qualité de réfugié ;

- la décision de la commission est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant au caractère authentique des documents d'état civil produits et au lien de filiation ;

- la décision de la commission a violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- la décision de la commission a violé les stipulations des articles 3-1 et 10 de la convention internationale des droits de l'enfant.

I un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés I les requérants ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1.M. C F H, de nationalité somalienne, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire en 2014 et se déclare père de deux enfants, Mme A C F et l'enfant Hassan C F, nés de son union avec feue Mme G E. Le jeune C F et Mme C F, devenue majeure, ont sollicité la délivrance de visas de long séjour au titre de la réunification familiale auprès des autorités consulaires françaises à Djibouti qui leur a été refusée. Saisie I les intéressés d'un recours, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé I une décision du 21 juillet 2022 le refus de visa de long séjour au titre de la réunification familiale qui leur a été opposé I les services consulaires français à Djibouti dont ils demandent l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2.Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / () / 3° I les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". L'article L. 561-5 de ce code dispose que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés I l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis I l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

3.Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies I l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue I tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation I l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits I les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

4.Pour rejeter la demande de visa présentée au profit des demandeurs de visa, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur les dispositions précitées et a constaté que les déclarations de la naissance du jeune B C F et de Mme C F ont été enregistrées I l'ambassade de la République fédérale de Somalie à Djibouti le 25 octobre 2021, soit sept ans après l'obtention I M. C F H du bénéfice de la protection subsidiaire, et qu'en l'absence d'éléments probants de possession d'état, non contemporains des demandes de visas, l'identité et le lien familial des demandeurs de visa avec le réunifiant ne sont pas établis.

5.Pour établir l'identité et le lien de filiation des demandeurs de visa avec le réunifiant, il est produit deux certificats de naissance délivrés le 25 octobre 2021 I l'ambassade de Somalie auprès de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Intergovernmental Authority on Development, IGAD), à Djibouti, ainsi que deux passeports délivrés respectivement le 22 mai 2015 pour le jeune B C F et le 10 avril 2021 pour Mme C F qui mentionnent des dates de naissance et les noms de leurs parents identiques à ceux figurant sur les deux certificats de naissance. De tels certificats délivrés plusieurs années après les événements qu'ils relatent, sur déclaration, I une représentation diplomatique pour les besoins de la procédure de réunification familiale ne peuvent recevoir la qualification d'actes d'état civil étranger au sens des dispositions de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mais ils peuvent être pris en compte, le cas échéant, pour déterminer l'existence d'une situation de possession d'état. En l'espèce, la circonstance que l'en-tête pré-imprimé et le corps de ces documents comportent quelques fautes d'orthographe en anglais ne suffit pas à leur ôter tout caractère utile pour établir le lien de filiation. M. F H a, de façon constante depuis son arrivée en France, présenté les demandeurs de visas comme ses enfants, ainsi que cela ressort de la fiche familiale de référence datée du 4 avril 2014 et du récit d'asile présenté le 25 février 2013 devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), lequel a délivré à M. C F H un livret de famille le 12 septembre 2014 ainsi qu'un certificat de mariage tenant lieu d'acte d'état civil et un certificat de décès de Mme G E établis le 11 août 2014, en application des dispositions de l'article L. 121-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, attestant du mariage de M. C F H et de Mme G E le 4 août 2003 à Afgoye (Somalie). Ainsi, il ressort des pièces du dossier que les mentions relatives à l'identité, aux dates et lieux de naissance des enfants figurant sur les documents versés sont cohérentes avec les déclarations faites à l'OFPRA I M. C F H lors du dépôt de sa demande d'asile. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, il y a lieu de regarder comme établis l'identité du jeune B C F et de Mme C F et leur lien de filiation avec le réunifiant, I le mécanisme de la possession d'état. En outre et au surplus, le requérant justifie de l'envoi de deux versements d'argent vers ses enfants en 2021 et deux autres en 2022 et produit un échange I SMS et trois photos. I suite, il y a lieu de regarder comme établie l'identité du jeune B C F et de Mme C F et leur lien de filiation avec le réunifiant. Dans ces conditions, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de leur délivrer les visas sollicités pour le motif cité au point 3.

6.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. F H et Mme C F sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7.Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement la délivrance au jeune B C F et à Mme C F d'un visa de long séjour en qualité de membre de famille de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de délivrer ces visas aux intéressés dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais d'instance :

8.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés I M. F H et I Mme C F et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France en date du 22 juillet 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer au jeune B C F et à Mme A C F les visas sollicités dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. F H et à Mme C F une somme globale de 1 200 euros (mille deux cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête doit être rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C F H, à Mme A C F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

M. Rosier, premier conseiller,

Mme Roncière, première conseillère.

Rendu public I mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

Le rapporteur,

P. D

La présidente,

H. DOUET

Le greffier,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions