mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2210096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 juillet 2022, le 25 août 2022 et le 13 avril 2023, M. B A, représenté par Me Guilbaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 21 mars 2022 par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard et en tout état de cause d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de la délivrance de son titre de séjour ou du réexamen de sa situation dans un délai de huit jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions ; elle méconnait les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il justifie de son identité, de son état civil et de son âge ; le préfet n'a pas démontré le prétendu caractère frauduleux des documents, le seul rapport défavorable de la police aux frontières ne renversant pas leur présomption de force probante ; la position du préfet est systématique et sans aucune vérification auprès des autorités guinéennes :
o en ce qui concerne le droit de timbre allégué, le préfet invoque un arrêté du 30 septembre 1999 qui a plus de 22 ans et doit être actualisé ; l'arrêté ne permet pas de préciser si le droit de timbre de 1000 FG s'applique au jugement supplétif ou à l'acte établi sur sa transcription ;
o le préfet n'établit pas la méconnaissance d'une disposition guinéenne de procédure par le fait que le jugement a été rendu le lendemain du dépôt de la requête ;
o en ce qui concerne la transcription sur le registre de l'année de naissance en méconnaissance alléguée de l'article 189 du code civil guinéen, la circonstance qu'un registre soit clos à la fin de l'année civile ne permet pas d'affirmer qu'aucun mention ne peut y être portée en marge ;
o en ce qui concerne la mention des dates et lieux de naissance des parents, l'article 184 du code civil guinéen dans sa version de 2019 n'en demande la mention que s'ils sont connus ; il ne s'agit pas de mentions obligatoires à peine de nullité ; le préfet n'établit pas que cette disposition s'appliquerait aux actes de naissance dressés sur transcription des jugements supplétifs ;
o l'erreur matérielle concernant le patronyme de son père est une erreur de frappe isolée, non répétée sur son patronyme ;
o le seul caractère incomplet de la devise de la République de Guinée sur l'acte de naissance ne démontre pas qu'il s'agirait d'un document frauduleux ; le mot est clairement présent sur une copie en couleurs, le préfet n'ayant analysé qu'une copie noir et blanc ;
o le préfet n'établit pas que les juridictions seraient fermées le dimanche en Guinée, l'audience du TPI de Siguiri ayant eu lieu un dimanche le 27 décembre 2020 ;
o le jugement supplétif et l'acte de naissance ont été légalisés par le consulat de Guinée à Paris ;
o il justifie du caractère réel et sérieux de la formation professionnelle depuis au moins six mois et de son intégration sur le territoire français ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen des conséquences de sa décision sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- le préfet s'est uniquement fondé sur la circonstance qu'il n'avait pas déposé de demande de protection auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et n'a pas vérifié qu'il n'encourrait pas de risques en cas de retour dans son pays d'origine en application des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'y a pas eu d'examen de sa situation propre ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que :
- le caractère sérieux de la formation de M. A n'est pas établi ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Béria-Guillaumie, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Dubus, rapporteure publique,
- et les observations de Me Desfrançois substituant Me Guilbaud, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né selon ses déclarations en avril 2003, déclare être entré en France en janvier 2020. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Loire-Atlantique. Il a ultérieurement bénéficié d'un contrat jeune majeur. Il a déposé une demande de titre de séjour. Par des décisions du 21 mars 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit. M. A demande au tribunal d'annuler les décisions du 21 mars 2022.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Le refus de séjour du 21 mars 2022 comporte les considérations de droit et de fait qui le fondent. Par suite, il est suffisamment motivé. Le moyen tiré de son insuffisante motivation n'est donc pas fondé et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 21 mars 2022 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'examen ainsi allégué n'est pas fondé et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.
6. Par ailleurs, selon l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1°Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article 47 du code civil prévoit que : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
7. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
8. Pour justifier de son identité et son état civil, M. A a produit, à l'appui de ses écritures, une carte d'identité consulaire, laquelle ne constitue pas un document d'état civil, un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance n° 1759/TPI/S/2020 du tribunal de première instance de Siguiri du 27 décembre 2020, dont la signature a été légalisée par le consulat guinéen, et l'acte de naissance portant transcription de ce jugement supplétif n° 292/CU/SI/2021 du 1er février 2021. Ces deux actes relèvent que M. A est né le 25 avril 2003. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A, le préfet de la Loire-Atlantique, s'appuyant sur un courriel de la police aux frontières et des services consulaires français en Guinée, a relevé que ces actes présentaient un caractère apocryphe pour plusieurs motifs. En particulier, il ressort du jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance que tant la requête présentée par le père de l'intéressé que le jugement du tribunal de première instance de Siguiri datent du même jour le 27 décembre 2020, qui était un dimanche, jour habituellement chômé en Guinée. Par ailleurs, M. A ne produit aucun autre document, à l'exception de ce jugement, et de sa transcription, dont il n'explique pas l'anomalie concernant la date, de nature à établir son état civil et par conséquent, son âge lorsqu'il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Loire-Atlantique dans l'appréciation du caractère authentique ou non des documents d'état civil produits au regard des dispositions de l'article 47 du code civil, n'est pas fondé et doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. Par ailleurs, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./ L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
10. M. A ne résiderait en France que depuis le mois de janvier 2020 depuis un peu plus de deux ans à la date du refus de séjour contesté, après avoir vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine. S'il fait état de la présence en France de son petit frère, il n'est toutefois pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. S'il justifie suivre des études pour obtenir un baccalauréat professionnel vente en France, il n'établit ni même n'allègue ne pouvoir suivre de telles études dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté une atteinte excessive au droit de M. A à une vie privée et familiale normale et n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
12. M. A ne fait pas état de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se bornant à faire état de sa scolarisation en baccalauréat professionnel vente et de la présence de son frère en France. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas fondé et doit être écarté.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 12 du jugement, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. A.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 13 que M. A n'est pas fondé à invoquer à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français du 21 mars 2022 le moyen, invoqué par voie de l'exception, tiré de l'illégalité du refus de séjour du même jour.
15. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 21 mars 2022 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen de la situation de M. A avant de l'obliger à quitter le territoire français.
16. En dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qui entacherait l'obligation de quitter le territoire français du 21 mars 2022 doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 12 du jugement.
Sur le pays de destination :
17. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté du 21 mars 2022 ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas examiné les risques éventuellement encourus par M. A en cas de retour dans son pays d'origine, risques au demeurant non développés, au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné la situation de M. A avant de fixer le pays à destination duquel il pourrait être éloigné.
18. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 14 à 16 du jugement que M. A n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Guilbaud et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
B. ECHASSERIEAU La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2210096
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026