lundi 12 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2210436 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 1ère chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 août 2022 et le 24 novembre 2022, M. C D, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 25 juillet 2022 par lesquelles le préfet de la Mayenne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à défaut de se conformer à cette obligation ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne à procéder à l'examen de son droit au séjour sous astreinte à 75 euros par jour de retard à compter du délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son avocate en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté disposait d'une délégation régulière, et était donc compétent ; l'empêchement du préfet n'est pas établi ;
- la décision est entachée d'erreur de fait ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière et de celle de ses enfants ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, magistrat honoraire, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. Lesigne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit
1. M. C D, ressortissant camerounais né le 5 avril 1989, est entré en France en octobre 2018. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 11 février 2022. Son recours contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 12 juillet 2022. Par des décisions attaquées du 25 juillet 2022, le préfet de la Mayenne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à défaut de se conformer à cette obligation.
2. Le fondement légal de l'arrêté attaqué est l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
3. L'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Aux termes par ailleurs de l'article L. 423-7 du code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a conclu un Pacte civil de solidarité (PACS) avec Mme B, ressortissante française, en date du 6 août 2021, avec laquelle il a une communauté de vie ainsi qu'en attestent les pièces du dossier. De leur union est née une enfant, dénommée Aaliyah, le 20 juillet 2022, ayant la nationalité française par sa mère. Il ressort des pièces du dossier que M. D participe à l'entretien de l'enfant, avec lequel il vit dans un domicile situé à Evron (Mayenne). Par ailleurs, il a souhaité déposer une demande de titre de séjour en tant que père d'enfant français, en date du 28 juillet 2022, laquelle a été rejetée comme étant incomplète, pour un motif d'irrecevabilité, alors qu'il appartenait à l'autorité préfectorale d'enregistrer la demande de titre de séjour et de donner au requérant un délai pour compléter son dossier, conformément aux dispositions de l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration, article invoqué par le requérant. M. D est ainsi susceptible de bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en tant que parent d'enfant français. Si le préfet allègue dans ses écritures que le requérant a trois enfants qui résident au Cameroun, il n'en apporte pas la preuve et cette circonstance n'est du reste nullement mentionnée dans l'arrêté attaqué qui se borne à mentionner que M. D n'a pas d'enfant, ce qui est du reste erroné au regard de ce qui vient d'être dit. Le préfet de la Mayenne a ainsi méconnu les stipulations précitées dès lors que l'existence de l'enfant n'a pas été prise en compte, ainsi que celles de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que par voie de conséquence la décision fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement que le préfet de la Mayenne procède à l'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. D en faisant le cas échéant application de l'article L. 114-5 sus évoqué du code des relations entre le public et l'administration et procède à l'instruction de ladite demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. M. D a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 novembre 2022. Il y a lieu par suite de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens qui sera versée au conseil de l'intéressé, Me Rodrigues Devesas sous réserve que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté susvisé du 25 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Mayenne d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. D en faisant le cas échéant application de l'article L. 114-5 sus évoqué et de procéder à l'instruction de ladite demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens qui sera versée au conseil de l'intéressé, Me Rodrigues Devesas sous réserve que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat dans le cadre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Mayenne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. A
La greffière,
L. LECUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026