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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211021

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211021

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211021
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 août 2022 et le 23 mars 2023, M. L J H, agissant en son nom et au nom des enfants mineurs D L J H, J L J H et B L J H, et Mme F A G, représentés par Me Pollono, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française au Tchad refusant de délivrer à Mme A G et aux enfants D, J et B L J H des visas de long séjour au titre de la procédure de réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer les demandes de visa dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1800 euros à verser à leur conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle, ou à leur verser directement en cas de rejet de leur demande d'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- les demandes de visa n'ont pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation en tant qu'elle refuse de tenir pour établi le lien familial entre le réunifiant et les demandeurs de visa, au regard des documents d'état civil et de la possession d'état ;

- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le caractère partiel de la demande de réunification familiale ne fait pas nécessairement obstacle à la délivrance des visas ;

- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que l'administration n'a sollicité aucune explication sur le caractère partiel de la réunification familiale ;

- le motif tiré du caractère partiel de la demande de réunification familiale est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que l'enfant I ne réside pas avec le reste de la famille au Tchad ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par décision du 20 juin 2022 le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a admis M. J H au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mars 2023 :

- le rapport de Mme Chatal, rapporteure,

- et les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. J H, ressortissant tchadien né en 1969, a obtenu le statut de réfugié en France le 20 septembre 2019 par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Il soutient être marié avec Mme A G depuis le 19 avril 2001 et être le père des enfants D L J H et B L J H, nés en 2008 et en 2016, issus de son union avec Mme A G. Il soutient également être le père de l'enfant J L J H, né en 2010 et issu d'une autre union. Par leur requête, M. J H et Mme A G demandent au tribunal d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les décisions de l'autorité diplomatique française au Tchad refusant de délivrer des visas de long séjour à Mme A G et aux enfants D, J et B L J H au titre de la procédure de réunification familiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. La commission a rejeté le recours des demandeurs de visa aux motifs que leur identité et leur lien familial avec M. J H n'étaient pas suffisamment établi, que le mariage de Mme A G et M. J H a été célébré au Tchad en méconnaissance des obligations liées au statut de réfugié du réunifiant et qu'en l'absence de présentation d'une demande de visa pour l'enfant I L J, la demande de réunification familiale présentait un caractère partiel.

3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () ". L'article L. 561-5 du même code prévoit que : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "

4. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Cet article, dans sa rédaction applicable au litige, dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

En ce qui concerne l'identité des demandeurs de visa et leur lien de famille avec le réunifiant :

5. Aux termes de l'article 25 de la loi tchadienne du 10 mai 2013 portant organisation de l'état civil en République du Tchad, citées dans les écritures des parties : " Toute naissance survenue sur le territoire national doit être déclarée au centre d'état civil du lieu de naissance dans un délai d'un mois à compter du jour de naissance. () Lorsqu'une naissance n'a pas été déclarée dans le délai légal sus indiqué, l'officier d'état civil ne peut la relater sur ses registres qu'en vertu d'un jugement rendu par le tribunal de première instance du lieu de naissance. "

6. Les requérants produisent quatre copies d'actes de naissance dressés au mois d'octobre 2020 en transcription de quatre jugements supplétifs qui auraient été rendus aux mois de septembre et octobre 2020. Ces copies d'actes de naissance indiquent que Mme A G est née le 14 mars 1980, que les enfants D et B sont nés en 2008 et en 2016, de l'union de M. J H et Mme A G et que l'enfant J est né en 2010 d'une autre union de M. J H. S'il résulte des dispositions précitées de l'article 25 de la loi tchadienne du 10 mai 2013 que des actes de naissance peuvent être dressés au-delà du délai de déclaration d'un mois suivant la naissance, par transcription d'un jugement supplétif d'acte de naissance, en l'espèce, les requérants ne produisent aucune copie des jugements supplétifs en transcription desquels les actes produits à l'instance auraient été édictés. Ces actes ne peuvent donc suffire à eux-seuls à établir l'identité des quatre demandeurs de visa.

7. Aux termes de l'article 311-1 du code civil : " La possession d'état s'établit par une réunion suffisante de faits qui révèlent le lien de filiation et de parenté entre une personne et la famille à laquelle elle est dite appartenir. / Les principaux de ces faits sont : / 1° Que cette personne a été traitée par celui ou ceux dont on la dit issue comme leur enfant et qu'elle-même les a traités comme son ou ses parents ; / 2° Que ceux-ci ont, en cette qualité, pourvu à son éducation, à son entretien ou à son installation ; / 3° Que cette personne est reconnue comme leur enfant, dans la société et par la famille ; / 4° Qu'elle est considérée comme telle par l'autorité publique ; / 5° Qu'elle porte le nom de celui ou ceux dont on la dit issue. "

8. Dans le formulaire de demande d'asile complété au mois de janvier 2019, M. J H a déclaré être marié à Mme " F G " et avoir eu avec elle les enfants D, J, B, I et C, nés respectivement en 2008, 2010, 2016, 2010 et 2011. Il ressort du compte-rendu de l'entretien de M. J H à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 mars 2019 que l'intéressé a déclaré s'être marié en 2000 avec " F " et avoir eu trois enfants avec elle : D, J et B, nés en 2008, 2010 et 2016. Il a également déclaré avoir eu avec une femme de nationalité camerounaise les enfants I et C, nés en 2010 et 2011. Les requérants versent également la fiche familiale de référence pour l'OFPRA complétée par M. J H le 31 décembre 2019 dans laquelle il déclare être marié de façon coutumière à Mme F A G depuis le 25 août 2000 et avoir avec elle les enfants D L, I L et B L J H, nés en 2008, 2010 et 2016, résidant à Ndjamena au Tchad. Apparaît également dans la fiche familiale de référence l'enfant J L J H, né en 2010 d'une autre union, résidant également à N'djamena (Tchad). Les requérants produisent en outre les quatre passeports de Mme A G et des enfants J, D et B L J H, dont la validité n'est pas remise en question par l'administration.

9. Il résulte de ces éléments que M. J H a déclaré de façon constante être le père des enfants D, J et B, qu'il justifie des démarches accomplies depuis son arrivée en France en vue de les faire venir en France, et que ces derniers sont reconnus comme ses enfants, notamment par plusieurs organisations de protection des droits humains, ainsi qu'il ressort des attestations versées au dossier. L'identité des enfants D, J et B L J H doit donc être tenue pour établie. Leur filiation avec M. J H doit être regardée comme étant démontrée par le mécanisme de la possession d'état. Les requérants sont donc bien fondés à soutenir que la décision de la commission est entachée d'erreur d'appréciation sur ce point.

10. S'agissant de Mme A G, la décision de la commission indique qu'il ressort de la copie d'acte de mariage versée au dossier de M. J H que le document a été délivré à l'intéressé en personne, le 19 février 2020, alors qu'il ne pouvait, à cette date, au regard de son statut de réfugié, se rendre au Tchad. Le ministre relève en outre que M. J a déclaré différentes dates de mariage et en déduit l'absence de preuve du lien familial allégué avec Mme A G.

11. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. J H a déclaré être marié à Mme A G dans le cadre de sa demande d'asile et dans sa fiche familiale de référence renseignée pour l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il ressort par ailleurs des attestations d'organisations humanitaires versées au dossier que Mme A G est reconnue par ces différentes organisations comme l'épouse de M. J H depuis une période antérieure à la demande d'asile de celui-ci en France. Compte tenu des traumatismes subis par le déclarant avant son entrée sur le territoire français, la circonstance que la date exacte de son mariage avec Mme A G ait varié de quelques mois dans ses différentes déclarations, faisant apparaître les dates du 25 mai 2000, 25 août 2000 et 19 avril 2001, ne prive pas les pièces produites de tout caractère probant. Par ailleurs, la circonstance que la " copie d'acte de mariage " délivrée par une autorité locale au Tchad soit datée du 19 février 2020 ne permet pas, d'une part, de considérer cette date comme étant celle du mariage des intéressés et, d'autre part, si ce document indique que M. J H a comparu le 19 février 2020 devant l'officier d'état civil de la commune, au Tchad, alors qu'il était reconnu réfugié en France, cette circonstance ne suffit pas à priver les autres pièces du dossier de caractère probant s'agissant de l'existence d'une vie de couple ancienne entre M. J H et Mme A G. Les requérants doivent être regardés comme justifiant d'une relation de concubinage suffisamment stable et continue, antérieure à la demande d'asile de M. J H.

12. S'agissant de l'enfant J, celui-ci apparaît dans la fiche familiale de référence complétée par M. J H comme étant l'enfant issu de son union avec une personne nommée Halima E, dont l'identité est également mentionnée sur l'acte de naissance de l'enfant. La filiation maternelle de l'enfant J doit ainsi être tenue pour établie. Il ressort par ailleurs des pièces jointes aux écritures des requérants que Mme E est décédée le 15 février 2019 au Tchad.

En ce qui concerne le caractère partiel de la demande de réunification familiale :

13. Aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rendu applicable à la procédure de réunification en application de l'article L. 561-4 du même code : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants. " Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".

14. Il ressort de l'acte de naissance de l'enfant I, certes non accompagné du jugement supplétif en transcription duquel il apparaît être établi, mais dont les mentions biographiques concordent avec celles apparaissant dans la fiche familiale de référence complétée par M. J H le 31 décembre 2019 et dans la présente requête, que l'enfant I a été déclaré comme étant le fils de Mme A G. S'il est constant que l'enfant I n'est pas inclus dans la procédure de réunification familiale, les requérants expliquent qu'il a réussi à fuir le Tchad pour le Soudan, accompagné par la mère de M. J H, sa grand-mère, et certains des frères et sœurs de M. J H. Ils versent au dossier un document se présentant comme le témoignage de la grand-mère de l'enfant I, qui indique que leur famille est lourdement menacée au Tchad du fait des activités passées de M. J H, que certains membres de la famille sont portés disparus ou emprisonnés et que le reste de la famille vit désormais caché au Soudan. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à la crédibilité des menaces graves pesant désormais sur la famille de M. J H restée au Tchad, dont l'enfant I semble être protégé à la date de la décision litigieuse, la circonstance que cet enfant ne soit pas inclus dans la procédure de réunification familiale ne peut être regardée comme étant contraire à son intérêt supérieur ni à l'intérêt supérieur des enfants D, J et B.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les quatre décisions de refus de visa.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme F A G et aux enfants D L J H, J L J H et B L J H les visas de long séjour sollicités. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de leur faire délivrer ces visas dans un délai maximal d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

17. M. J H a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans la présente affaire. Par suite, Me Pollono peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pollono renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Pollono de la somme de 1 200 euros.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 6 avril 2022 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer à Mme F A G et aux enfants D L J H, J L J H et B L J H les visas de long séjour sollicités dans un délai maximal d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Pollono une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. L J H, à Mme F A G et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 31 mars 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Roncière, première conseillère,

Mme Chatal, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

La rapporteure,

A. CHATALLa présidente,

H. DOUETLe greffier,

S. VALAIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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