LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211198

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211198

mardi 7 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211198
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP PIGEAU CONTE MURILLO

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2021 sous le numéro 2110135,

M. B A, représenté par Me'Neveu, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, et, dans ce cas, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du présent jugement sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que la décision attaquée :

- n'est pas motivée ;

- méconnait les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits humains et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle va entrainer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- en l'absence d'une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet, le contentieux n'est pas lié ;

- aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Par décision du 21 janvier 2022, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II - Par une requête, enregistrée le 24 aout 2022 sous le numéro 2211198,

M.'B A, représenté par Me'Murillo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Sarthe a rejeté son recours gracieux contre la décision du 21 décembre 2021 rejetant sa demande de titre de séjour en sa qualité de conjoint de Français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, et, dans ce cas, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois de à compter de la date de notification du présent jugement sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des articles L.'761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que la décision attaquée :

- n'est pas motivée ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.'423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile, dès lors qu'il est bien entré en France sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités allemandes.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juillet 2023 et le 12 novembre 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Par décision du 29 aout 2022, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né en 1983, déclare être entré en France en mai 2017 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités allemandes. Après avoir épousé une ressortissante française le 18 janvier 2020, il a sollicité le 16 avril 2021 un titre de séjour en sa qualité de conjoint de française. Par sa requête n° 2110135, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande.

2. Le préfet de la Sarthe a expressément rejeté sa demande de titre le 21 décembre 2021. Par sa requête n° 2211198, M. A sollicite l'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé contre cette décision expresse.

3. Une décision expresse prise après la naissance d'une décision implicite de rejet se substitue à cette décision implicite. Par ailleurs, une décision de rejet d'un recours gracieux est purement confirmative de la décision de rejet initiale. Il suit de là que les deux requêtes de M. A doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision expresse de rejet du

21 décembre 2021.

Sur la jonction :

4. Les requêtes visées ci-dessus, présentées par M. A, concernent la situation d'une même personne et sont dirigées contre une même décision. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Sarthe :

5. D'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". L'article R. 432-2 du même code énonce : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

7. Contrairement à ce que fait valoir le préfet de la Sarthe dans son mémoire en défense, une décision implicite de rejet est effectivement née par le seul écoulement du temps, aux termes d'un délai de quatre mois après l'accusé de réception de la demande de titre de séjour de M. A, ainsi que le préfet l'a lui-même écrit sur ledit accusé de réception. Conformément aux dispositions citées au point 5, l'intéressé disposait d'un délai de deux mois à compter de la naissance de cette décision implicite de rejet pour saisir la juridiction. Les dispositions de l'article L.'232-4 du code des relations entre le public et l'administration citées au point précédent n'ont ni pour objet ni pour effet d'obliger un justiciable à demander la communication des motifs d'une décision implicite de rejet afin de lier le contentieux mais uniquement de fixer les règles procédurales relatives à l'obligation de motivation en cas de naissance d'une décision implicite de rejet. Dès lors, et en tout état de cause dès lors que la décision du 21 décembre 2021 s'est substituée à ladite décision implicite, la fin de non-recevoir opposé en défense par le préfet de la Sarthe tirée de l'absence de liaison du contentieux ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation:

8. En premier lieu, la décision du 21 décembre 2021 énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent à M. A d'utilement contester le refus de titre de séjour qui lui a été opposé. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

9. En deuxième lieu, la décision attaquée ne porte pas obligation de quitter le territoire français. Dès lors le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile - en réalité codifiées sous le numéro

L. 611-3 du même code à la date de la décision attaquée - est inopérant.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : "'L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

11. Pour refuser le titre sollicité, le préfet de la Sarthe a opposé à l'intéressé l'absence de justification d'une entrée régulière sur le territoire.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A disposait d'un visa touristique Schengen, délivré par les autorités allemandes, valable du 19 mai au 7 juin 2017. Il ne ressort toutefois ni de l'attestation d'un proche selon laquelle il serait venu le chercher à l'aéroport Charles de Gaulle le 20 mai 2017 ni de la délivrance d'une ordonnance le 30 mai 2017 par l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) que l'intéressé serait entré en France de manière régulière. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 10 doit être écarté.

13. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. M. A était marié depuis dix-huit mois avec une ressortissante française à la date de la décision attaquée et travaillait depuis un peu plus d'un an sous couvert d'un contrat à durée indéterminée. Il a été en situation irrégulière pendant plus de trois années, après avoir vécu

trente-quatre ans dans son pays d'origine. Dès lors, en l'absence d'élément particulier sur la nécessité de sa présence auprès de son épouse française l'empêchant d'effectuer les démarches nécessaires à l'obtention d'un visa pour la France, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales.

15. En quatrième et dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une exceptionnelle gravité de la décision n'est pas assorti des précisions suffisantes pour que le tribunal puisse se prononcer. Il doit donc être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A doivent être rejetées, y compris en ce qu'elles comportent des conclusions à fin d'injonction et des demandes fondées sur les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2110135 et n° 2211198 de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Neveu, à Me Murillo et au préfet de la Sarthe.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats St Dizier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2025.

Le rapporteur,

X. JÉGARDLa présidente,

S. RIMEU

La greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2110135 et 2211198

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions