mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AH-FAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 3 et 18 septembre 2022, M. D B, représenté par Me Ah-Fah, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet de la Vendée, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'issue de ce délai, et, d'autre part, l'a astreint à se présenter aux services de la préfecture de la Vendée le deuxième mardi suivant la notification de cet arrêté afin de justifier des diligences accomplies en vue de la préparation de son départ ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, d'une part, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, d'autre part, de suspendre la confiscation de son passeport dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie avoir introduit une requête distincte aux fins d'annulation de la décision litigieuse ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée porte atteinte à sa liberté d'aller et venir et a pour effet de perturber voire suspendre ses études et recherches d'emploi ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne pouvait lui opposer l'incomplétude de son dossier sans l'avoir invité à le régulariser, en application des dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, alors, en tout état de cause, qu'il a produit l'attestation d'inscription requise ;
* elle a été édictée en méconnaissance du droit d'être entendu dès lors qu'il n'a pu être entendu ni sur sa demande de carte de séjour de recherche d'emploi ou de création d'entreprise, ni sur sa demande de carte de séjour étudiant, malgré ses demandes de rendez-vous ;
* elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation dès lors qu'il justifie de la cohérence de son parcours scolaire et a entamé des démarches afin de trouver un emploi dès 2018, lesquelles ont toutefois été ralenties en raison de l'épidémie de Covid-19 ; il n'a eu d'autres choix que de prolonger son statut d'étudiant en raison du fonctionnement de la plateforme numérique de l'ANEF, qui ne prévoyait pas la possibilité de changer son statut en sollicitant directement une carte de séjour mention " recherches d'emploi et création d'entreprise ", et alors qu'il a sollicité en vain un rendez-vous auprès des services de la préfecture ;
* elle est entaché d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles R. 422-5 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles prévoient que, si l'étranger doit pouvoir bénéficier d'une autorisation provisoire de séjour le temps de l'examen de sa demande de titre, l'administration doit statuer sur sa demande au plus tard à l'expiration d'un délai de 90 jours, tandis que le préfet de la Vendée a, en l'espèce, prolongé le délai d'instruction à plusieurs reprises au-delà de ce délai ;
* elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 422-8 et L. 422-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne fixent pas de délai impératif à l'étranger pour solliciter une carte de séjour recherche d'emploi ou création d'entreprises suite à la délivrance de diplômes ou de récépissé de carte de séjour étudiant, de sorte qu'il pouvait solliciter une telle carte deux ans après l'obtention de son master ; aucun délai impératif n'est imposé entre la date d'obtention du diplôme et la date de la demande de la carte de séjour recherches d'emploi et création d'entreprise, pourvu que l'étudiant la demande tant qu'il possède les qualifications découlant du diplôme qu'il souhaite valoriser dans son expérience professionnelle ;
* il justifie du caractère sérieux, assidu et cohérent de son parcours scolaire : il a obtenu en 2012 un BTS option " gestion des ressources humaines ", en 2013, une licence professionnelle en " administration des entreprises ", puis s'est inscrit au titre de l'année 2013/2014 en master en " management des ressources humaines " à Paris, qu'il a obtenu en 2020 après avoir été ajourné en 2017, et a obtenu une certification en langues en 2021 ; la durée de formation dans le cycle d'études n'exclut pas en soi le caractère réel et sérieux des études et doit être mise en balance avec l'assiduité et la progression de l'intéressé ;
* Suite à sa demande gracieuse, les services de la préfecture de la Vendée lui ont fixé un rendez-vous le 7 novembre 2022, de sorte que l'instruction en cours entraîne la suspension de l'arrêté du 24 juin 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2022, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence sera appréciée par la juridiction ;
- aucun des moyens soulevés par M. A B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 septembre 2022 sous le numéro 2211627, par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 septembre 2022 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- et les observations de Me Ah-Fah, avocat de M. A B présent à l'audience, ainsi que les observations de ce dernier.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 22 décembre 1992, s'est vu délivrer des titres de séjour pour études régulièrement renouvelés jusqu'au 25 mars 2022. Par sa requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 24 juin 2022 par laquelle le préfet de la Vendée, d'une part, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'issue de ce délai, et, d'autre part, l'a astreint à se présenter aux services de la préfecture de la Vendée le deuxième mardi suivant la notification du présent arrêté afin de justifier des diligences accomplies en vue de la préparation de son départ.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. A B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que la requête de A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Vendée.
Fait à Nantes, le 20 septembre 2022.
La juge des référés,
M. C
Le greffier,
J-F. MerceronLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026