vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2022, M. B D, Mme A D et Mme C D, représentés par Me Guilbaud, demandent au tribunal :
1°) d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle les autorités consulaires françaises à Téhéran (Iran) ont refusé d'enregistrer et d'instruire les demandes de visas d'entrée et de long séjour en France de Mme A D et Mme C D ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de convoquer Mme A D et Mme C D auprès des autorités consulaires afin que soit procédé à l'enregistrement des demandes de visas et qu'il soit délivré des quittances de frais de visas, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la situation de Mme A D et Mme C D dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à venir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au profit de Me Guilbaud, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Roncière a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant afghan, né le 10 juillet 1994, s'est vu reconnaitre le statut de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 8 février 2018. Il est le fils de Mme A D et le frère de Mme C D. Ces dernières vivent en Iran où elles se sont installées provisoirement après avoir quitté l'Afghanistan. Les intéressées ont souhaité déposer depuis le 23 mars 2022 des demandes de visas de long séjour en vue de demander l'asile en France auprès des autorités consulaires françaises à Téhéran (Iran), lesquelles n'auraient pas accepté de les recevoir. Considérant que ce refus équivalait à une décision implicite de rejet des demandes de la part des autorités consulaires, les intéressées ont saisi la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France. Par une décision implicite, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a refusé d'instruire le recours. Dès lors que les requérants ne produisent ni récépissé de dépôt remis en principe aux demandeuses de visas en application des dispositions de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni quittance attestant du paiement des frais de traitement de demandes de visas déposées, aucune décision implicite de refus de visa n'a pu naître du silence gardé par les autorités consulaires. Par suite, les requérants doivent être regardés comme demandant l'annulation du refus d'enregistrement que les autorités consulaires françaises à Téhéran auraient opposé aux demandes de visa de Mme A D et Mme C D.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 14 septembre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à M. B D l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que lui soit accordée l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " Afin de mieux garantir le droit au séjour des personnes en situation régulière et de lutter contre l'entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France, peuvent être relevées, mémorisées et faire l'objet d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dans les conditions prévues par le règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données et par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, les empreintes digitales ainsi qu'une photographie des ressortissants étrangers : / 1° Qui sollicitent la délivrance, auprès d'un consulat ou à la frontière extérieure des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, d'un visa afin de séjourner en France ou sur le territoire d'un autre Etat partie à ladite convention ; ces empreintes et cette photographie sont obligatoirement relevées en cas de délivrance d'un visa ; / () " et aux termes de l'article R. 312-1 du même code : " La personne qui sollicite la délivrance d'un visa est tenue de produire une photographie d'identité et de se prêter au relevé de ses empreintes digitales, aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné au 1° l'article L. 142-1. / () ". L'article R. 312-2 de ce code énonce par ailleurs : " La demande d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois donne lieu à la délivrance par les autorités diplomatiques et consulaires d'une attestation de demande indiquant la date du dépôt de la demande. / () ".
4. Ainsi, aucune disposition conventionnelle, législative ou règlementaire ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité consulaire serait tenue de recevoir l'étranger désireux d'obtenir un visa ni n'organise les conditions d'enregistrement et de recevabilité des demandes de visa de long séjour au titre de l'asile formulées devant les autorités consulaires françaises. Compte tenu des termes de l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient comme seule obligation de relever les empreintes et une photographie en cas de délivrance de visa, les termes de l'article R. 312-1 du même code ne sauraient être lus comme organisant des conditions de recevabilité d'une telle demande de visa.
5. Il ressort du mémoire en défense du ministre de l'intérieur que les demandes de visas de Mme A D et Mme C D ont fait l'objet d'une réponse des autorités consulaires par messagerie au conseil des requérants, le 29 juin 2022, sollicitant des pièces complémentaires et indiquant qu'à la " réception du dossier complet, un rendez-vous sera proposé pour un entretien préalable à la recevabilité de la demande ". Il n'est pas soutenu ni même allégué par les requérantes que leurs dossiers de demandes de visas aient été complétés suite au message du 29 juin 2022. En outre, le ministre fait valoir qu'un rendez-vous d'entretien préalable a été programmé par les autorités consulaires à Téhéran pour Mme D et sa fille. Les requérants ne contestent pas qu'un rendez-vous a été programmé. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit.
6. Compte tenu de ce qui précède et du fait que Mme D et sa fille soient reçues par les autorités consulaires de Téhéran pour déposer leurs demandes de visas, la décision attaquée n'a méconnu ni les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des consorts D doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission de M. D à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D, Mme D et de Mme D est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E D, Mme A D, Mme C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Roncière, première conseillère,
Mme Chatal, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
La rapporteure,
M.-A. RONCIERE
La présidente,
H. DOUET
Le greffier,
A.-L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026