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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211630

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211630

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211630
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP GALLOT LAVALLEE IFRAH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 septembre 2022 et le 21 septembre 2022, Mme B A, représentée par Me Ifrah, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 août 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, le préfet n'ayant pas respecté les règles applicables à l'examen de sa demande impliquant une instruction régulière et un examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de fait, dans la mesure où elle était étudiante à la date à laquelle elle est intervenue ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît le principe constitutionnel de fraternité ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article 7 de la directive n° 2008/115/CE du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mars 2023.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Rosemberg a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, ressortissante ivoirienne née le 8 février 1988, est entrée en France le 3 mars 2018 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 24 février 2018 au 24 février 2019. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, qui lui a été refusé par un arrêté du préfet de la Sarthe du 28 février 2019 portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination. Mme A a sollicité, par un courrier du 26 avril 2021, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 422-1 du même code. Par un arrêté du 3 août 2022, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Eric Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par arrêté du 19 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les stipulations conventionnelles et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme A sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait, cette motivation révélant en outre que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressée avant de se prononcer.

4. En deuxième lieu, si Mme A soutient que le préfet n'a pas respecté " les règles applicables à l'examen de sa demande " impliquant une " instruction régulière " et un " examen particulier de sa situation ", elle n'apporte aucune précision sur les dispositions législatives ou réglementaires régissant la procédure d'examen de sa demande de titre de séjour qui auraient été méconnues et n'établit pas, par suite, que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Pour l'application de ces dispositions et stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Mme A, qui résidait en France depuis environ quatre ans à la date de la décision attaquée, soutient qu'elle est intégrée sur le territoire où sa fille est née le 29 mai 2018 et où elle a développé des relations amicales. Toutefois, compte tenu notamment du jeune âge de sa fille et en l'absence d'autres attaches familiales sur le territoire français, ces éléments ne permettent pas d'établir, alors que Mme A n'est par ailleurs pas dépourvue d'attaches en Côte d'Ivoire où elle a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans et où résident sa mère, son frère et sa sœur, qu'elle aurait constitué en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. La proposition d'embauche en qualité d'experte retraite dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ne permet pas, en outre, de caractériser une intégration professionnelle telle qu'elle justifierait qu'un titre de séjour lui soit délivré. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas que la décision portant refus de titre de séjour en litige serait entachée d'erreur d'appréciation ou d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou qu'elle porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

8. Eu égard à la situation personnelle et familiale de Mme A rappelée au point précédent, le préfet de la Sarthe a pu, sans méconnaître l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimer que cette dernière ne justifiait pas de l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires qui justifieraient la régularisation exceptionnelle de son droit au séjour.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".

10. Il ressort des pièces du dossier qu'au titre de l'année universitaire 2020/2021, Mme A était inscrite en deuxième année de Master de droit, économie, gestion, mention " Economie du travail et des ressources humaines ", parcours " Management ressources humaines " à l'université du Mans et qu'elle a, à l'issue de cette année, obtenu son diplôme de Master. Elle ne justifie toutefois pas, contrairement à ce qu'elle soutient, qu'elle aurait poursuivi ses études et aurait été inscrite dans une nouvelle formation à la date de la décision attaquée, ni même à la date à laquelle elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 26 avril 2021. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait, ni qu'elle aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, qui n'a ni pour objet ni pour effet d'éloigner Mme A vers son pays d'origine.

12. En septième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

13. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment s'agissant du jeune âge de la fille de Mme A ainsi que de la situation de cette dernière sur le territoire, et dès lors que la décision attaquée n'a pas pour effet de les séparer, la requérante n'établit pas que cette décision porterait atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille. Elle n'est pas fondée, par suite, à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

14. En huitième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de fraternité est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut donc qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". Ainsi qu'il a été dit précédemment, le refus de titre de séjour opposé à Mme A est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

16. En deuxième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminent de façon complète les règles de procédure administrative auxquelles est soumise l'intervention d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, Mme A ne peut utilement invoquer le défaut d'application par le préfet, préalablement au prononcé de la décision contestée, des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration relatives à la procédure contradictoire préalable à l'intervention des décisions qui doivent être motivées en vertu des dispositions de l'article L. 211-2 de ce code.

17. En troisième lieu, dès lors que l'intéressée s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de la Sarthe pouvait décider, par application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'assortir sa décision d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Mme A n'établit pas, dans ces conditions, que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions.

18. En quatrième lieu, Mme A ne peut utilement soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les dispositions du 4° de l'article 7 de la directive n° 2008/115/CE du Parlement et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, en tant que le préfet n'aurait pas justifié qu'elle se trouvait dans une hypothèse dans laquelle un délai de départ volontaire pouvait lui être refuser, dès lors, en tout état de cause, qu'un délai de trente jours lui a été accordé pour exécuter d'elle-même la mesure d'éloignement qui lui a été notifiée.

19. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés aux points 6 et 13, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnues, ni que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

20. En sixième et dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

21. En premier lieu, la décision attaquée comporte la mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.

22. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la décision, que le préfet a procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de Mme A avant de fixer le pays à destination duquel elle pourra être reconduite, en tenant compte, notamment, de sa nationalité ivoirienne et de la possibilité, pour l'intéressée, d'être reconduite vers le pays dont elle a la nationalité.

23. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitement inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

24. Mme A ne produit aucun élément de nature à justifier qu'elle serait exposée à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Côte d'Ivoire. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait intervenue en méconnaissance de ces dispositions et de ces stipulations.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de la Sarthe du 3 août 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

26. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Sarthe et à Me Ifrah.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

Mme Rosemberg, première conseillère,

M. Huin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juillet 2023.

La rapporteure,

V. ROSEMBERG

Le président,

Y. LIVENAIS

Le greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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