LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211732

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211732

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211732
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 septembre 2022, Mme F E épouse D, représentée par Me Pollono, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 1er février 2022 rejetant sa demande de regroupement familial au profit de ses enfants C D et A B ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de deux semaines à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée porte gravement atteinte à sa situation et à ses intérêts en raison de la durée de séparation avec ses enfants et du temps de jugement à venir de son recours en annulation ; la séparation génère en elle une intense souffrance attestée notamment par des certificats médicaux ; il en est de même pour ses enfants ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la compétence du signataire de l'acte n'est pas établie ;

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'erreur de droit au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle bénéficie de l'allocation adulte handicapée ; si la décision d'octroi est postérieure, elle établit une situation antérieure ; elle ne pourra jamais justifier de ressources équivalentes à un temps plein ;

* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; les enfants résident chez leur tante qui ne bénéficie pas de l'autorité parentale à leur égard et ont très peu de contact avec leur père.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie : la requérante ne saurait se prévaloir d'une urgence dès lors que sa séparation avec ses enfants est ancienne, près de 10 années. De plus, sa décision n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer durablement la famille. En effet, l'intéressée pourra parfaitement déposer une nouvelle demande de regroupement familial lorsqu'elle remplira les conditions pour en bénéficier ; elle a en outre attendu plus de 7 mois avant de déposer sa demande tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté. Il convient aussi de préciser que l'intéressée n'est pas isolée sur le territoire français, au vu des nombreuses attestations versées au débat, et que ses enfants font l'objet d'une prise en charge effective dans leur pays d'origine, quand bien même l'auteur de cette prise en charge n'aurait pas l'autorité parentale. Rien n'indique, non plus, que la requérante ne serait pas en mesure de pouvoir rendre visite à ses enfants en Azerbaïdjan. Il n'est pas non plus démontré que les enfants de la requérante ne pourraient obtenir de visas pour lui rendre visite en France.

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* il justifie de la compétence de son signataire ;

* la décision est motivée en droit et en fait ;

* elle n'est pas entachée d'erreur de droit : les revenus de l'intéressée sont largement inférieurs à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance ;

* elle ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il n'est pas démontré que l'intéressée, séparée de ses enfants depuis 2013, et qui a attendu juillet 2021 avant de déposer sa demande de regroupement familial, aurait conservé avec ses enfants des liens d'une particulière intensité. Elle n'établit pas participer à l'entretien et à l'éducation desdits enfants.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 septembre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 21 avril 2022 sous le numéro 2205066 par laquelle Mme E demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 septembre 2022 à 10h30 :

- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,

- et les observations de Me Pollono, représentant Mme E, en sa présence, qui insiste sur la situation de particulière vulnérabilité psychologique de cette dernière due à la séparation d'avec ses enfants. Elle fait valoir que ses problèmes de santé ne font que s'aggraver au fur et à mesure du temps qui passe. Elle reprend par ailleurs oralement les arguments développés dans son mémoire écrit s'agissant de ses moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante originaire d'Azerbaïdjan née le 23 décembre 1977, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 1er février 2022 rejetant sa demande de regroupement familial au profit de ses enfants mineurs C D et A B.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, Mme E soutient qu'elle préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, en ce qu'elle affecte considérablement son état de santé, l'absence de ses enfants l'ayant fait sombrer dans un état dépressif qui se détériore davantage au fil du temps, mais aussi celui de ces derniers en ce qu'ils sont séparés de leur mère. S'il résulte de l'instruction que l'intéressée souffre d'une pathologie psychiatrique de type anxio-dépressive, les pièces médicales produites, notamment le certificat du pôle de psychiatrie du centre hospitalier universitaire de Nantes du 2 juin 2022, ne permettent pas d'imputer cet état à la seule séparation d'avec ses enfants, l'intéressée devant notamment faire face à des difficultés d'ordre physique, tel son handicap, et par conséquent d'ordre social. Ses enfants ne sont par ailleurs pas isolés en Azerbaïdjan puisqu'ils vivent avec leur tante, et l'intéressée n'explique pas de manière probante les raisons pour lesquelles sa famille ne pourrait pas solliciter un visa de court séjour pour la visiter. Par cette argumentation, la requérante n'établit pas que la décision en litige affecte de manière suffisamment grave et immédiate sa situation personnelle au point de justifier qu'elle bénéficie, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente de la décision juridictionnelle statuant au fond sur sa légalité. Il s'ensuit qu'en l'état du dossier, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions présentées par Mme E sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F E épouse D, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pollono.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 29 septembre 202La/e juge des référés,

L. BOUCHARDON

La greffière,

G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions