mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2022, suivie de la production de pièces complémentaires le 19 septembre 2022, M. B E D, représenté par Me Perrot, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a constaté l'irrecevabilité de sa demande de titre de séjour, ainsi que le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de travail durant cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : la décision d'irrecevabilité de la demande
de titre de séjour, aboutissant à un refus d'instruction, a des conséquences immédiates et graves sans intervention de mesures rapides. Son épouse, Mme C, est atteinte d'une pathologie très grave. Elle bénéficie pour cette raison d'un titre de séjour pour soins. Elle peut difficilement s'occuper de son fils A. Il est pour sa part, au chevet de son épouse et s'occupe de leur fils au quotidien. Toutefois, en raison de la décision en litige, sa demande de titre de séjour n'est pas examinée et il ne peut justifier d'une situation régulière et donc ne peut travailler. Il peut à tout moment se voir notifier une mesure d'éloignement alors que sa présence est évidemment nécessaire auprès de sa famille ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la compétence de son auteur n'est pas prouvée ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure : lors de l'enregistrement de sa demande
d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, il n'a pas été informé sur les délais applicables.
Il reviendra aux autorités préfectorales de démontrer qu'elles ont bien notifié de manière effective
ladite information ;
* elle est entachée d'examen de sa situation : il fait part de circonstances nouvelles, expliquant les raisons pour lesquelles sa demande de titre de séjour est intervenue plus de deux mois après l'enregistrement de sa demande d'asile. Il sollicite un titre de séjour car il est le père d'un enfant dont la mère, est en situation régulière, et également parce qu'il justifie d'une vie commune avec celle-ci. Il démontre des circonstances nouvelles, intervenues postérieurement à l'écoulement du délai de deux mois suivant l'enregistrement de sa demande d'asile, qui lui permettent de solliciter un titre de séjour. Ce n'est que suite à la réunion de critères démontrant la fixation de ses attaches privées et familiales sur le territoire français qu'il a finalement sollicité un titre de séjour, dans le cadre d'une demande recevable et ayant des chances de prospérer ;
* elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : ils démontrent une vie commune, à tout le moins, depuis le 2 août 2021. Ils sont les parents du jeune A, né le 29 septembre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il fait valoir que, par courrier recommandé, il a invité M. D à transmettre son dossier et a joint à ce courrier un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2022, M. D maintient ses conclusions présentées en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un nouveau mémoire enregistré le 26 septembre 2022, M. D fait valoir que le récépissé qui lui a été délivré l'a à tort été au titre de " visiteur ", qui ne l'autorise pas à travailler, alors même qu'il est le seul à pourvoir subvenir aux besoins de sa famille. Il sollicite, ainsi qu'exposé dans sa requête, que lui soit délivré un récépissé de titre de séjour " mention vie privée et familiale " l'autorisant à travailler.
Par un nouveau mémoire enregistré le 29 septembre 2022, le requérant fait valoir que l'état de santé de Mme C s'aggrave et que celle-ci a dû être hospitalisée le 27 septembre 2022.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 5 juillet 2022 sous le numéro 2209160 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 septembre 2022 à 10h30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- et les observations de Me Perrot, avocate de M. D, en sa présence, qui fait valoir que celui-ci a demandé un titre de séjour " vie privée et familiale ". Le récépissé " visiteur " ne correspond pas à sa sollicitation et ne lui permet pas de travailler, alors qu'il est le seul à pouvoir subvenir aux besoins de sa famille ; son épouse est très malade et a dû être hospitalisée en soins intensifs. Me Perrot reprend par ailleurs oralement les arguments développés dans ses écritures s'agissant de ses moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E D, ressortissant nigérian, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a constaté l'irrecevabilité de sa demande de titre de séjour, ainsi que le rejet de son recours gracieux.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir qu'il a invité M. D à transmettre sa demande d'admission au séjour en qualité de " visiteur " et lui a délivré un récépissé valable jusqu'au 18 décembre 2022. Il en déduit que la requête présentée par l'intéressé est sans objet. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce récépissé ne correspond pas à la demande du requérant qui portait sur un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler. Dans ces conditions, la délivrance de ce récépissé n'est pas de nature à rendre sa requête sans objet. Dès lors, les conclusions du préfet tendant à ce qu'il n'y ait plus lieu de statuer sur cette requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans les cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant d'établir la réalité de circonstances particulières qui justifient que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.
5. Il n'est pas contesté que la conjointe de M. D, bénéficiaire d'un titre de séjour " étranger malade ", est atteinte d'une grave pathologie et que son état nécessite la présence à ses côtés du requérant, lequel a seul la charge de leur fils, âgé de seulement de trois ans. L'absence d'examen de la demande de titre de séjour par l'autorité préfectorale créé une situation d'urgence en ce qu'elle prive M. D du droit de travailler, et par conséquent de subvenir aux besoins de sa famille, au regard de l'absence de situation régulière. Dans ces conditions, la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite en l'espèce.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Le moyen soulevé par M. D à l'appui de sa demande de suspension des décisions litigieuses, tiré de ce que celles-ci n'auraient pas été précédées d'un examen particulier de sa situation personnelle paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La présente ordonnance implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la situation administrative de M. D et que lui soit délivrée, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour lui permettant à travailler, valable jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision à la suite de ce réexamen ou jusqu'à ce qu'il ait été statué par le tribunal sur la requête au fond. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais d'instance :
8. M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrot, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à son profit d'une somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1 : L'exécution de la décision de la décision du 5 mai 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a constaté l'irrecevabilité de la demande de titre de séjour de M. D, ainsi que le rejet de son recours gracieux, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation administrative de M. D, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision ou jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur la requête tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Perrot la somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B E D, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Perrot.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique
Fait à Nantes, le 4 octobre 2022.
Le juge des référés,
L. Bouchardon
La greffière,
M-C. MinardLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026